Il va bien falloir que je l’admette : mon penchant quasi névrotique pour la folk ces 2 dernières années me conduit doucement mais surement à la rencontre d’un genre qui n’a pas forcément très bonne presse en nos contrées… j’ai nommé la country. Oh bien sûr j’avais eu quelques alertes auparavant comme le magnifique troisième album de Tarnation, Mirador, paru en 97 (et la voix hallucinante de leur chanteuse Paula Frazer) ou la sublime BO du film The Straight Story de David Lynch sorti quelques années plus tard… Mais là, je crois que cela vire au chronique. C’est que sans qu’on y fasse bien attention, la country sous sa forme alternative nous a depuis longtemps colonisé (un juste retour des choses me direz-vous).

Lorsqu’on regarde la page wikipedia des artistes classés dans ce style un peu fourre-tout qu’est l’alternative country, on y retrouve des noms bien connus comme Calexico, Bonny « Prince » Billy, Iron & Wine, Alela Diane, Ray Lamontagne, les Fleet Foxes, Noah and the Whale (drôle pour des anglais) ou bien sûr… Neil Young. Ne reste finalement qu’un petit pas à franchir pour découvrir le monde merveilleux des chanteurs à stetson et éperons. OK, je n’en suis peut être pas encore là mais cet album des Civil Wars est à coup sûr une nouvelle étape dans cet itinéraire musical qui mène droit à Nashville, Tennessee où a été enregistré ce Barton Hollow. Nashville, LA ville de la country, et d’un certain Johnny Cash qui avant de casser sa pipe avait pris un malin plaisir à revisiter le répertoire rock en reprenant avec génie des titres des Smashing ou de Nine Inch Nails…

Mais revenons-en à The Civil Wars, ce duo formé de Joy Williams et John Paul White est un très bel exemple de crossover entre country et indie folk. Des voix qui s’entremêlent et se complètent jusqu’à ne faire plus qu’une. Un son de guitare acoustique qui semble avoir été enregistré telle quelle, sans artifice, brut. Et des cordes juste ce qu’il faut pour faire de quelques unes des balades présentes sur cet album de magnifiques armes lacrymales massives (comme le sublime Falling). Une recette issue de la musique populaire américaine mais qui fait le bonheur du revival folk actuel.

Alors bien sûr, certains diront que ce Barton Hollow fleurte un peu trop avec la bande FM US version guimauve autour du feu (le même genre d’absurdités lues au sujet du majestueux Down the Way d’Angus et Julia Stone). Je vous propose moi de dépasser les a priori et de partir à la découverte des grands espaces aux côtés d’un duo aussi séduisant qu’envoutant.

En écoute

Sur leur site en téléchargeant gratuitement le live at Eddie’s Attic : www.thecivilwars.com

En live

Pour les Parisiens, au Café de la Danse, le 15 septembre prochain dans le cadre l’Eldorado Music Festival.

En vidéo

Sur la vidéo officielle du premier single titre de l’album Barton Hollow.

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