Ce soir, j’ai fait un petit détour jusqu’à Grenoble…

Pop expérimentale, fragile et envoutante

Un joli petit brin de fille débarque sur scène accompagnée de trois acolytes. Le premier s’assoit, cor à la main, l’autre (main) pas loin de sa multitude d’effets. Le deuxième, le batteur, disparait derrière ses crashs et autres cymbales. Enfin le dernier prend les commandes de 3 claviers et autres machines électroniques.

Le décor est planté ou presque, parce que la chanteuse bricole non seulement sur sa guitare mais aussi sur un moodswinger (et oui, j’ai appris un mot ce soir et découvert un nouvel instrument à cordes !). Puis, The Luyas se lance carrément dans un jeu des chaises musicales. Les musiciens tournent autour des claviers, des micros. Et les québécois nous servent une pop rêveuse, expérimentale, légère, parfois grave mais toujours colorée aux multiples mélodies entrecroisées.

Il faut dire qu’ils ont tous de bonnes références. Stefan Schneider est également le batteur de Bell Orchestre et Pietro Amato est un ancien d’Arcade Fire. Et comme si tout cela ne suffisait pas, ils ont également été plutôt bien entourés lors de l’enregistrement de Too Beautiful To Work, pas moins que les arrangements des cordes par Owen Pallett ou encore la production de Jeff McMurrich (Tindersticks, notamment). Alors la surprise a été bonne et l’introduction parfaite pour The Dodos. L’album a déjà tourné une petite dizaine de fois depuis hier soir !

Je ne résiste pas à l’envie de vous remettre un nouvel extrait : Cold Canada

Précision et énergies

Après la petite pause bière qui s’imposait car la chaleur commençait à monter dans la salle, grande surprise sur la scène après le changement de plateau : pas de vibraphone mais 2 guitares et une batterie qui m’apparait enrichit en tomes mais toujours sans grosse caisse. Rien d’étonnant en y réfléchissant bien vu que No Color est quand même nettement plus rock que Time To Die. Mais peu importe, les Californiens entrent sur scène et nous livrent avec un rythme effréné de roulements de tomes en tout genre leur pop rock folk acidulée de lignes de guitares un peu plus criardes mais aux harmoniques tellement bien trouvées.

Et c’est toujours incroyable de constater l’énergie qui ressort du jeu de scène du groupe. Pourtant le 2e guitariste est un piquet sur scène, pas de sourire pendant les morceaux, une concentration probablement à son sommet pour poser justement ces résonances magiques au milieu des morceaux. Et c’est justement lui qui donne le plus de coffre à l’orchestre en harmonisant les mélodies du chant notamment. Et jamais un seul accroc !

Nous sommes assis dans la salle et le leader nous trouve trop silencieux mais comment ne pas rester un peu bouche bée devant ce batteur qui a remplacé sa grosse caisse par un tambourin fixé à sa chaussure et son jeu de baguettes hallucinant . Et pour le rappel, The Dodos met tout le public d’accord et c’est ravi que chacun rentre chez soi, la tête grosse comme une patate remplie de roulements de tambours à gogo et d’une orgie d’arpèges cinglés de lignes mélodiques !

Et pour info, cet enthousiasmant ensemble va silloner jusqu’à la fin du mois l’Europe et la France dont quelques dates à retenir :

le 16 mai au Chato’ do/Blois à Vendome,

le 17 mai à La Laiterie à Strasbourg,

et le 18 mai au Point Ephémère à Paris.

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