Nous débutons aujourd’hui notre série de reports du Clap Your Hands Festival #2. C’est Marianne qui a couvert pour nous la soirée d’ouverture du festival, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle aura été nettement plus sensible au charme sombre et quelque peu dépriment de Matt Elliott, qu’à la folk tout en légèreté de Mariee Sioux… Et j’aimerais remercier et saluer Rory qui a accepté de nous faire profiter de son merveilleux talent de photographe. Thx Rory, amazing pics!

Matt Elliott – « Sarkozy, il est fini »

Difficile de dire ce qui fait que l’on entre ou pas dans un concert. Parfois le groupe est bon mais l’humeur n’y est pas et l’on se retrouve à flotter entre deux eaux sans en profiter vraiment. Parfois l’inverse.

Au Café de la Danse, lors de la prestation de Matt Elliott, j’aurais pu être une de celles et de ceux qui sont passés à côté, rigolant bruyamment au bar à chacune de ses envolées lyriques. D’ailleurs, les premières minutes, j’ai bien cru que c’était là-haut que j’allais finir. Et puis, faisant taire la petite voix intérieure qui me disait « Non mais c’est quoi ce truc ? », je me suis assise sur les gradins et, sans avoir compris ce qui se passait, me suis trouvée emportée dans l’univers torturé du chanteur. Un univers que je n’avais découvert que le matin même, au bureau, avec son dernier album The Mess We’ve Made. Un univers sombre et lourd, un rien plombant, qui pour tout dire ne me laissait présager rien de bon du concert…

Mais étonnamment, sur scène, les chansons de Matt qui parlent globalement de solitude, d’amours ratées et de la certitude de la mort (joie de vivre !) sont bien plus enlevées que je le craignais : de vraies litanies à la fois dignes et désespérées. Seul avec sa guitare, bidouillant et repassant en couches successives des boucles de ses propres chants jusqu’à rejouer les polyphonies corses, il crée une ambiance quasiment mystique qui m’a évoquée, allez savoir pourquoi, un enterrement en Italie.

Une atmosphère très méditerranéenne, à la fois lourde et éthérée, pour ce natif de Bristol qui n’a pas laissé son humour au vestiaire (en témoigne sa chanson sur Sarkozy, réclamée par un fan mais qu’il n’a pas jouée, estimant que « Sarkozy, il est fini »). Au final, près d’une heure comme embarquée sur un navire de marins dépressifs en train de se demander à quoi bon la vie. Très applaudi, Matt nous a offert avant de partir une reprise inattendue de I Put a Spell On You de Screamin’ Jay Hawkins. Quelques jours plus tard, l’Anglais ne pourra cependant s’empêcher de tacler une partie du public sur Facebook : « Les putains de gens qui viennent au concert pour boire et parler sans écouter les artistes ». Pour une fois, j’étais contente de ne pas faire partie de ceux-là.

Mariee Sioux – Gentiment sans surprise

Programmée en 2e partie, la jeune américaine a livré une prestation en tout point identique à ses enregistrements studio, que je découvrais dans la journée. Après l’ouragan Matt Elliott, ses chansons plaisantes portées par un timbre de voix enfantin étaient absolument sans surprises. J’ai abrégé ma présence.

——

Crédit photos : ©2012 Rory O’Connor

Tags :

VOS COMMENTAIRES
Les commentaires sont fermés pour ce billet