CMJ09 – Day 1 – 20/10/09 

Publié par le 29 octobre 2009

CMJ09 - Day 1 - Fanfarlo

Me voilà au pied d’une belle montagne. Plus d’une vingtaine de concerts à vous résumer en quelques lignes, des tonnes de photos à trier, pour vous rendre compte de ces 4 journées magnifiques passées au CMJ09. Ce festival gargantuesque qui réunit plus de 1300 groupes (sans compter le off…) a eu lieu à New York du 20 au 24 octobre dernier. Le principe est simple : un pass vous permet d’assister gratuitement en journée à des show cases organisés dans de nombreux bars de la ville, et en soirée toutes les salles de la ville sont réquisitionnées pour accueillir la crème de la crème de l’indé mondiale, ainsi que de nombreux groupes locaux (enfin, ici, local = Brooklyn…). Certaines têtes d’affiche se produisent jusqu’à 5 ou 6 fois au cours de la semaine. C’est par exemple le cas de The xx ou des Local Natives. Mais puisque sont réunis tous les médias majeurs du secteur, ainsi que bon nombre de maisons de disque, il s’agit de se montrer. Personnellement, et comme j’étais quand même là – aussi – pour visiter la Grande Pomme, je me suis donc contenté de la programmation nocturne… mais quelle programmation ! Allez, je me lance.

CMJ09 – Day 1 – 10/20/09

Pour cette première soirée, un peu pris de court par l’ampleur de l’offre, je n’avais pas réussi à déterminer ma destination jusqu’à tard dans l’après-midi. Après quelques tergiversations, je finis par rejoindre le Music Hall de Williamsburg pour voir Fanfarlo qui était pourtant déjà à mon agenda du lendemain. Mais comme dirait l’autre, quand on aime… C’est donc avec une certaine excitation que je découvre cette salle qui s’apparente à notre Bataclan. Un cadre magnifique pour une salle nichée au coeur du quartier le plus branché de Brooklyn : Williamsburg. Je me demande comment va se comporter le public new yorkais. Cela fait longtemps que j’ai envie de découvrir s’il y a des spécificités d’un pays à l’autre, d’un public à l’autre. C’est le cas. Mais j’y reviendrai.

Pas besoin de réinventer la roue

Je passe rapidement sur le premier groupe (The Walter Schreifels Band) dont je n’ai vu que la fin du show. Se présente alors face à un public qui s’étoffe peu à peu Nathaniel Rateliff & The Wheel. Le groupe nous propose une folk assez sombre et habitée. La voix de Nathaneil, appuyée par celle d’une contre-bassiste visiblement ravie d’être là, impressionne par sa richesse et son ampleur. Ce set tout en langueur ne plombe pas pour autant l’ambiance, bien au contraire. Le point d’orgue de ce premier concert est le très beau Early Spring Till dont voici une vidéo filmée pour la télé en formation restreinte. Ce titre assez émouvant constituera probablement le premier single du groupe puisqu’ils viennent tout juste d’être signés, alors que l’autre formation de Rateliff, Born in the Flood, n’a toujours pas de label. La roue tourne enfin pour ce natif de Denver (j’ai osé…).

Petite discussion avec mes voisines en attendant le début du prochain set. L’une est photographe et shoot ce soir pour Stereogum (LE Stereogum ??? Oui, LE Stereogum !!! LE blog de musique référence, l’une de mes sources d’infos privilégiées pour à l’écoute). L’autre travaille dans l’édition et me prévient que Laura Marling qui s’annonce est magnifique sur scène. Elle a raison, ô combien raison…

Ange ou démon ?

Voici donc Laura qui s’avance, anglaise, blonde, angélique. Une guitare en bandoulière qui semble bien trop grande pour elle, elle entame seule son tour de chant. Et ce qui me frappe en premier, un peu comme pour le chanteur de The Wheel, c’est sa voix. Une voix cristalline et bien plus puissante que ce à quoi on pourrait s’attendre de ce petit bout de femme. Rapidement me viennent à l’esprit les noms de Beth Orton ou Joanna Newsom. Même timbre qui navigue entre puissance et fragilité, même volonté de raconter des histoires aussi. Ces grands dames de la pop-folk sont des conteuses, c’est également le cas de Marling. Face à une salle qui est maintenant comble, et accompagnée d’une violoncelliste, elle fascine par sa facilité et sa décontraction. Le public est tout acquis à sa cause et elle en joue. Ell prend plaisir à parler entre ses morceaux en jurant à l’occasion comme un charretier. C’est une icône, mais une icône un peu trash, aux chansons estampillées explicit lyrics sur itunes. Et moi je suis amoureux… Je vous propose de découvrir son magnifique Old Stone en live, accompagné par les membres de Mumford and Sons !

Voici donc bien mon premier coup de coeur de ce festival, dès le 2e concert… Je tente de m’en remettre quand s’entame un débat avec ma voisine. Celle-ci m’affirme que « Laura, c’est vachement mieux que Beth ». Je m’insurge, bien que toujours sous le charme de la blonde. Puis elle enchaine : « Et tu vas voir, The Antlers, c’est encore mieux ! ». Me voilà bien. Comme si j’avais pas déjà eu assez d’émotions pour ce soir…

Un ours au creux du ventre

C’est au tour de The Antlers, ils sont 3 sur scène avec Peter Silberman en figure de proue. La musique alterne entre un rock assez classique et des passages un peu plus progressifs. Je ne rentre pas vraiment dans le concert, je suis concentré sur mon appareil photo à essayer de saisir les expressions de Silberman qui s’escrime sur ses guitares. Je me bats avec la musique de ce groupe jusqu’à la fin du set et j’en sors hésitant. J’ai bien décelé la beauté de certains morceaux comme le magique Bear ou son déchirant alter ego acoustique  Epilogue. Mais je crois que j’ai été dépassé par l’émotion que recèle la musique du groupe. On est loin de l’évidence de l’empreinte laissée par Marling quelques minutes plutôt. J’ai depuis beaucoup écouté le premier album de The Antlers, The Hospice. L’interprétation des morceaux est moins rock que ne l’était le concert, plus éthérée et plus adaptée au sujet tragique de ce premier LP. Maintenant que je connais leur musique, je vais retourner les voir sur scène en novembre au Nouveau Casino, et je ne pense pas passer à côté cette fois. Vous pouvez télécharger et écouter en mp3 le set complet auquel j’ai assisté à cette adresse. Et voici une vidéo live du groupe filmée par NPR en juin dernier.

Sans fanfare mais avec trompette

La soirée a déjà été longue quand se termine le concert de The Antlers. J’en ai presque oublié le groupe pour lequel j’étais venu, ces fameux Fanfarlo que j’attends de voir sur scène depuis des mois. Mais bien qu’ils soient présentés comme la tête d’affiche de la soirée, les anglais semblent moins attendus que leurs 2 prédécesseurs. Visiblement le succès public qu’a obtenu leur premier album Reservoir de l’autre côté de l’Atlantique n’a pas tout à fait atteint les Etats-Unis. C’est donc dans un relatif anonymat qu’entrent les 6 membres du groupe, après une longue attente due à un premier concert donné à Manhattan en début de soirée. Au centre on retrouve les 2 leaders : le suédois Simon Balthazar au chant et guitare et la belge Cathy Lucas aux choeurs et – entre autres – au violon. Et là impossible de ne pas faire de nouveau le rapprochement avec Arcade Fire. Simon et Cathy montre la même complicité et exerce la même attraction sur le public que Win Butler et Régine Chassagne sur scène.

Difficile de détourner son regard de l’un ou l’autre : ces deux-là sont Fanfarlo, assurément. Pour le reste, les morceaux sont là. On retrouve le brio des arrangements, grâce en particulier à la faculté des musiciens de passer d’un instrument à l’autre : guitare, mandoline, violon, scie musicale, trompette, glockenspiel, clarinette… Et c’est bien par leur musique que les anglais arrivent petit à petit à conquérir le public. Toutefois le concert ne décolle vraiment qu’au moment du rappel, lorsque le groupe balance à la foule des battons en plastique à faire tourner au-dessus de leurs têtes et qui accompagneront d’une note tenue le prochain morceau. Ce petit artifice termine de convaincre l’auditoire qui est tout content d’être mis à contribution.

Au final, la prestation des Fanfarlo, bien que plaisante, ne m’a pas totalement emballée. La fatigue due à un premier concert, l’heure tardive et un public à conquérir en sont peut être la cause. Mais ils auront une seconde chance le lendemain de faire leur preuve (chance qu’ils sauront d’ailleurs parfaitement saisir).

C’est ainsi que s’achève pour moi cette première soirée des CMJ, avec de belles découvertes et une semi-confirmation.

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For our English-speaking readers : That was a fucking awesome first night of the CMJ !!!

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CMJ09 – Day 2 – 21/10/09
CMJ09 – Day 3 – 22/10/09
CMJ09 – Day 4 – 23/10/09

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Crédit photo : ©2009 à l’écoute
 
 

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VOS COMMENTAIRES
BEB
LE 29/10/2009 À 19H11

@tous : un grand merci ! Ça fait vraiment plaisir 🙂

@Marianne : ben je pense d’ailleurs à aller à Austin en mars prochain pour SXSW…

@Smala : Je comprends ton point de vue, d’ailleurs même les Inrocks notent dans leur n° spécial NY que tous les groupes américains ont tendance à s’installer à Brooklyn pour profiter de l’effet de mode. Reste ce que j’en ai vu : un quartier ultra dynamique artistiquement, où tu croises des musiciens à chaque coin de rue et qui propose des 10zaines de concerts tous les soirs. Et puis ce style post-industriel me rend dingue !

MARIANNE
LE 30/10/2009 À 17H12

T’es télépathe ou quoi ? C’est à celui-là que je pensais.

BEB
LE 31/10/2009 À 01H00

SXSW, c’est un peu le grand frère des CMJ, et donc quelque part la suite logique !

MARIANNE
LE 29/10/2009 À 11H54

Je n’ai qu’une chose à dire : veinard ! À quand le tour du monde des festivals ?

SMALA
LE 29/10/2009 À 11H08

Je fais mon grognon du matin. Je reste toujours sceptique quant à l’idée que tout se passerait à Brooklyn en ce moment… Et j’avoue que l’idée qu’il suffise de suivre le planning des voyages prévus de JD Beauvallet pour s’abreuver à la source du bon goût musical m’horripile. Rien de ciblé contre à l’Ecoute en particulier, c’est généralisé (JD s’abreuvant lui même à Pitchfork etc.)

En revanche, chapeau bas pour l’article très sympa et bien troussé qui donne effectivement des envies d’automne à New York. La suite sera lu avec plaisir et attention. Bravo et merci.

ZEFLYINGFAB
LE 29/10/2009 À 10H46

waouh, beau résumé, ça fait plaisir…
et ça fait envie… chapeau bas mister ben 🙂