Vous reprendrez bien un esquimau ?
Mon premier contact avec Intuit, premier album des Ramona Falls remonte au 21 novembre dernier. Après une écoute rapide de leur myspace, je trouve la musique à l’image de la pochette : prétentieuse et intello. Je passe donc mon chemin…
Mais le groupe me rattrape bien vite en apparaissant en tête du Top des blogueurs 2009 (agrégats des classements d’albums d’une 40taine de blogueurs musicaux francophones) puis sur les profils facebook de personnes aux goûts sûrs. Cette fois, il faut que j’en aie le coeur net. Ramona Falls, buzz de blogueurs ou perle pop de l’année 2009 ?
Premier constat, Intuit possède un sens de lecture. L’album débute par ses 2 morceaux les plus abordables : Melectric et le magnifique single I Say Fever. Ils sont les clés pour entrer dans l’univers baroque de RF. En mêlant mélodies efficaces et complexité de la construction, ils font le pont entre la pop et une richesse d’écriture que l’on trouve plus volontier dans la musique classique. Lorsqu’on sait que Brent Kopf, à l’origine du projet, est un multi-instrumentiste et producteur averti, cela s’explique sans mal. Ne cherchez donc pas de couplets, de refrains ou de ponts dans la musique des américains. Il faut plutôt parler exposition de thèmes, mouvements et variations…
Arrêtons-nous par exemple sur Russia, pour moi le plus émouvant des 11 titres qui composent Intuit : le morceau se compose de 4 mouvements distincts. Une exposition du thème plutôt acoustique, une première variation à la rythmique chaloupée puis une autre nettement plus rock, pour finir par une reprise du thème initial. L’ensemble est ponctué de moments de tension qui servent de repères à l’auditeur tout au long de la composition. Il en résulte un morceau d’une beauté et d’une complexité somptueuse. Mais cette construction peut s’avérer frustrante pour des oreilles plus habituées à la structure quasi-mécanique de la pop, où l’on s’attend à entendre 3 ou 4 fois le même refrain en 3 min 30. Et bien non ! Pour Kopf, chaque titre est écrit comme une nouvelle, avec un début, un milieu et une fin. Quelle idée dès lors d’avoir dans notre récit 2 fois la même introduction, la même péripétie ou conclusion ? Lorsqu’on a admis qu’Intuit est autant une création littéraire que musicale, on oublie ce qui pouvait paraitre prétentieux ou abscons de prime abord pour se laisser embarquer dans une oeuvre (j’ose le mot) passionnante et à l’ambition rare.
Et la musique me direz vous ? Quelle style ? Quelles influences ? Et bien, je vous propose de vous faire votre propre idée en commençant par le superbe clip de I Say Fever :











