Cher Samuel,

Je dois te faire un aveux : je t’avais jusqu’à il y a peu superbement ignoré, et ce malgré ton immense cote d’amour. En effet, que cela soit parmi les journalistes, la blogosphère ou le public, difficile de lire ou d’entendre quoi que ce soit de négatif sur ta musique. En même temps, un folkeux, barbu comme il se doit, et ancien prof de cinéma à la faculté de Miami, ça plaît ces derniers temps. Mais voilà, en ce qui me concerne, je suis complètement passé à côté. Pourtant, ne pas avoir posé une oreille sur l’un des disques de ton groupe Iron and Wine, avec la pub que t’ont fait le cinéma (juste retour des choses me diras-tu…) et les séries américaines à succès (House, Grey’s Anatomy…), était un exploit en soi ! Alors quand j’ai appris que tu sortais un nouvel album en 2011, j’ai décidé de ne plus rester dans mon coin à faire la sourde oreille et je me suis jeté sur ce Kiss Each Other Clean.

Comme tout le monde j’ai d’abord découvert le single, Tree By The River, qui portait la promesse d’un album riche en belles mélodies. Bien que séduit par ce premier morceau, j’ai été également quelque peu rebuté par les arrangements un peu kitchouilles, façon America période tardive. Mais bon, il m’en faut plus pour me décourager. Quelque temps plus tard, j’ai enfin pu écouter les 9 autres titres de ce 4e LP. Et là, le constat fut double : les mélodies sont bien là, belles, délicates comme une caresse (comme sur le très beau Godless Brother In Love), mais par contre, pour l’orchestration, ça n’est définitivement pas ça.

Tout d’abord, c’est quoi cette manie de vouloir systématiquement planquer ta voix derrières des effets douteux (Walking Far From Home) ou sous des choeurs aussi envahissants que mielleux (Half Moon) ? Et puis, il s’agirait de te choisir un style, non ? Car à l’écoute de ces 10 titres, j’ai bien entendu du Gomez (Big Burned Hand), du Herman Düne (Rabbit Will Run) ou même du Georges Michael (si si, sur Me And Lazarus)… mais trop rarement Iron and Wine. Oh évidemment tu pourrais me rétorquer : « Mais sais-tu seulement, abruti, ce qu’est Iron and Wine ??? C’est quand même moi qui les écris ces chansons !!! » .

Eh bien oui Samuel, j’ai une bonne idée de ce qu’est Iron and Wine. Je l’ai découvert le 31 janvier dernier, au studio 105 de la Maison de la Radio, à l’occasion de ta première Black Session. J’y avais emmené ma copine qui, elle aussi, est fan de ta musique. Pas vraiment réticent et même plutôt heureux de revenir dans l’antre magique de Lenoir, je n’étais pourtant pas préparé à ce que j’allais entendre. Car les 70 minutes qui suivirent furent un véritable enchantement. Dépouillée de ses artifices, ta musique s’est enfin révélée à moi. La beauté de ta voix, ton charisme (malgré le pantalon de velours…), cette émotion que tu transportes et que tu parviens dès les premières notes à transmettre à ton public, le voilà le style d’Iron and Wine ! L’épure d’un timbre enchanteur présenté en son plus simple appareil, comme sur ce Flightless Bird, American Mouth où tu étais seul face à nous, osant à peine effleurer les cordes de ta guitare de peur que ce simple son ne perturbe la magie de ta voix a cappella. A nous faire regretter d’ailleurs que 3 musiciens soient finalement venus te rejoindre sur scène…

Treize morceaux plus tard, j’ai rejoint la cohorte de tes fans. Tu nous as envoûtés et nous sommes sortis de la salle en chantonnant The Trapeze Swinger, titre par lequel tu as magistralement achevé ta session et qui m’a sans peine tiré quelques larmes… Alors bien sûr, je ne suis toujours pas complètement convaincu par ton 4e album mais j’espère retrouver un jour la magie de ces quelques minutes passées ensemble sur un futur enregistrement studio.

D’ici là, je te souhaite bonne route pour ta tournée qui s’annonce longue et je te remercie pour le merveilleux cadeau que tu nous as fait en cette froide soirée de janvier 2011.

BeB

Bonus

Vous pouvez écouter Kiss Each Other Clean en intégralité sur deezer. Je vous propose également de découvrir ci-dessous une vidéo du sublime The Trapeze Swinger en live qui vous donne une idée du moment de pure magie auquel on a assisté chez Lenoir… (et merde, ça y’est, je pleure encore)

Iron and Wine – The Trapeze Swinger (vidéo)

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Post écrit et publié initialement sur POPNews
Crédit photo : © shootgringoshoot.com

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