On ne peut pas dire que c’est de la pop scandinave, façon Cardigans ou nos potos de Peter, Bjorn & John. Ce n’est pas vraiment du rock non plus, malgré les deux kits de batteries complets sur scène. Ce n’est pas du classique, malgré les merveilleuses parties de flûte et de violoncelle. Alors ? Alors c’est Ane Brun la divine, dont l’univers musical riche donne de doux frissons à chaque personne qui la découvre.

Affranchie des codes de la chanson classique, Ane Brun n’en fait qu’à sa tête d’un album à l’autre, laissant parler sa sensibilité. Quand on va la voir, on a l’impression de revenir aux grandes années du tour du chant dans les cabarets. Car lorsqu’elle entre, ce n’est pas un style bien carré qui nous fait face, mais quelqu’un qui immédiatement habite l’espace et vous prend par la main. Avec sa petite troupe (clavier, batteries au pluriel, percus, violoncelle, flûte), la Joni Mitchell du Grand Nord réchauffe les cœurs, parle de choses de la vie, envoûte.

Pas étonnant que les salles soient combles à chacun de ses passages…

La prestation en première partie de Linnea Olsson, sa violoncelliste, aurait dû servir d’indice. Pas impressionnée pour deux sous, d’ailleurs, d’être seule avec son biniou et son jeu de pédales à loops. Le petit bout de nana assure une belle présence sur scène avec ses titres aux joyeuses sonorités pop et prouve enfin à ceux qui ne le savaient pas que le violoncelle, au son si rond et si chaleureux, permet de tout faire, parties de basse galopante, cellules rythmiques au cordeau, envolées mélodiques (ah, ce démanché !). Sa reprise du groupe Ah ! a aussi donné un bon aperçu de leur premier album à venir prochainement. Un chouette moment, largement apprécié par un public bien surpris.

A cette atmosphère, Ane Brun la prolifique (8 albums en 8 ans !) va ajouter ses arrangements et surtout sa voix si gracieuse, qui déclenche des vagues d’émotions surgies comme des geysers. Où est-on ? Dans des paysages enneigés ? Peut-être. Devant des aurores boréales ? Sûrement ! En tout cas il y a une densité changeante et fascinante. Faisant le tour de ses albums, la prêtresse du soir alterne entre les grandes envolées lyriques (These Days, Balloon Ranger), les moments intimes seule à la guitare ou au clavier (To Let Myself Go, Dirty Windshields, This Voice) et les décharges d’énergie (le sublime Do You Remember). Comme à chaque fois, elle fera reprendre le refrain de Oh Love au public qui n’attendait que ça.

Près de deux heures de concert, avec en guise de premier rappel une belle reprise de Neighbourhood #1 (Tunnels) d’Arcade Fire (qu’elle a enregistré au profit de The Voice Projet, projet humanitaire destiné à rééduquer les enfants-soldats en Afrique) et en baisser de rideau Undertow à la fin duquel les deux batteries ont livré un duo de feu. Ane Brun est une belle étoile qu’on a envie de voir briller tous les jours.

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Texte : PO
Crédit photos : ©2012 Rory O’Connor

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Bonus

Un bonus de luxe grâce à la très talentueuse Valerie Toumayan du blog I Love Sweden : la vidéo live de This Voice !

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