CMJ09 – Day 2 – 21/10/09 

Publié par le 2 novembre 2009

CMJ09 - Day 2 - Freelance Whales

Après avoir passé la journée à déambuler dans les rues de Chinatown, mes pas me conduisent dans l’East Village. Ce quartier de Manhattan qui fait face à Williamsburg (il suffit de franchir le pont du même nom pour passer de l’un à l’autre) est l’autre quartier où se concentre l’indie New Yorkais. On y retrouve salles de concerts, bars et autres galeries d’art vouées au culte du rock. Pour moi ce soir, ça sera la Bowery Ballroom. Cette très belle salle circulaire ouverte en 97 ressemble à notre Cigale mais avec une capacité 2 fois moindre. Les têtes d’affiche du jour sont Fanfarlo et surtout les australiens de Midnight Juggernauts. Mais il va me falloir patienter avant de pouvoir découvrir ces derniers puisque pas moins de 6 groupes vont se succéder sur scène.

Pêche aux gros

Je dois débuter le récit de ce premier concert par un mea culpa. En effet, j’ai passé sous silence la belle découverte de ces Freelance Whales dont Stereogum a fait l’un de ses « Band to watch » au début du mois d’octobre. Leur musique, qui rappelle à bien des égards celle de Sufjan Stevens, ravie par ses mélodies pop délicates et complexes. Mariant subtilement l’utilisation d’instruments acoustiques (harmonium, glockenspiel, banjo…) à des sons plus électroniques, ces 5 originaires du Queens nous offrent sur leur premier album Weathervanes une collection de morceaux plus addictifs les uns que les autres.

C’est donc avec plaisir que je les retrouve en introduction de cette 2e soirée des CMJ09. Toute la question, un peu comme pour Fanfarlo la veille ou pour Noah and the Whale il y a quelque temps déjà, toute la question donc est de savoir s’ils seront capables de reproduire la richesse de leur musique en live. Pas si simple puisque l’autre groupe à nom de baleine n’avait pas vraiment convaincu lors de leur concert au Café de la Danse en septembre dernier. Mais ce soir le contrat est largement rempli. Tout d’abord parce qu’il s’agit de multi-instrumentistes aguerris : on retrouve sur scène toute la collection des instruments présents sur le disque.

Ensuite les jeux de voix sont magnifiques, à la hauteur là encore de ce qui a été enregistré en studio. Enfin, et c’est probablement le principal, ces cinq-là s’éclatent face au public. Pas du tout refroidis par la salle encore éparse à cette heure, ils arborent tous des sourires et une motivation franchement contagieuse. Les morceaux y gagnent légèrement en dynamisme par rapport aux versions studio, ce qui convient bien à ce set forcément resserré vu la programmation pléthorique. Au final, j’en ressors au moins aussi heureux qu’eux et j’attends avec impatience leur future venue à Paris en 2010, confirmée par le groupe à la fin du concert. Retrouvez le très beau et très sufjan-stevenien Broken Horse sur cette vidéo filmée façon Concerts à Emporter.

« I’m a pooooor lonesome cowboy »

J’entame ensuite une longue traversée du désert comme seul peuvent en offrir les festivals. Aucun des 3 prochains groupes ne vont m’apporter le genre de belle surprise qu’avait pu être Laura Marling la veille.

C’est d’abord Findlay Brown qui débarque sur scène avec son look à la Elvis et ses balades mièvres, façon Richard Hawley. J’avoue être totalement hermétique à ce type de musique et à des paroles du genre « Everybody needs looooooove! » . Heureusement que le bonhomme est photogénique : je peux donc me concentrer sur mon appareil à défaut de me concentrer sur sa musique.

Viennent ensuite les Tigercity. Imaginez un ancien groupe de heavy metal dont les membres auraient découvert en cours de route leur part de féminité en même temps que Phoenix. Voilà à peu près l’effet que me font ces natifs de Brooklyn. Un petit tour du côté de leur myspace me prouve que je ne dois pas être bien loin de la vérité (appréciez en particulier la collection de photos du meilleur goût…).

C’est ensuite au tour de The Postelles. De loin les plus sympathiques du lot. Jouant un rock old school et sans prétention, ils ont le mérite de réveiller le public. Ils sont pour cela aidés par les membres de leurs familles et quelques amis présents au premier rang et tous persuadés de l’avenir radieux qui s’offre à leur groupe préféré…

Les Rois de la Pompe (bis)

Après 3 heures de ce traitement, j’accueille Fanfarlo avec soulagement. Et tout parait meilleur que la veille. Un set plus ramassé, un groupe plus à son aise, et un public nettement plus réceptif : tout concourt à ce que la sauce prenne. Le liant est lui toujours le même : la très grande qualité des musiciens et des morceaux ! Je ne vous en dirai pas plus de peur de me répéter.

Je vais plutôt en profiter pour vous parler de ce public new yorkais que j’ai pu côtoyer pendant ces quelques jours. J’ai été impressionné (mais pas surpris) par la ferveur du public américain. Je ne sous-entends pas par là que le public français n’est pas capable de s’enthousiasmer en concert. Simplement l’amour de ce côté-ci de l’atlantique est un peu plus expressif, plus inconditionnel aussi. Cela se traduit souvent par de nombreuses interpellations à l’attention des musiciens, des hurlements entre et pendant les morceaux et une réelle communion au sein même du public. A l’inverse, les français montrent parfois une certaine retenue, se livrant à l’étude de ce qu’ils écoutent, quand ce n’est pas à sa critique. L’une des chanteuses des Pipettes nous avait d’ailleurs très bien résumé cela lors de leur passage à la Route du Rock : « Vous les français, vous cherchez d’abord à savoir si vous aimez ce que vous écouter avant de chercher à en profiter ! »

Une petite anecdote arrivée pendant le concert de Fanfarlo illustre bien cette différence d’état d’esprit. Après quelques minutes, j’entends deux de mes compatriotes qui échangent derrières moi : « Non mais écoute-moi ces accords, c’est exactement la même chose que… Tiens, et là, on reconnait… » Je n’entends que des bribes mais je devine évidemment le sujet de la conversation. Le ton est méprisant et la voix, qui plus est, cherche à couvrir la musique comme pour prendre ses voisins immédiats à témoin. Ridicule, la caricature de ce que je déteste en concert. Je préfère m’éloigner, pas question que ces 2 abrutis me gâchent mon concert. Mais je me demande ce qu’ils font là. Quel intérêt de passer un concert entier à critiquer ? Autant aller prendre une bud light au bar !

Il est probable que le rapprochement entre Fanfarlo et Arcade Fire a également été fait par le public américain. Ce n’est pas l’apanage de nos 2 brillants analystes français. Mais une fois ce constat fait, pourquoi rabâcher la chose alors qu’il semble tellement plus précieux de profiter de la belle prestation du groupe ? Un groupe qui possède sans nul doute sa propre identité et des morceaux qui n’ont rien à envier à ceux des canadiens…

Jumping to the edge of the world

La salle est maintenant chauffée à blanc, prête à accueillir comme il se doit les australiens de Midnight Juggernauts. Le concert est sold out et il est évident que les gens sont là avant tout pour eux. Malheureusement je ne partage pas l’impatience de mes voisins. J’ai mal au dos, mal aux pieds et je commence sérieusement à rêver de mon lit… Pendant ce temps, Vincent (synthé/voix), Andy (guitare/voix) et Daniel (batterie) prennent place sur une scène plongée dans une quasi-obscurité. Les 3 nous balancent alors pendant plus d’une heure une electro-pop redoutable d’efficacité et qui rappelle Daft Punk ou bien encore Justice. Malheureusement la fatigue me fait clairement passer à côté du show. Sans être fan de la musique des Juggernauts, j’apprécie pourtant Dystopia et la belle collection de tubes que cet album recèle. Mais là c’en est trop pour moi. Pas moyen de sauter en rythme ou d’agiter la tête en tout sens. Je me contente donc de quelques photos, ne remuant qu’occasionnellement lorsque je reconnais Shadows ou Into The Galaxy… Retrouvez les Juggernauts aux CMJ dans une vidéo filmée quelques jours plus tard à la Santos Party House.

Je prends finalement le chemin du retour, après une soirée qui va s’avérer la plus faible de la semaine. Elle m’aura cependant permis de découvrir les excellents Freelance Whales sur scène et donné l’occasion de discuter rapidement avec les membres de Fanfarlo que j’aurai plaisir à retrouver samedi prochain au Festival des Inrocks.

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For our English-speaking readers : Freelance Whales kicks ass on stage !!!

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CMJ09 – Day 1 – 20/10/09
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Crédit photo : ©2009 à l’écoute
 
 

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