The xx – xx 

Publié par le 3 octobre 2009

Dis-moi ton nom…

The xx - xx

Difficile d’écrire sur un phénomène tel que The xx. Peur de ne faire que répéter ce qui a déjà été écrit mille fois : 4 gamins de Londres, pas encore la vingtaine, dont 2, un mec et une fille, amis d’enfance, qui chantent (ou plutôt dialoguent) ensembles depuis toujours. 4 gamins dont la musique en noir et blanc célèbre l’esthétique de l’épure. 4 gamins qui ne gardent du star système que les étoiles, celles d’un ciel nocturne qui est leur terrain de jeu favori. Alors plutôt que de paraphraser la déjà très dense littérature numérique qui existe sur les 4 jeunes prodiges anglais, j’ai plutôt cherché d’où pouvait provenir ce patronyme étrange, The xx. Hypothèses…

The xx comme… Pornography ?

De toutes les parrainages revendiqués par The xx, c’est bien celui des Cure qui est le plus évident. La mythique trilogie Faith / Seventeen Seconds / Pornography semble avoir bercée les jeunes années du groupe. On retrouve sur leur premier album, xx, le même génie de la mélodie construite à l’aide de 3 bouts de ficelles synthétiques, les mêmes ambiances chargées de spleen aussi. Tout comme pour le Cure des débuts, la mélancolie que l’on retrouve dans la musique de The xx n’est pas une pose : elle est à la fois source de création et expression d’une certaine angoisse existentielle. Là où Robert Smith se faisait (malgré lui) le porte-parole du malaise d’une jeunesse anglaise subissant la crise des 80’s et le « régime » thatchérien, les 4 jeunes originaires du sud-ouest de Londres exprime 30 ans après le désarrois d’une génération en quête de sens.

The xx comme… Anonymat ?

Il peut sembler étrange de parler d’anonymat au sujet d’un groupe qui est l’événement de cette rentrée. Articles dans toute la presse musicale et culturelle française et anglo-saxonne. Concert parisien complet en quelques jours. Pourtant, tout cela semble être d’avantage le fruit d’un malentendu que celui d’une opération marketing mûrement préparée par une maison de disque en mal de sensations (musicales). L’histoire de The xx est avant tout celle d’amis qui faisaient de la musique au lycée pour échapper au cours de math. Pas de leader dans cette bande de copains. Sur scène, tout le monde est sur une même ligne, sur un même pied d’égalité… Les personnalités de chacun doivent s’effacer au profit de la musique.

The xx comme… Féminin ?

Bien que le groupe soit un modèle de respect de la parité (2 garçons / 2 filles), c’est bien la composante féminine qui prévaut dans la musique des anglais. De par la grâce qui s’en dégage tout d’abord. Les morceaux sont fluides, les voix et les instruments se répondent, se chevauchent, puis se séparent sans heurts. C’est à un balais que l’on assiste à l’écoute de xx. De par le groove omniprésent dans les rythmiques ensuite. Ce n’est pas une surprise que de retrouver dans les influences citées sur le myspace des jeunes gens des artistes tels qu’Aaliyah, Rihanna ou bien encore Missy Elliott (Aaliyah qu’ils reprennent d’ailleurs sur le dernier titre de leur album). The xx sont tout autant les héritiers de la New Wave des Cure que d’un certain R&B qui se conjugue au féminin.

Voilà, fin de mes conjectures. Il y aurait évidemment d’autres possibilités : le xx qui finit les emails persos des anglo-saxons, expression de l’amitié qui lie ces 4-là ; celui en chiffre romain du siècle dernier car par certains aspects ces gamins semblent s’être trompés de millénaire. Mais là je tomberais dans la redite. Alors pour finir, je vais m’avancer un peu et affirmer que cet album est le chef d’oeuvre de cette seconde moitié de 2009. J’espère cependant que d’ici la fin de l’année d’autres groupes viendront me contredire…

The xx – Crystalised

The xx – Basic Space

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VOS COMMENTAIRES
MAJOR
LE 05/10/2009 À 16H07

Rhôô, c’est ballot, un pote avait écrit un fort joli billet dessus, voulais vous le proposer. Zut et Rhâââ, pris de court.

BEB
LE 05/10/2009 À 16H28

Balance le lien, c’est toujours sympa de lire une jolie chronique !

MAJOR
LE 05/10/2009 À 17H33

Bah nan, c’est pas publié du tout. C’était juste un billet doux pour moi tout seul mais qui méritait plus de reconnaissance que le grenier poussiéreux de mes neurones déliquescents.

MARIANNE
LE 04/10/2009 À 21H46

J’écoute en boucle depuis que je connais. Les derniers à m’avoir fait le même effet, c’est Junior Boys. C’est assez rare que je sois conquise par une voix féminine, mais là, avec son petit cheveu sur la langue et ses effets de gorge, ça me tue.

MARIANNE
LE 04/10/2009 À 21H48

Un petit faible pour Heart Skipped a Beat, perso.

BEB
LE 04/10/2009 À 22H04

Moi grosse faiblesse pour Infinity et ses faux airs de Wicked Game de Chris Isaak (j’ai toujours tendance à chanter « No, IIIIIIII don’t want to fall in love » sur le refrain…)

MAGIC
LE 04/10/2009 À 01H19

well done !