Du feu sous la glace

Agnes Obel aime à brouiller les pistes : elle est née danoise mais vit à Berlin, cite Roy Orbison en référence là où on attendrait Joanna Newsom, nomme son premier album Philharmonics alors qu’on y entend essentiellement sa voix cristalline et le piano dont elle joue depuis sa plus tendre enfance… C’est peut être une façon pour la jeune femme de vous mettre en garde sur sa musique : ne vous fiez pas aux apparences, ne vous en tenez pas à la première écoute !

Et en effet, sous des abords simples et semble-t-il convenus, se cachent des mélodies d’une finesse et d’une richesse infinie. La simplicité, bien que réelle, est en fait le moyen utilisé par l’artiste pour capter (capturer ?) l’attention de l’auditeur tout au long de l’album.

Les influences classiques d’Agnes – elle a grandi en jouant Sati ou Debussy – révèlent des harmonies d’une beauté saisissante comme sur l’instrumental Wallflower ou sur On Powdered Ground. D’autres titres comme le single Riverside ou Just So possèdent la douceur et la naïveté des ritournelles de l’enfance. Difficile de faire plus efficaces et imparables que ces thèmes qui ont la force de l’évidence. La délicatesse des mélodies de la danoise est une drogue certes douce mais redoutable. Comment ne pas se laisser envoûter par le magnifique Avenue ?

Alors, une fois encore, ne vous laisser pas abuser par le visage austère que la belle nordique arbore sur la pochette de son album, car à bien y regarder, on finit par ne plus voir que l’intensité de braise de son regard.

Agnes Obel – Riverside (vidéo)

Pour en entendre plus, rendez-vous sur le myspace d’Agnes Obel.

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