Cela fait quelques semaines déjà que Low Roar tient le devant de l’affiche sur à l’écoute. Il faut dire que l’on ne s’y attendait pas : débarqué sur nos platines en novembre, l’américain a bousculé toutes nos certitudes en cette fin 2011. On avait pratiquement bouclé nos tops respectifs, on s’attendait à un mois de décembre pépère… Et voilà que ce jeune artiste originaire de San Francisco, installé aujourd’hui en Islande, nous file une grosse baffe avec un premier album solo éponyme, à la croisée entre le meilleur de Sigur Ros et Radiohead. Après avoir écouté et réécouté l’album à en faire fondre nos disques durs, on a voulu en savoir plus… Qu’est-ce qui a poussé Ryan Karazija, aka Low Roar, a quitté San Francisco pour Reykjavik ? Comment et en combien de temps a-t-il composé ce petit chef d’oeuvre d’ambiant popesque ? Réponses…

Bonjour Ryan !

Tu as déménagé en 2010 de San-Francisco pour Reykjavik. Peux-tu nous expliquer cette décision de t’installer en Islande ?

Ryan Karazija : Eh bien, j’avais besoin de changement… et je faisais déjà des allers-retours entre la Californie et l’Islande depuis quelques années. J’ai fini par me rendre compte que c’était le bon moment pour m’y installer définitivement et prendre un nouveau départ.

Ton précédent groupe, Audrye Sessions, était bien plus rock que ne l’est Low Roar : est-ce que tu as ressenti le besoin de quelque chose de plus intime pour ton projet solo ?

Je ne sais pas si j’avais besoin de quelque chose de plus intime ; c’est simplement ce qui m’est venu lorsque je me suis assis pour composer cet album. Rien n’a été forcé ou intellectualisé à l’excès. C’est la première fois que le processus d’écriture m’est apparu aussi simple, naturel. Et c’est pour cette même raison que Low Roar est probablement ce j’ai produit de plus honnête depuis que je fais de la musique.

Il semble évident, à l’écoute de ton album, que celui-ci “sonne” islandais (comme, d’une certaine manière, Audrey Sessions sonnait très américain) : penses-tu que ces morceaux auraient été différents si tu t’étais installé dans une autre partie du monde ?

Non je ne pense pas… mais qui sait ! Je crois que c’est avant tout le fait d’avoir tout recommencé à zéro qui a façonné cet album. C’était comme laisser tout ce que vous avez toujours connu derrières vous pour débuter quelque chose de radicalement neuf. D’une certaine manière il y avait une prise de risque… Mais pas tant que cela finalement. Je n’avais rien qui me retenait aux Etats-Unis quand je suis parti… musicalement en tout cas. J’ai dû quitter ma famille et des amis formidables. Mais concernant mon avenir musical et ce que j’en attendais… il n’y avait plus rien. Rien qui puisse m’inspirer.

Ta musique, comme on l’a déjà dit, est très intimiste, mais également ambitieuse et ample. Un peu comme le serait la bande son d’un « western nordique » ! Quelle méthode as-tu adopté pour composer et que penses-tu de cette comparaison ?

Hmmm… L’image ne me dérange pas : je la trouve même sympa. Les gens ont toujours besoin d’effectuer ce genre de comparaison, donc si c’est ce que tu ressens : pas de problème ! Ma méthode quant à elle était très simple. Dès que j’avais une idée de chanson, je l’enregistrais immédiatement. Puis dans les jours qui suivaient, je commençais à les modeler. Certaines chansons n’ont pris qu’une journée. Il ne me restait plus qu’à écrire sur la mélodie que j’avais en tête pour finaliser le morceau. Je ne me suis pas posé une seule fois la question : « Est-ce que ce morceau pourra aller sur l’album ? » Si une idée me venait pendant les 4/5 mois durant lesquels j’ai composé et écrit Low Roar, alors c’était pour l’album.

Dirais-tu qu’avec Low Roar, tu es un musicien et un songwriter plus accompli que tu ne l’as jamais été auparavant ? Et si oui, était-ce une nécessité de tout reprendre à zéro pour y arriver ?

Oui absolument. Et je pense effectivement qu’un nouveau départ était indispensable. Tout du moins dans ma tête. Un peu comme si j’avais dû convaincre mon propre esprit que j’avais un champ vierge de création devant moi. Il n’en faut parfois pas plus dans la vie pour se débarrasser des entraves inutiles qui vous empêchent d’avancer.

On parle de plus en plus de Low Roar en ce moment : est-ce que tu t’attendais à un accueil aussi positif ?

Je ne m’attendais à rien de tout cela : c’est donc une magnifique surprise ! Je suis vraiment reconnaissant et j’ai hâte de pouvoir débuter une tournée digne de ce nom en 2012.

Tu as posté quelques videos de performances live sur Youtube. Il est assez incroyable de constater comment tu arrives à préserver l’intensité des versions studio sur scène : comment fais-tu ?

Je ne suis pas sûr de pouvoir répondre. J’adore être sur scène. Júlíus (l’autre membre du groupe) et moi-même sombrons dans une espèce d’état second pendant nos concerts : ces performances me demandent énormément d’énergie, au point que je sois obligé de m’assoire pendant 30 minutes ensuite pour récupérer. Je me donne à 110% dans tous mes concerts. Parfois cela ne se passe pas aussi bien que je le souhaiterais et c’est dommage, mais la plupart du temps cela fonctionne bien. Et quand cela marche, je ressens cette sensation unique que je ne peux ressentir nulle part ailleurs que sur scène.

Pour finir, quand justement pourrons-nous venir te voir en France ?

Cette année j’espère. On va faire en sorte que cela arrive !

Merci pour tes réponses et à très vite à Paris.

Merci !

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