Trick AND Treat

Il y a presque 2 ans jour pour jour nous vous parlions au détour d’un post du premier album des Dead Man’s Bones. Un simple paragraphe et une vidéo qui ne faisaient pas suffisamment honneur à un effort qui aurait largement mérité d’apparaître dans notre top 2009 (et qui en fut étrangement absent…).

Peut-être qu’à trop vouloir évoquer fantômes, esprits et autres créatures de l’au-delà, les Dead Man’s Bones auront été pris à leur propre piège, disparaissant sans bruit dans les limbes d’une production musicale par ailleurs particulièrement riche cette année-là (Local Natives, The XX, Ramona Falls et Mumford & Sons pour ne citer qu’eux).

Mais voilà que l’actualité cinématographique récente nous met face à nos lacunes et nous obligent à revenir plus en détail sur un ovni musical à la croisée de la BO’s de l’Étrange Noël de Mister Jack et de la pop lo-fi des premiers Eels ou Beck. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement parce que Dead Man’s Bones est le projet musical d’un duo d’acteurs composé de Zach Shields, qui n’a par ailleurs pas (encore ?) laissé son nom à la postérité, et d’un certain… Ryan Gosling ! Oui, le même qui est devenu depuis la coqueluche d’Hollywood grâce en particulier sa participation récente à Drive. Pour l’anecdote, voici ce que disait magic du Canadien dans sa critique de l’époque : « l’acteur dont le nom et le visage vous disent définitivement quelque chose mais dont vous n’avez vu aucun film même si vous vous souvenez que vous aviez envie de voir Half Nelson (2006) à sa sortie« . Gageons que désormais plus grand monde ne pourra dire qu’il n’a vu aucun film de cet ancien pensionnaire du All New Mickey Mouse Club.

Dead Man’s Bones – In the Room Where You Sleep (vidéo)

Je vous propose donc de remonter le temps, plus précisément jusqu’en 2005 et la rencontre entre les 2 futurs comparses. C’est une passion commune pour l’occulte, les films de zombis et les maisons hantées qui rapprochent tout d’abord Zach et Ryan. A la fois acteurs et musiciens, ils se lancent alors dans un projet de comédie musicale que n’aurait surement pas renié Tim Burton. Manque de temps et d’argent, le projet finira par avorter mais les chansons, elles, restent. Il faudra près de 4 ans pour qu’un album voit le jour.

De cette collaboration et de la fascination commune des 2 jeunes gens naîtront 12 titres en provenance directe d’outre-tombe. Première caractéristique de tous ces morceaux : un son brut, lo-fi (que je qualifiais à l’époque assez maladroitement de « crade ») qui ne doit rien au hasard. Car le duo, loin de verser dans l’anecdotique, a une réelle exigence musicale qui peut se résumer ainsi : préserver à tout prix la spontanéité des chansons lors de l’enregistrement, en se limitant systématiquement à 3 prises, en jouant eux-même de tous les instruments (quitte à s’y confronter pour la première fois pour l’occasion) et en refusant l’utilisation du métronome et des guitares électriques pour organiser ou masquer leur pseudo-amateurisme…

Dead Man’s Bones – Pa Pa Power

Au-delà du parti pris artistique hautement louable, cette règle d’or a surtout pour résultat de donner une spontanéité enfantine à des morceaux qui ont souvent la beauté (et l’efficacité…) des ritournelles que l’on chante aux tous petits. Impression encore renforcée par la présence tout au long de l’album d’une chorale d’enfants qui donnent la réplique aux 2 comédiens-musiciens. J’en veux pour preuve les sublimes et redoutables My Body’s a Zombie for You et Pa Pa Power.

Il en résulte 11 morceaux lumineux, ludiques, et qui se livrent en leur plus simple appareil, pour n’aller qu’à l’essentiel. S’ils jouent à se faire peur, les Dead Man Bone’s ne cherchent en aucun cas à effrayer. Loin de The Walking Dead, leur monde à eux, c’est celui de Burton, Ed Woods ou bien encore Linda Woolverton : riche, foutraque, dérangé juste ce qu’il faut et bien souvent rigolard.

Entre les farces (tricks) et les bonbons (treats), ces 2 deux-là n’ont pas voulu choisir, et ce pour notre plus grand plaisir !

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Le site officiel du groupe : www.deadmansbones.net

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Quelques infos que je n’ai pas réussie à caser dans l’article :

  • La seconde vidéo du groupe, Name in Stone, a été filmée à la façon de la Blogo dans un cimetière.
  • La chorale qui a initialement participé à l’enregistrement (la Silverlake Conservatory of Music’s children’s choir créée par Flea) sera remplacée tout le long de la tournée par des chorales locales qui accompagneront ponctuellement le groupe sur scène.
  • Ryan Gosling, en plus d’avoir une belle gueule, d’être un superbe acteur et un bon musicien, a également une putain de voix, et ça, c’est vraiment super énervant…

 

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