Route du Rock – Jour 1 – 14/08/09 

Publié par le 18 août 2009

La Route du Rock 2009 - Jour 1

Ça y est, nous y sommes ! C’est enfin l’heure de partir pour Saint-Malo. Des semaines qu’on attend ça : se faire la Route du Rock après 2 années d’abstinence. Saint-Malo, c’est un peu notre Mecques du rock à nous. Imaginez : notre première fois, c’était en 97 ! Nous y avions croisé des gens aussi hautement recommandables que Eels, GusGus ou Swell

Mais trêve de nostalgie. Il est 18h et nous arrivons chez nos hôtes. Le temps de discuter 5 minutes, d’enfiler nos tenues de festivaliers et nous sommes enfin prêts. Encore quelques minutes pour rejoindre le Fort Saint-Père et nous sommes dans la place. Il parait que ce soir, ça va faire du bruit. Tu m’étonnes, la programmation s’annonce plus qu’à la hauteur : Deerhunter, Tortoise, A Place To Bury Strangers… mais surtout le mythe My Bloody Valentine !

Deerhunter : Abyss (mais pas bis)

Nous arrivons pour l’entrée de Deerhunter sur scène. Le groupe nous inflige un chant à la profondeur abyssale (ou d’outre tombe, c’est au choix) noyé sous des riffs de guitares saturées furax. Nos fringues en vibrent encore : ça laisse perplexe pour le reste de la soirée ! Et après avoir approché la scène pour prélever quelques clichés, nous nous écartons bien vite, histoire de préserver nos tympans mais aussi parce que l’atmosphère dégagée par cette musique est passablement angoissante.

Tortoise : La parenthèse apaisée

Après cette introduction mouvementée, c’est Tortoise qui prend le relais. Une drôle de formation, ces Tortoise : 2 batteries se font faces sur le devant de la scène, quand le clavier, la basse et la guitare sont relégués au second plan. Mais peu importe, puisque les musiciens tournent. Entre chaque morceau, c’est une partie de chaises musicales qui se déroule sous nos yeux ! Mais qui n’est pas batteur dans ce groupe ? Les premiers morceaux manquent un peu de relief, jusqu’à ce que les musiciens se mettent à 3 sur 2 xylophones. La musique est complexe mais belle et enivrante. D’autres titres nous emmènent sur le continent sud-américain. Les rythmes bossa-salsa à 2 batteries et xylophones : ça cartonne ! Tout le set n’est pas impérissable, mais il y a quand même de sacrés bons passages.

My Bloody Valentine : On nous avait prévenu pourtant…

Vient le grand moment de cette première soirée. C’est l’heure pour My Bloody Valentine de reprendre le labourage de tympan, là où Deerhunter l’a laissé. On nous avait bien prévenu avant de partir : difficile de tenir jusqu’à la fin d’un concert des Valentine. « Même pas peur ! » qu’on aurait été tenté de dire. Avant… C’est que les performances scéniques du groupe tiennent moins du concert que du test auditif pour personne atteinte de surdité sévère. Ou de banc d’essai extrême pour matériel de sonorisation professionnel. Il s’avère d’ailleurs que le matos de la Route du Rock n’a pas totalement tenu le choc puisque nous avons perdu une partie des enceintes en cours de route, au grand désarroi des fans… Enceintes vite retrouvées car les organisateurs du festival se sont mis en quatre pour satisfaire les délires bruitistes du chanteur/guitariste Kevin Shields. Et comme un organisateur averti en vaut deux, une sonorisation de rechange a même été prévue pour le lendemain.

Et la musique me direz-vous ? Difficile de se prononcer, forcément. Le mur sonore perpétuel ne laisse discerner les mélodies qu’épisodiquement. Les voix sont totalement absentes, couvertes par la furia des instruments. Or MBV n’est pas qu’un groupe de noise. A réécouter Loveless, ce sont autant les « nappes » de guitares que la composition délicate des morceaux qui séduit. Malheureusement il ne reste sur scène que la première de ces 2 composantes. On discerne quand même des morceaux phares comme When You Sleep, I Only Said ou encore Soon. Mais difficile de prendre du plaisir face à ce déferlement de décibels. Le groupe nous achève avec une version de 12 min de You Made Me Realize, ode du groupe au marteau-piqueur et à la scie à métaux. A croire que Kevin est passé à côté de sa véritable vocation : ouvrier du bâtiment…

Dernière minute : le lait des biquettes qui se baladaient autour du fort semble avoir définitivement tourné suite au concert des My Bloody Valentine…

A Place To Bury Strangers : Le roi de la pédale

Après MBV, la fatigue se fait sérieusement sentir. On a bien essayé de reprendre des forces à grands coups de galettes saucisses et de kros, mais il se fait tard et les 3 heures et quelques de voiture de cet après-midi n’arrangent rien. Rassemblant ce qui nous reste de courage et d’audition, on lève nos fesses et on se dirige vers la scène, fidèle au post(e), près à accueillir A Place To Bury Strangers. Encore un nom à la con pour un groupe dont on a appris en lisant Papelar, magazine itinérant des festivals, que le leader est plus connu pour son talent à créer des pédales d’effets que par son talent musical. Son principal « client » ? Nine Inch Nails dont il a d’ailleurs fait la première partie… Tout un programme ! Et effectivement, le bonhomme maîtrise sa gratte : sa palette de sons est impressionante ! Mais sa voix est proprement insupportable et l’on est de nouveau agressé par la violence de la musique. Trop c’est trop !!! Notre tolérance à l’effort acoustique est depuis longtemps dépassée. On entend les 3 derniers morceaux en rejoignant la voiture…

Échange sur le chemin du retour :
– Qu’est-ce qu’on met comme musique pour rentrer ?
– Hein ???

Pas gagnée cette histoire…

Crédit photo : ©2009 à l’écoute

 

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