
Le CMJ (College Music Journal) organise chaque automne un marathon musical (et acessoirement un festival cinématographique…) qui se déroule sur une semaine à New York. BeB l’avait déjà fait l’année dernière. Cette année, je l’ai suivi bien volontier. Hey, c’est dans la Ville Qui Ne Dort Jamais, quand même, guys ! L’occasion de faire un peu de tourisme et de faire une orgie de concerts, à en croire l’affiche : 1200 concerts en 5 jours (et encore, ça, c’est le chiffre officiel…). Voici donc le récit en mots et en images de notre périple New-Yorkais.
Pour les lecteurs de la newsletter ou du flux rss, rendez-vous sur le site pour profiter des diaporamas.
Faux départ…
Rendez-vous pour cette première soirée au Highline Ballroom en plein Chelsea. Le lieu, mi-boîte, mi-salle de concert, semble devoir se prêter à merveille à la prog qui s’annonce résolument électro avec en point d’orgue Dan Black. Nous arrivons dans une salle quasiment vide alors que l’on doit déjà en être au deuxième groupe… Body Language, c’est le nom du groupe qui ouvrira pour nous cet édition 2010 des CMJ. Beaucoup d’électronique, pas mal de bidouillages mais rien de très excitant en réalité. Un tour de chauffe en attendant mieux.
Laaaaaaapin
Changement de plateaux par les musiciens eux mêmes. Et là surprise, cela sonnerait presque rock. Mais je ne crois pas qu’on puisse dire ça de ce deuxième groupe, les Bad Rabbits. Plutôt soul funk, hip hop, les lapins sauteurs… Et pas du tout méchants, les zanimaux ! L’uniforme enfilé, un t-shirt bleu, petit gilet gris, c’est un véritable show que nous offre le groupe avec une bonne humeur débordante. Et ça balance, jeux de jambes hypers rodés, guitares acérées, bascules synchronisées : rien n’est laissé au hasard. Et toute le salle est conquise. Ca a beau ne pas être ma tasse de thé, je suis bien obligé d’avouer que ces Bad Rabbits m’ont chopé au vol ! (moyennant cependant une légère perte d’audition heureusement temporaire). Impossible de ne pas se remuer en tout sens malgré une première journée d’exploration harassante.
Zéro la rousse !
Ensuite, on voit débarquer une espèce de Mylène Farmer masquée, en plus electro toutefois… Un guitariste, un DJ, une danseuse et une chanteuse mégalo : voici Neon Hitch ! Même dans une petite salle, même pour un petit concert, on retrouve cette culture du show « à l’anglo-saxonne »… Mais il ne suffit pas de balancer des bonbons pour s’attirer les faveurs du public. Et quand la musique est mauvaise… Il n’y a qu’à voir comment elle massacre Seven Nation Armies pendant que sa danseuse se dandine en jouant des maracas. Et là je dis non ! Non à l’imposture !
Filtre percé
Enchainement avec une nouvelle diva blonde electro, The Golden Filter. Logique, c’est dans le thème de la soirée ! Mais quand même, nous voilà retourné plus de 20 ans en arrière, à l’époque où nappes de synthé, arrangements minimalistes et bouton de reverb à fond faisaient bon ménage ! Heureusement la boite à rythmes a eu le bon goût d’être remplacée par une vrai batterie (presque complète) ! Entre cold wave et new wave, la nostalgie de tous ces groupes avec qui nous avons grandi (et bien meilleurs que ce qu’on aura entendu ce soir) nous guette… Si ça continue, je vais rentrer chez moi, m’enfermer dans le noir et balancer sur ma platine un bon vieux Cure. Au moins, je serai sûr de ne pas être déçu ! (d’ailleurs, une bonne partie du public l’a déjà bien compris…)
Back to black
Puis c’est au tour de Dan Black de faire son entrée (c’est pour ça que je suis là personnellement…). Habillé de blanc et accompagné d’un guitariste seulement, je suis surpris par l’impact de ce français sur les américains. Ça bouge pas mal, comme s’il les avait hypnotisé avec ses morceaux pop electro vaporeux aux accents parfois hip hop. Et la salle s’est à nouveau remplie. Au final, je suis plutôt déçu par la prestation, pas si mal, mais pas aussi magique que l’album… Pourtant, le jeu du guitariste n’est pas si mauvais et les boucles tiennent la route. Peut être que l’absence d’un jeu de lumière bien construit y est pour quelque chose aussi. Mais je crois aussi que Dan aurait bien besoin de quelques cours de danse pour améliorer sa gestuelle, pas facile d’assumer une espèce de Mickael Youn sur scène. Et puis faut bien reconnaitre que ça n’est pas évident de rendre toute la profondeur d’un album entièrement électronique…
Une première soirée mitigée, en vérité. Mais j’ai quand même pu voir Dan Black qui m’avait planté place Bellecour. J’ai aussi acheté le T-shirt des Black Rabbits, comme ça, j’ai maintenant l’air d’un vrai américain !












