On ne sait pas encore ce que la grande Histoire retiendra de l’année passée et de ses soubresauts politiques. En revanche on peut d’ores et déjà affirmer que 2011 ne sera pas célèbre pour son été. Gris et bas du front la plupart du temps, froid et pluvieux parfois, bref à oublier très vite. Et pourtant, une fois n’est pas coutume, la liste des summer songs était des plus réjouissantes : Cults, tUnE-yArDs, The Belle Brigade, tout partait bien. Au milieu de tout cela, un titre pop, Pumped Up Kicks, se faisait une place justifiée en radio pour enfin concurrencer les odieux Medhi et Charlie Winston et autres horribles Christophe Maé. Qui se cache derrière ce titre ? Trio en provenance de Los Angeles, les Foster The People se sont formés en 2009 autour de son chanteur et parolier Mark Foster. FTP c’est avant tout de la pop très catchy, parfois exubérante dont les sonorités rappellent celles de la pop synthétique des années 80. Torches est leur premier album.


Loin d’être un total succès, cet opus arrive à tirer son épingle du jeu grâce à quelques morceaux bien sentis que l’on peut, sans états d’âme, qualifier de tubes. Les auditeurs avertis admettent que le style de FTP ressemble à celui des têtes pensantes de la pop, MGMT ou Passion Pit en tête, sans pour autant parvenir à égaler le niveau exigeant et le style abouti de ces derniers. Plus commerciale, la recette de FTP trahit le passé du leader. Cet ancien fournisseur de jingles de pub pour la télévision distille dans l’album des recettes bien connues du milieu : un style entraînant, des mélodies accrocheuses mais des paroles d’un intérêt souvent limité.

Ce qu’il faudra retenir de Torches :

- de l’électro-pop jouissive
Le premier titre, Helena Beat, en est une belle illustration. Avec en ligne de mire les succès de MGMT version 2008 et Empire Of The Sun, la bande à Foster donne le ton de l’hédonisme et de la boîte à rythmes bien dosée.

- de savants mélanges pop-rock
Les sonorités sont ici moins électro mais toujours aussi accrocheuses. En diversifiant ses influences, Foster passe tout de suite au cran supérieur. Warrant renoue avec une section basse-batterie digne de ce nom pour casser un peu les codes du reste de l’album. En lorgnant vers les Dandy Warhols, Don’t stop est à classer dans la catégorie des psych-up songs pêchues à souhait. Enfin Houdini et Life on the nickel nous font le tour de passe-passe qu’on attendait en mêlant habilement tension et claviers planants, reprenant les recettes des bienheureux sorciers Passion Pit.

Ce qu’il faudra oublier bien vite :

- des morceaux répétitifs et sans saveur
A force de vouloir s’attirer les faveurs des programmateurs radio, Foster The People en oublie l’essentiel : des mélodies simples, le bonheur de se laisser porter par un thème élégant ou des paroles bien torchées. Pour le coup, Torches sent un peu le stakhanovisme avec ses chansons calquées sur le vieux schéma couplet-chorus-couplet-chorus-pont-chorus (Miss You, I Would Do Anything For You). Et les paroles d’ado amoureux transi ont été autrefois bien mieux mises en valeur que dans ces efforts un peu trop primitifs. On frise même la correctionnelle lorsque la bande à Foster cherche à s’aligner sur le Coldplay cru 2011, déjà frelaté (Call It What You Want et ses descentes chromatiques façon salsa, brrr).

Vous l’aurez compris, FTP nous offre donc un produit fini en demi-teinte. Mais faisons confiance à ces garçons pour nous concocter un prochain album sans céder cette fois-ci ni à la facilité ni au dilettantisme. C’est tout le mal qu’on leur souhaite.

Sonia & PO

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Voici donc la vidéo Pumped Up Kicks qui restera indéniablement l’un des titres de l’année 2011.

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