Anna Calvi @ Transbordeur – 23/09/11 

Publié par le 26 septembre 2011

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Ça n’est pas une nouveauté et pourtant, je ne peux résister à l’envie de vous en parler. Il faut dire que j’avais raté son premier passage lyonnais en avril à l’Epicerie Moderne et que je n’ai pas été à Rock en Seine cette année.

Mais peu importe et alors que la tournée touche presque à sa fin, je me rends compte que nous ne vous avons pas encore parlé d’Anna Calvi sur scène. Et pourtant… Même si elle a fréquenté tous les grands festivals cet été, le set est plus que bien rodé, mais pas fatigué, et l’émotion toujours intacte !

Comme vous probablement, j’avais vu cette session parisienne du Trianon filmée par Arte Live Web. Du coup, je m’attendais à un concert un peu froid et sans trop de hors piste. Mais il n’en est rien. D’abord, la scène est du Transbordeur est métamorphosée en gigantesque ciel nuageux. Et ce qui est bien avec les nuages, comme les enfants, c’est qu’on peut en faire ce qu’on veut. D’ailleurs les éclairagistes de la salle nous le prouvent en passant du couché de soleil à l’orage en jouant sur les couleurs d’Anna, du orange au bleu électrique ! Et ces changements ne sont qu’à l’image de son jeu et des ses morceaux où s’enchainent les silences tout en nuance…

Une grande partie de son talent est là. Mettant à profit sa formation qu’on pourrait croire classique, la chanteuse quasi lyric tempère ses titres au grès de sa musique pop rock blues, profitant de chaque instant pour mettre en valeur sa voix fascinante. Et les musiciens qui l’accompagnent ne sont pas en reste. Par exemple, son batteur exceptionnel, Daniel Maiden-Wood, assure les chœurs tout en pratiquant un jeu varié de tomes au fil des attaques de la guitare. La discrète multi-instrumentiste Mally Harpaz, véritable femme orchestre, assure la couleur des morceaux en les saupoudrant d’harmonium, glockenspiel, percussions…

Enfin, pour ce soir au moins, un quatrième membre assure discrètement des parties de guitares habituellement jouées par Anna. En effet, alors qu’elle n’en revient pas de l’accueil qui lui est fait, la jeune femme se sent gênée nous expliquant qu’elle s’est blessée, ce qui l’empêche d’assurer tout son set de guitare. Mais qu’à cela ne tienne. La bande est unie autour d’elle, assurant un set époustouflant à la technique irréprochable. De quoi définitivement convaincre les plus réticents s’il en est, que le rock peut être féminin, tout en finesse, sensible et fracassant à la fois (on entendra par exemple dans un silence le raffut de l’ampli sur le canal saturé prêt à exploser!) et surprenant avec une voix incroyable !

Et si depuis le début du set, la belle est plutôt distante, elle fini par se rapprocher pour demander au public si nous souhaitons écouter son dernier morceau, la reprise d’Edith Piaf, Jezebel, en français ou en anglais. À l’aise, elle nous livre finalement ce titre dans son écriture originale (visiblement rare, impossible de trouver une version sur internet… du coup, c’est Surrender, la reprise d’Elvis Presley que je vous colle ici).

Si vous n’avez pas encore eu la chance d’admirer la belle Anna Calvi sur scène et d’écouter cette jeune artiste affirmée tout en humilité, précipitez vous : il reste encore quelques dates comme le 30 septembre à Rennes, le 1er octobre à Lille ou encore, pour finir le 7 novembre à l’Olympia pour le festival des Inrocks (enchaînement parfait pour un prochain article d’ailleurs 😉 ).

 

© photos (live : F Guigue)

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