Gare au Garneau

Chris Garneau @ La MaroPas de bol : si le précédent album de Chris Garneau (Music For Tourists) avait écopé d’une note catastrophique sur Pitchfork – un 2,3 sur 10 ras des pâquerettes – c’était justement pour tout ce qui m’avait fait aimer le disque. En gros, un ramassis de ballades larmoyantes au piano et violoncelle, pour midinettes sous Prozac et grandes quiches nunuches. Gaussez-vous, gaussez-vous, mais moi j’aime ça… Et c’était entre autre pour entendre un Black & Blue mielleux à souhaits, un Castle-Time tout droit sorti d’un épisode de Grey’s Anatomy ou encore une reprise maniérée du Between The Bars d’Elliott Smith que je m’étais rendue toute émue d’avance à la Maroquinerie.

Vraiment pas de bol donc, puisque le second album que l’elfe de Brooklyn venait y défendre ce soir-là, El Radio (4.8 chez Pitchfork), eh bah c’est pas vraiment la même choucroute. Alors certes, il n’essaye plus de faire passer ses émotions au forceps. C’est plutôt l’inverse : l’ambiance était limite au cabaret, mais genre bancal le cabaret, avec notamment un violoncelle mal accordé relativement douloureux à supporter et un batteur pas avare de mimiques comiques derrière ses fûts. Quant à Chris pour en revenir à lui, avec ses histoires de pirates, de clowns, de lucioles et de petits chats qu’il a chanté avec des grimaces d’enfant gâté et la diction d’un CM2, il nous a offert un très joli spectacle de fin d’année. Très mignon. Lui manquait plus que les ailes de fées en papier crépon, et il avait tout bon.

Jeremy Jay : mieux en vrai

Jeremy Jay @ La MaroGrosse surprise en revanche avec le groupe d’après, mené par l’éponyme et très classieux Jeremy Jay, grand échalas blond de 1m93 qui ne fait rien pour cacher son amour pour Joy Division et les Smiths. Je n’en avais jamais entendu parler et, après discussion avec mes voisins de rangée, il s’avèrerait que c’est mieux en live qu’en CD. Bon bah ça tombe bien, j’ai pas un seul de leurs albums et comme ça je ne suis pas venue pour rien.

Sec comme un coup de trique, planqué sous sa mèche, le Californien balance des chansons tranchantes, à la fois froides et dansantes : un peu ce qu’on pourrait attendre d’un Ian Curtis se reformant avec les Strokes. Les morceaux, très années 80, sont enchaînés sans aucun temps mort histoire de pas laisser le soufflé retomber.  Mission accomplie, puisqu’en repartant après plus d’une heure et demie de sautillements en tout genre je n’ai qu’une envie : jeter une oreille sur Slow Dance, sorti en février 2009. Mais mes voisins avaient effectivement raison : on n’y retrouve pas l’éclat et la patate qu’ils délivrent en live.

Conclusion : dans le même genre, je crois que je préfère Telekinesis. Il est d’ailleurs amusant de voir à quel point le Just Dial My Number de Jay est copié-collé sur le Tokyo de ces derniers.

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Le Myspace du jeune homme :

http://www.myspace.com/jeremyjay

Z’avez pas vu Mirza ? Ah non, c’est Breaking The Ice :

http://www.youtube.com/watch?v=U2FSgCHAi9A

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Crédit photo : © Juliette – Le HibOO
 

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VOS COMMENTAIRES
MARIANNE
LE 14/10/2009 À 14H34

Si ça se trouve je suis la seule à avoir apprécié ! Enfin, avec les quelques fans du devant.

JU
LE 14/10/2009 À 14H19

lucky one: j’ai pas dû voir le même Jeremy jay alors (Route du rock)…. chiant à mourir et pas sautillant pour un sou; à l’époque, le disque me semblait meilleur (enfin…moins chiant) que le live du coup…

STARSKY
LE 14/10/2009 À 10H41

J’ai beaucoup aimé Garneau, mais j’ai trouvé Jeremy Jay particulièrement mauvais (alors que j’aime beaucoup son disque). Batteur très approximatif et lui, faussement décontracté. Le tout m’a laissé une impression de bâclé, pour ne pas dire de foutage de gueule, vue l’amabilité limitée du monsieur… Je n’étais peut-être pas d’humeur !
(en tout cas suis parti avant la fin)