Anna Calvi – Anna Calvi 

Publié par le 7 février 2011

Anna Calvi est l’archétype de l’artiste qui divise. Ce qui est, on le sait, souvent gage de qualité ! Car au-delà des goûts (nécessairement indiscutables) des uns et des autres, cela signifie que l’artiste en question possède suffisamment de matière pour ne pas laisser ses auditeurs indifférents. Et de la matière, Anna, elle en a à revendre. Matière vocale tout d’abord. Ce timbre, à la limite du lyrisme classique, est la première marque de fabrique de l’anglaise. Il porte à lui seule toute la dimension dramatique de ses morceaux. On aimerait parfois qu’elle en garde un peu sous la pédale, à l’image du très beau single First We Kiss, mais il faut bien admettre que les vibratos de la blonde sont porteurs d’une vraie émotion.

L’autre atout d’Anna, c’est son jeu de guitare. On la dit virtuose, elle qui a débuté enfant la musique par le violon ; on l’a compare allègrement à Jeff Buckley et même si cela parait un peu exagéré, on retrouve effectivement quelques similarités avec le jeu de Buckley sur Blackout. Le son de sa Fender Stratocaster Telecaster (instrument qu’elle partage d’ailleurs avec l’américain disparue en 97) est incisif, acéré, strident, jusqu’à singer le son d’un scie métallique (comme sur Love Won’t Be Leaving).

C’est que l’anglaise ne joue pas. Sa musique se veut violente, expressive, passionnée. Portée par sa voix et sa guitare, elle est une prise de risque permanente : ce sont ses tripes que la jeune artiste de 28 ans met dans ses morceaux. Que cela soit sur ce premier album ou en live dans son chemise de flanelle rouge, elle flirte avec le précipice comme un véritable toréador. Et c’est de transe qu’Anna pose ses banderilles sur un auditeur qui sort de l’expérience sonné, pour le pire et bien souvent le meilleur. Mais comment resté de marbre face à ce petit bout de femme qui vit son art comme une question de vie ou de mort ! Tous ceux qui l’ont vue à la Boule Noire lors du dernier Festival des Inrocks se rappellent encore de cette jeune femme en pleur au premier rang, comme possédée par la musique, et ce pendant les 40 minutes qu’on duré le concert.

Finalement, plus que sa voix ou sa guitare, c’est surement cette volonté acharnée de se donner en offrande à sa musique qui repousse certains auditeurs. Mais faut-il s’en plaindre quand tant de soit-disant « stars » se donnent avec parcimonie, selon un plan marketing bien huilé. Si Anna, quelques 6 mois après son premier passage au Nouveau Casino, fait aujourd’hui le buzz et les couvertures des Inrocks et de Vox Pop, c’est que la jeune femme refuse tout compromis, posant ici une première pierre à une carrière qui s’annonce prometteuse. Si elle ne se laisse pas consumer par sa propre passion avant ça…

Anna Calvi – Jezebel (Live)

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Crédit iphoto : ©2010 à l’écoute

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VOS COMMENTAIRES
JOE
LE 08/02/2011 À 16H07

Fender Telecaster, qu’elle fait sonner avec classe comme peu d’hommes. sexy

BEB
LE 08/02/2011 À 17H04

Merci pour la précision, j’ai corrigé ! (va falloir que je révise sérieusement mes classiques, moi…)