Beach Pop

1973 au Point FMRAssister au premier concert d’un groupe, c’est émouvant. Surtout quand c’est un bon premier concert, que la salle est à fond et que, cerise sur le gâteau, vous réalisez le lendemain que vous étiez à la fac avec le chanteur. (Nicolas, si tu me lis, j’ai toujours ton CD de Me’shell Ndegeocello. Mais faudra venir le chercher – je suis dans l’annuaire.) Du coup forcément, je vais être gentille avec les quatre Parisiens ascendant Versaillais de 1973, même si j’ai aimé en vrai. Parce qu’ils sont en devenir, qu’ils vont aller loin et que j’ai bien envie de les suivre un petit bout de chemin.
Sans esbroufe mais avec une franche simplicité, leur pop rêveuse et ensoleillée (chantée en anglais par le Nicolas suscité d’une voix mi-fêlée, mi-veloutée) ne donne qu’une envie : partir faire du cheval sur une plage de Californie. Leurs mélodies, beach-boysiennes jusqu’au bout du banjo, rappellent celles des Phoenix du début, période United. Et aussi celles de Donovan, dont je suis fan, n’ayant jamais eu peur d’une bonne dose de cucul-lapralinerie dans la chanson… C’est gai, c’est frais : on se croirait dans une pub Herta, mais qui pour une fois vendrait du véritable jambon de pays.

Alors oui, ils n’ont rien inventé ni réinventé, mais interprètent déjà à la perfection les quelques titres de leur EP, dont les arrangements splendides sont plus élaborés qu’il n’y paraît. Stephane Kronborg, Thibault Barbillon et Jérôme Plasseraud passent d’un instrument (ukulélé, mellotron, saxo) à l’autre entre deux bons mots pour le public, dans une ambiance qui réussit le tour de force d’être décontractée sans faire kermesse. Et on retourne aux racines de la chanson : la séduction. Simple song (for a complicated girl) : tout est dit dans le titre, c’est écrit par des mecs à guitares pour emballer des gonzesses, et pis c’est tout. D’ailleurs, si on aborde ma théorie selon laquelle un bon groupe doit donner l’impression à chaque personne de la salle de chanter uniquement pour elle, j’ai envie de dire que c’est réussi.

Allez hop, un tour sur leur myspace, en attendant leur album qui devrait être enregistré cet été et sortir en janvier 2010.  Leur EP est par ailleurs en vente sur iTunes pour la modique somme de 3€96. Pas de quoi se priver.

Un petit mot tout de même sur la première partie, Domingo, duo batterie-guittare façon Cat Power sous Tranxène. Dîtes donc les jeunes, c’est pas en tirant la tronche que vous allez sauver les bébés phoque.

Marianne

Crédit photo : ©2009 Rod | Le-hibOO.com (retrouvez plus de photos sur le site du hibOO.com)

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