Cette année, mon festival a commencé le jeudi 22 mars à Feyzin à l’Épicerie Moderne où j’allais écouter pour la 2e fois Still Corners qui m’avait ensorcelé sous une pluie battante l’été dernier à St Malo. La configuration était une première pour moi. Rien sur la scène, mais des instruments posés simplement au milieu de la fosse et quelques chaises disposées tout autour. En première partie, on a eu la chance de découvrir Ladylike Lily. Des morceaux simples, pas forcément joyeux, quoi que… Quand il s’agit de l’amour d’une huître et d’une patate (Pearl and Potatoes), on peut se demander… En tout cas, la jeune fille nous a livré un joli set où les boucles s’enchaînent et se recouvrent avec talent. Et quel courage d’aller se confronter toute seule au public avec sa guitare, sa jolie petite voix et ses textes plein de poésies. Les Still Corners nous ont livrés un set toujours aussi fantomatique, ensorcelant…

Mercredi 28, je me rendais à Grenoble, au Ciel, rejoindre les anges Beth Jeans Houghton & The Hooves Of Destiny et les Dum Dum Girls. Et c’est un vrai plaisir de retrouver cette petite salle. La blonde platine décolorée nous avait déjà touché à l’écoute de son premier album, Yours Truly, Cellophane Nose.

Si on sentait déjà dans ses vidéos son univers un peu parallèle et plutôt déjantée, sur scène, ça se confirme. Elle est effectivement agréablement timbrée. Beth est aussi sacrément angoissée et stressée. Entre les titres, on enchaînera donc les concours de « yeah! » ( avec participation du public) et concours de rots (sans le public mais avec les musiciens) : paraît que ça détend ! Le set s’enchaîne plutôt bien avec pas mal de petits problèmes de justesse, stress aidant. Et puis les garçons sont quand même 4 autour de la jeune fille à fournir des chœurs à gogo, batteur inclus. Et comme ça ne suffit pas, le guitariste peu aussi ajouter de la trompette, du banjo… Enfin bref tout le monde participe, et ça envoie. En rappel, la blonde se lâche, pose la guitare et nous balance une belle reprise de Like A Prayer, une jeune fille à suivre.


(la vidéo est bien représentative de la fraicheur de la jeune fille, sans complexe, finalement !)

Et cela sans parler du plaisir que j’ai pu trouver à écouter les amplis qui balancent en direct ! On dirait une répétition avec du gros son en plus, le charme des petites salles !

Pour le set suivant, je prends presque peur pendant les balances tellement les amplis envoient… Les sœurs de Dum Dum Girls débarquent à 2 seulement accompagnées de leur batteuse et d’une bien jolie bassiste. Dommage que Kristin Gundred alias Dee Dee ait mal à la gorge avec des vrais problèmes de justesse et un set qui sera raccourci à sa plus simple expression, même pas un rappel. Moi qui me faisait une joie de rattraper les précédents concerts loupés…

Mais le point d’orgue de ces soirées, ça aura bel et bien été celle de ce samedi 31 au Club, le bar du Transbordeur, salle que j’affectionne particulièrement pour sa dimension, surtout si elle est à moitié vide (même si c’est dommage)… Mais l’affiche est belle même si le démarrage a été plus que difficile et peu convainquant. C’est Mirel Wagner qui ouvre le bal. Il parait que c’est l’une des révélations du festival. Elle m’a franchement ennuyé. Heureusement, l’enchainement a été beaucoup plus relevé avec Mensch, les lyonnaises qui terminent leur tournée à domicile. Et ça envoie ! Du gros son, une guitare, une basse et une bonne boite à bits, propre, plutôt basique, mais tellement engagé et efficace. Ça réveille ! Le son est un poil fort mais le public fini par se laisser prendre au jeu et se met gentiment à danser. Enfin, une salle qui bouge et pas un concert assis !

Puis c’est au tour de Shara Worden, My Brightest Diamond, de faire son entrée. Elle débarque déguisée comme un mystérieux mime un peu à la japonaise. Après s’être déposséder des « gants » et avoir fait tomber le masque, elle enchaîne ses titres tantôt au ukulélé, à la guitare, à la cithare ou encore au clavier. Autant de talent et de technique, c’est effrayant, comme sa maitrise parfaite de son show, du public, de l’ambiance. Elle est accompagnée d’un talentueux batteur et n’hésite pas à chanter a cappella sur les percussions. Et en plus de nous livrer des extraits de son dernier opus, All Things Will Unwind, elle nous livrera ses reprises quasi habituelles, revues et qui nous font tous tomber sous le charme : l’Hymne à l’Amour, en anglais, I’m Feeling Good ou encore Tainted Love.

Et comment mieux conclure ce festival qu’avec ce fabuleux set d’une femme, artiste épanouie, accomplie et totalement assumée, à la sensibilité à fleur de peau…

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