CMJ09 – Day 3 – 22/10/09 

Publié par le 12 novembre 2009

Mumford and Sons

J’en suis maintenant à mi-parcours de mon marathon musical new-yorkais. Problème, cela fait plus de 3 semaines, les souvenirs s’estompent peu à peu pour laisser place à des impressions que la mémoire tend à idéaliser, dans un sens ou dans l’autre d’ailleurs. Mais finalement ce n’est pas si mal. On n’en garde au bout du compte que l’essentiel : un passage émouvant à Ground Zero dans l’après-midi 13 ans après ma dernière visite du World Trade Center, un pied absolu pris au concert des Mumford and Sons et une découverte, les Temper Trap, impressionnant de tension et d’énergie sur scène. C’est tout ? Non, quand même pas. Alors tout a commencé par…

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Plaqués Or

Me voilà de retour au Music Hall de Williamsburg après une journée riche en émotion. J’arrive à la toute fin de la prestation des anglais de Golden Silvers. Pas grand chose à en dire sauf peut être qu’il s’agit d’un nième groupe tirant son inspiration des années 80. On pense en particulier au Talking Heads (toute proportion gardée…). Rien de bien réjouissant cependant.

Viennent ensuite les Goldhawks, eux aussi d’Angleterre, eux aussi de Londres. Ils sont 5, ils sont jeunes et vont nous gratifier d’un bon gros rock, limite variet’ international, auquel je ne m’attendais pas dans ce genre de festival. Etre aussi décalés, à nous resservir un ersatz de Coldplay, c’est étrange à une époque où ce type de rock old-school a depuis longtemps déserté nos platines. La performance du groupe n’est pourtant pas à blâmer : bonne présence scénique (avec une mention spéciale pour le bassiste), un look impeccable… mais des chansons chiantes à mourir. Et ce n’est pas qu’un avis personnel : c’est à peine si le public applaudit à la fin des morceaux. J’en viens même à les plaindre. Mon bon sang, ils devraient quand même écouter ce qui se fait aujourd’hui et surtout dans une ville aussi riche que Londres ! A moins qu’ils ne s’imaginent précurseurs… J’en déduit donc que le revival des années 2000 est pour bientôt.


Fairytale Of New York

Pour vous donner une idée de mon impatience au moment où les Mumford vont entamer leur concert, je dois remonter quelques jours en arrière. J’avais déjà envisagé d’aller voir ce groupe qui squattait en boucle mon ipod de l’autre côté de la Manche. A Liverpool ou même Nottingham. N’importe où tant que je pouvais les voir sur scène. Puis j’ai découvert qu’ils avaient une date prévue à New York, à l’heure où je cherchais une destination pour mes vacances. C’est donc eux qui m’ont décidé pour la Grande Pomme ! Exagéré pensez-vous ? Peut-être… Et pourtant non. Leur premier album, sur lequel je reviendrai dans quelques jours, m’a littéralement bouleversé. Impossible encore aujourd’hui de l’écouter sans avoir la gorge qui se noue. Alors autant vous dire que c’est franchement fébrile que j’observe Marcus Mumford installer sa brosse caisse très exactement en face de ma figure. Retour dans les conditions du direct…

21h30, les 4 de Mumford and Sons montent sur scène. Le matériel est maintenant en place et première surprise, il n’y a aucune batterie sur scène. Cette grosse caisse qui me fait face et qui est au pied de Marcus sera donc l’unique percussion du groupe. Ce qui n’empêche pas ce dernier de tenir également les rôles de chanteur lead et de guitariste. A sa droite Ben Lovett au clavier, et à sa gauche Winston Marshall au banjo et Ted Dwane à la contrebasse. Ils semblent légèrement tendus, ils ont pourtant déjà joué la veille aux côtés de The xx. Et puis ils se lancent, sans plus de cérémonie que ça. Et là, mon univers s’efface…

Je ne suis plus dans une salle de concert new-yorkaise. Je suis quelque part dans un rade de marins, face à la plus belle bande de pirates qu’il m’ait été donnée de voir. Ben, c’est le beau gosse de la troupe, un peu roublard, terriblement charmeur. Un sourire et vous seriez près à le suivre au bout du monde. Winston lui, c’est le lutin, le malin de l’équipage. Mine de rien, ses arpèges de banjo remplissent l’espace, vous donnant l’impression qu’ils sont une multitude là où il n’y a que lui. Puis vient Ted. Ted, c’est l’homme de confiance. Celui sur lequel on peut se reposer. Sa grande carcasse et sa contrebasse vous tiennent à elles-seules tout le groupe. Et enfin, Marcus… Marcus, c’est évidement le capitaine. A la fois chef de choeur et chef de nage. Il fait chanter son équipage dont vous faîtes maintenant partie, votre coeur battant au rythme imprimé par le martelant de son pied sur la grosse caisse. L’intensité qu’il met dans son chant vous chavire, d’autant qu’il est repris par l’ensemble de vos voisins. Pourtant l’album ne sortira aux Etats-Unis qu’au mois de mars prochain. Mais Internet est passé par là et les paroles n’ont aucun secret pour une salle qui scande à l’unisson le refrain de Little Lion Man (arrivée beaucoup trop tôt à mon goût) : «  but it was not your fault but mine, and it was your heart on the line, i really fucked it up this time, didn’t I, my dear?  » . Les quelques pauses où Marcus et Ben s’adressent au public sont salvatrices. Besoin de reprendre son souffle. Pour eux comme pour nous. Ils en profitent pour s’excuser d’être moins loquaces qu’à l’accoutumée. Pas habituer à une salle aussi importante. Et c’est vrai qu’on les imagine sans mal dans l’intimité d’un pub londonien… Mais évidemment on leur pardonne tout, même ce concert trop court qui nous laisse agars une fois terminé. Je n’attends dès lors plus qu’une chose : les revoir. En France cette fois. En espérant que nous saurons les accueillir comme il se doit : en reprenant en choeur le refrain de Little Lion Man… Vous pouvez dors et déjà vous entrainez en regardant cette vidéo tournée à Brighton en octobre dernier.

Chausse-Trap

La soirée aurait aussi bien pu s’achever ici pour moi. Mais elle est pourtant loin d’être finie. Reste encore à découvrir la tête d’affiche dont j’ignore tout : The Temper Trap. Ce groupe originaire de Melbourne est visiblement très attendu par une assistance désormais gonflée à bloc. Et les australiens vont rapidement prouver qu’eux aussi savent enflammer le public. Ils sont 5 à prendre place sur la scène du Music Hall de Williasmburg : Dougy Mandagi au chant, Jonathon Aherne à la basse, Lorenzo Sillitto à la guitare solo, Toby Dundas à la batterie et un cinquième larron qui navigue entre synthé et guitare et qui n’a pas laissé son nom à la postérité. Le show débute et la personnalité singulière de Mandagi prend immédiatement le pas sur ses petits camarades. Le jeune homme qui est né en Indonésie me fait immédiatement penser à un boxeur thaï ! Il chante agrippé à son micro, le corps tendu, les muscles bandés, la lèvre inférieure légèrement retroussée, comme s’il s’agissait d’un corps à corps avec le public. Dès lors, on aurait pu s’attendre à ce que sa voix soit violente ou crispée. Mais étrangement c’est l’inverse. Le chant est quasiment uniquement mené en voix de tête, jusqu’à évoquer une ancienne gloire des 80′s : Jimmy Somerville. Le contraste est saisissant !

Seul en mesure de rivaliser scéniquement avec Dougy Mandagi : le bassiste Jonathon Aherne. Jamais je n’ai vu un bassiste bouger de la sorte. Il effectue d’immenses moulinets avec son instrument qu’il tient très haut à la façon d’un musicien de jazz ou de RnB. Pour avoir moi-même fait de la basse (un temps que les moins de 15 ans…), je me demande encore aujourd’hui comment il arrive à viser les cases en virevoltant ainsi… La musique, quant à elle, réserve également des suprises. Le rock le plus grandiloquent peut faire place à des instants de pure pop ou des ambiances plus éthérées. C’est ce qui marque d’ailleurs le plus à l’écoute des Temper Trap, cette diversité de style qui se retrouve sur leur album Conditions. Mais le plus important, c’est que le public suit et que le groupe se déchaine, jusqu’à vider les dernières forces qui étaient les nôtres en cette fin de soirée. Après un rappel, le groupe se retire en jetant comme il se doit setlists et médiators aux fans. En allongeant le bras je saisie l’un d’entre eux pour le tendre à ma voisine qui me gratifie d’un hug dont les américains ont le secret. Voilà qui conclue joyeusement une belle soirée, la plus émouvante depuis le début de ce festival. Vous pouvez retrouver les Temper Trap live en vidéo lors d’un show case du magazine SPIN, toujours lors des CMJ09, et surtout sur la scène du Nouveau Casino le 18 décembre prochain.

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For our English-speaking readers : Mumford and Sons + The Temper Trap = awesome night !!!

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Crédit photo : ©2009 à l’écoute

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