The New Wine (1e partie)

The New WineInconnus à mon bataillon perso, les quatre jeunes Norvégiens de The New Wine n’avaient a priori pas la salle avec eux en déboulant sur la scène de
la Maroquinerie. Mais à peine quelques mesures de leur électro-pop lâchées dans la nature, ceux qui pensaient encore faire la première partie assis tranquillement en sifflotant leur demi (moi ?) finissent par se lever et se rapprocher de la scène à la demande suppliante du chanteur, qui semble très mal vivre le vide des premiers rangs. Après tout il a raison, on n’est pas en TD de chimie et vue la moyenne d’âge de la salle (la petite trentaine), on en a tous finis avec les études. Rusés comme des castors, c’est en glissant quelques notes du Robot Rock de Daft Punk au milieu d’un de leur morceau (Connection) qu’ils arrachent définitivement l’adhésion du public. Et manifestement, de la french pop, ils en ont soupé, puisqu’il est impossible de ne pas penser à Phoenix en les écoutant. Cela dit, entre un batteur hallucinant de précision, un bassiste appliqué et un claviériste fou, le chanteur a bien du mal à imposer son charisme flageolant ? Pour être honnête, c’est pas plus mal quand il se tait
et se concentre uniquement sur sa guitare, permettant à la dimension toute festive du groupe de se révéler. Sur leur dernier morceau, l’excellent I Had To Tell You, la salle entière se met d’ailleurs à frétiller d’un commun accord. Une première partie qui fait le taf : ils s’en vont quand on est presque à deux doigts d’en redemander (ça tombe bien, ils reviendront à la toute fin de soirée).

Le myspace de The New Wine
Leur blog, façon carnet de route

The Whitest Boy Alive

The Whitest Boy AliveSe présentant exactement dans la même configuration que The New Wine, The Whitest Boy Alive, emmené par le chanteur-guitariste Erlend Oye (2e moitié des Kings Of Convenience) vient du même pays et pratique le même genre de musique. Autant dire qu’on n’est pas choqués par la transition… Erlend, binocles géantes sur le nez et charisme à la Bill Gates, semble avoir pour seconde passion, après les baskets vintage, l’imitation de l’accent français. Il nous délivre dès les premières minutes un sketch du plus bel effet sur la maison Kitsuné et toute la hype à la sauce hexagonale (« Oui allo hum, c’est Kitsuné vous saaavez hum, nous voudrions l’un de vos titres pour notre compilation hum oui, hein, n’est-ce pas, oui ? »). Ça rit jaune en fond de salle, y’en a qui doivent se sentir visés… Pour les autres, le show commence sous les cris de quelques fans hystériques ; un enthousiasme quelque peu démesuré si l’on considère que TWBA délivre avant tout de l’électro-guimauve à tendance Lexomil. Dansante certes, mais pas non plus de quoi se relever la nuit. Le tout est d’ailleurs joué dans une sorte d’amateurisme guilleret, aucun des musiciens ne semblant maîtriser vraiment son instrument. Oubliez aussi la setlist, tout est plus ou moins improvisé. Et pourtant, bien que tous les morceaux se ressemblent un poil, une grande partie du public entre carrément en transes au bout de quelques chansons. Un vrai bonheur pour Erlend, qui se fait un plaisir de tendre
le micro aux premiers rangs. Venus visiblement pour se marrer, les quatre camarades enchaînent les blagues potaches entre chaque chanson, éteignant régulièrement la lumière pour changer de place derrière leurs machines. « We’re all gonna be sweaty and dirty together » lâche d’ailleurs le chanteur avant de s’offrir un petit bain de foule dans la salle où la température doit facilement flirter avec les 35 degrés et les 90% d’humidité. De son gentil filet
de voix, qui trouve vite ses limites, il nous gratifie au passage de quelques reprises rigolotes dont le Out Of Space de Prodigy. Puis rameute tous les membres de The New Wine pour le rappel à seize mains. Difficile de ne pas avoir passé une bonne soirée, même sans être forcément amateur du genre – à classer entre les Allemands de Notwist et Röyksopp, dont Erlend assure d’ailleurs le chant sur le titre Poor Leno.

Le myspace de The Whitest Boy Alive
Le myspace de Kings Of Convenience, l’autre groupe d’Erlend (pop folk)

Charlotte

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