Sting - The Dream Of The Blue TurtlesNous avions créé au lancement du blog une rubrique Après tout le monde qui devait nous permettre de parler d’albums plus anciens, qu’il s’agisse de disques qui ont construit notre culture musicale ou de chefs d’oeuvre du passé découverts sur le tard. Mais l’actualité est telle qu’elle ne nous a jamais laissé le temps d’entamer ce que l’on pourrait décrire comme notre discothèque idéale (pour paraphraser un agitateur bien connu). Mais le flot de nouveautés étant un peu moins dense en cette fin d’année, je me lance enfin. Je ne suis pas allé chercher l’inspiration bien loin puisque c’est Taratata qui me l’a offerte sur son plateau en mettant à l’honneur Sting, à l’occasion de la sortie de son dernier album If On A Winters Night. Mais moi c’est bien à son tout premier album solo que je vais m’intéresser.

The Dream of the Blue Turtles est sorti à l’été 1985, c’est à dire 1 an après la fin de Police. A l’époque, Sting veut montrer qu’il peut être plus que le bassiste et chanteur du groupe culte des années 70/80. Il va donc composer un premier album aux antipodes musicales de son ancien groupe. Il puisera pour cela dans 2 influences principales : le jazz pour la musique et ses convictions politiques pour les paroles. Cela donne au final un mélange assez hétérogène de morceaux enlevés comme If You Love Somebody Set Them Free (single qui lui donnera d’ailleurs son premier succès solo) ou Shadows In The Rain, et de titres plus sombres et engagés comme The Russian ou Children’s Crusade.

Les arrangements sont eux typiques des années 80 : le son est à la fois ample et un peu trop synthétique, l’anglais succombant comme nombre de ses contemporains à l’usage immodéré des premiers claviers et autres instruments électroniques. Le dernier morceau de l’album, Fortress Around Your Heart, est à ce titre le plus faible des 10 qui composent TDOTBT. Difficile d’occulter en effet une production qui semble un peu too much aujourd’hui (le retour en force de la folk ces dernières années n’aidant pas…). Mais ce qui sauve cet album et le rend tellement attachant plus de 20 après, c’est l’alliance réussie de la voix de Sting, de l’originalité de certains morceaux (comme le merveilleux ovni We Work The Black Seam) et de cette nuance bleue qui teinte l’ensemble du disque. Quel bonheur d’entendre le saxe soprano poindre le bout de son pavillon tout au long de l’album, cet instrument fétiche de l’anglais que l’on retrouvera plus tard sur le solo d’English Man in New-York et qui donne son âme au plus beau morceau de ce Rêve de Tortue, Moon Over Bourbon Street. Rien que pour ce morceau et son univers musicale un pied à Venise et l’autre à la Nouvelle-Orléans, je vous recommande de vous (re)plonger dans l’écoute de ce premier opus de Sting.

——

Je vous propose de découvrir en vidéo Moon Over Bourbon Street, le saxophone étant remplacé dans cette version par la trompette du jazzman Chris Botti. On n’y perd rien au change !

Tags :

VOS COMMENTAIRES
SMALA
LE 21/12/2009 À 11H23

Excellente post et heureux de voir cette rubrique se remplir. Il y a tellement de disques majeurs qu’on découvre avec retard et d’autres qui paraissaient relativement anonymes dans la foule des sorties – il y a dix ans ou quinze ans – et qui, en y regardant aujourd’hui, semblent loin au dessus de la mêlée, vainqueurs par K.O de leurs petits camarades de l’époque.
Vivement la suite.

BEB
LE 21/12/2009 À 11H28

Dans la série, devrait venir dans pas trop longtemps le Siamese dream des citrouilles éclatées 😉