Jarvis Cocker au Bataclan – 04/06/09 

Publié par le 28 septembre 2009

Bouge pas, J’arvis

Jarvis Cocker @ BataclanBeB lançant un grand débat sur nos concerts les plus mémorables, voici l’un des miens. « L’un des » parce que les bons souvenirs, c’est pas ce qui manque non plus. Mais faut bien trancher, et l’avantage de celui-là, c’est que je suis repartie avec quelque chose de concret. J’vous explique. Je suis fan de Pulp, mais je ne les ai jamais vus en live. Alors quand Jarvis a commencé à balancer des dates pour son 2e album solo, Further Complications, je me suis précipitée pour prendre une place au Bataclan. Parce qu’on va pas chipoter : Pulp, c’était Jarvis et vice-versa, point barre.

Bizarrement, la salle n’est pas pleine : y’a même personne en mezzanine. Font quoi les gens ? Bordel c’est Jarvis quoi, merde ! Et à 45 ans, il a rien perdu de son charme tout en angles aigus. Un vrai manifeste vivant pour le retour de la chemise cintrée et de la cravate en crochet. En plus, on est frères de lunettes. Ça aura son importance plus tard. Très affuté, et donc affublé de cul de bouteilles sur le nez, l’English résidant à Paris depuis 6 ans sans articuler un mot de français enchaîne ses chansons aux compos épurées, rock et brutes, pleines de guitares, mais aux textes fins et hyper recherchés. De quoi ça parle ? Du temps qui passe, des fesses qui pendent, des femmes qui se barrent avec les gosses (il vient de divorcer), des enfants justement ces salauds, qui grandissent à vos crochets et vous traitent ensuite de vieux con… Des paroles ciselées sur une musique de bourrin qui fait remuer du popotin : quelque part, on tient le Beigbeder de la pop anglaise. Oui, j’assume cette comparaison.

Niveau présence sur scène, rien à redire : Papi a huilé ses articulations et saute dans tous les sens, c’est un vrai gymnaste, les fluokids peuvent aller se rhabiller. Même engoncé dans un fut’ en velours, il arrive à lever la jambe plus haut que moi, notamment sur l’énergique Angela. Très chafouin, jouant avec le public, il multiplie les clins d’œil aux premiers rangs, allant jusqu’à fouiller dans le sac qu’une demoiselle a posé sur scène. « C’est très privé un sac. Je ne peux pas fouiller dans le sac de quelqu’un. Ou même aller chercher quelque chose dans le sac de quelqu’un. C’est… C’est délicieusement mal ! » Avant de distribuer des grains de raisin et des verres de vins à ceux qui ont le bras assez long pour s’en saisir.

Un petit côté GO du Club Med désabusé qui ressort pleinement sur ma chanson préférée : I Never Said I Was Deep, où il se moque de son image d’intello. « I love your body ’cause I’ve lost my mind / If you want someone to talk to, you’re wasting your time ». Aussitôt érigée en hymne perso. Puis c’est l’entracte, et c’est là que ça devient intéressant. En revenant, Jarvis a une bière à la main, une bonne grosse canette de 16. J’ai soif. On se regarde. Il me dit « You, with the glasses, it’s for you ». Et il me la donne. Je répète : il se baisse, tend le bras et me donne SA BIÈRE. Jarvis. La légende. À moi. À ce stade de l’histoire, les gens me demandent en général ce que j’en ai fait. Bah je l’ai bue, pardi. Et j’ai ramené la canette vide à la maison, où elle trône aujourd’hui devant le portrait de Jarvis que quelques bonnes âmes m’ont judicieusement offert à mon anniversaire. Le détail qui tue ? Les couleurs sont assorties. Si elle est pas belle la vie…

I never said I was deep (moi non plus) :

Angela a (presque) 23 ans, et ça ne se refuse pas :

http://www.youtube.com/watch?v=bbNh4CS9Cns

You’re my eyes : la chanson où une boule à facettes descend du plafond…

http://www.youtube.com/watch?v=Gg5dbHLf9OQ

Et quelques extraits de paroles, parce que c’est comme la pâte sablée dans le crumble : ce qu’il y a de meilleur !

You’re moving fast but you’re going nowhere

Yeah, baby that’s the way.

I said if you wish to study dinosaurs,

I know a specimen whose interest is undoubted.

I will never get to touch you

So I wrote this song instead.

You find a good woman

And then you fuck her ‘til you hair falls out.

Crédit photo : ©2009 Mélanie

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VOS COMMENTAIRES
MARIANNE
LE 30/09/2009 À 11H34

De toute façon elle était même pas fraîche 🙂

MÉLANIE
LE 29/09/2009 À 19H46

Mais je la reconnais cette photo 😉
Et pendant ce temps là, je me disais « mais il aurait pas pu me la donner à moi sa bière?! »

BEB
LE 29/09/2009 À 23H41

Tssssss, l’envie est un péché capital Mel ! Et puis une canette de 16, ça illustre vachement moins bien l’article de Marianne que ta photo (même si ça fait une très bonne source d’inspiration…)