Musique de l’âme

Mumford & Sons - Sigh No MoreVoici quelques temps que je sèche sur l’écriture de ce billet. Sigh No More est pourtant pour moi la très belle révélation de cette année 2009. Je sais, je sais :  j’ai déjà dit ça du Reservoir de Fanfarlo et du xx de The xx. Je ne renie en rien ces 2 coups de coeur qui trusteront allègrement mon top 10 de 2009. Mais rien de comparable à ce premier album des Mumford & Sons. Pour une raison que je peine à comprendre et donc à décrire, Sigh No More est allé résonner bien plus profondément en moi que tout autre cette année. A dire vrai, je croyais que ce genre de… coup de foudre (appelons ça comme ça, faute de mieux) était réservé à l’adolescence ou aux premières années de l’âge adulte. Jeff Buckley et son Grace, Cure et leur Wish, ou Beth Orton et son Central Reservation avaient su créer un écho musical à la sensibilité qui était mienne au passage à l’âge adulte. Nous avons tous connu cela. Ces musiques que l’on pense composées pour nous. Ces paroles qui semblent raconter un bout de notre propre histoire. Toutes choses qui me paraissaient réservées à un romantisme adolescent disparu avec le basculement dans un nouveau millénaire. Force est de constater que je me trompais…

J’ai découvert Mumfors & Sons par hasard, sur le site de RockFeedback. J’étais là pour voir la session des Dodos découverts quelques semaines plutôt à la Maro. Et voilà que je clique sur la session voisine des Mumfords. Or comme j’ai pu le confirmer plus tard lors de leur concert new-yorkais, le live est bien la meilleure façon de faire connaissance avec le groupe. La folk brillante et épique de ces anglais est taillée pour la scène : la voix de Marcus d’abord, ce timbre rocailleux qui vous choppe directement aux tripes, sans même prendre le temps de passer par votre cerveau. Puis les choeurs ensuite, tour à tour discrets (I Gave You All), tour à tour grandioses (White Blank Page), soulignant à merveille les tensions d’une musique qui sait ménager les moments d’intimité pour mieux vous exploser à la figure. Cette musique possède l’enivrante beauté des chansons de marins. Le banjo omniprésent y est pour beaucoup. Mais pas seulement. La composition des morceaux en partage les mêmes structures narratives : certains morceaux sont des montés en tension continues (Sigh No More ou White Blank Page), d’autres alternent couplets apaisés et refrains épiques (The Cave). Dès lors, on pourrait craindre d’être déçu par des versions studio qui n’auraient pas la force de la scène. Mais la beauté des arrangements compensent largement ce « manque ». La présence de cuivres et de cordes confèrent par exemple une puissance et une beauté phénoménales à Thistle & Weeds ou Winter Winds. Et c’est là le vrai tour de force de ces anglais : être capable de faire vibrer sur scène comme sur disque. Là où les Dodos ou les Local Natives ont dû mal à retranscrire l’énergie de la scène sur leurs enregistrements, la bande à Mumford est capable de me donner invariablement des frissons à chaque écoute. Mais peut être cela tient-il à autre chose finalement…

J’ai commencé ce billet en décrivant ces chansons dont les paroles vous parlent, comme si une connexion intime existait entre son auteur et vous. Il peut s’agir d’un thème qui vous touche, comme l’aveu de cet homme incapable de tenir son rôle de père (Little Lion Man), ou d’une phrase au détour d’un couplet qui semble écrite pour vous ( « But tell me now, where was my fault In loving you with my whole heart » ). Et en poussant un peu l’introspection, vous vous rendez compte que ces 12 morceaux sont en prises direct avec votre âme, chaque sujet résonnant au plus profond de vous. De quoi redonner un sens à l’expression « Soul Music » . Car il s’agit bien là d’une musique de l’âme, une musique charnelle qui a fait vibrer en moi une corde intérieure comme rarement auparavant. Je prends donc la découverte de ces 4 garçons et de leur album comme le plus beau des présents, de ceux que l’on garde longtemps avec soi, précieusement mais pas jalousement, avec l’envie de le partager avec la Terre entière.

Concours : 4 CDs Sigh No More à gagner !

L’album des Mumfords & Sons n’est pas encore disponible en France (et ne le sera pas avant 2010 a priori). Or nous avons pour règle sur à l’écoute de ne pas parler d’un album avant qu’il soit sorti en France. Pour me faire pardonner, j’ai donc commandé 4 albums des Mumford en Angleterre pour vous les faire gagner. Pour participer, rien de plus simple : rédigez en moins de 1000 signes la critique d’un album qui a tout particulièrement compté pour vous cette année. Nous sélectionnerons nos 3 textes préférées que nous publierons sur le blog et leurs auteurs recevront Sigh No More. Envoyez-nous vos textes à equipe@alecoute.net en précisant bien votre adresse postale (qui n’apparaîtra pas sur le blog bien sûr).

Bonne chance à tous !

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VOS COMMENTAIRES
DRIRA
LE 03/12/2009 À 09H03

Hier en Concert à Londres à Saint Martin in the Fields, découverte en Live et c’est une pépite comme on voudrait en avoir plus souvent,
un son merveilleux, timbre très prenant, album acheté dans la foulée,
je recommande chaudement

BEB
LE 03/12/2009 À 09H22

Ils sont effectivement magnifiques sur scène. Je suis très heureux qu’ils finissent par passer par Paris en février prochain. Mais tu as de la chance de les avoir vu chez eux : l’ambiance devait être énorme !