
25 ans et déjà 4 albums au compteur, Will Stratton serait-il le nouveau petit prince de la folk américaine ? On peut sereinement se poser la question, à l’écoute de Post Empire, dernier LP en date de ce natif de Californie, désormais installé à Brooklyn. Reprenant ainsi le titre honorifique abandonné par un certain Sufjan Stevens (Stevens qui a d’ailleurs fait une apparition dans son premier album en 2007 au hautbois…), le jeune auteur-compositeur dessine les contours d’une musique à la fois gracieuse et… pérenne. Affreux qualificatif s’il en est mais qui, à une époque de surconsommation musicale, décrit bien la volonté de Stratton de créer pour la postérité, loin de la hype et des circuits de distribution habituels.
Cherchant à sublimer la folk classique de ses influences premières, Nick Drake en tête, le Californien a composé sur son dernier album des chansons mêlant classicisme formel et expérimentations harmoniques… Comme sur Honey Diamond par exemple où la mélodie flirte sans cesse avec la dissonance pour y imprimer une tension palpable, tout en préservant la beauté du thème général. Car si le jeune artiste cherche à sortir la folk music de son cadre habituel, ça n’est jamais au détriment de la grâce de ses morceaux. La chanson éponyme de l’album, Post Empire, prouve s’il en est que l’on peut avoir une composition exigeante, des arrangements ciselés, sans tomber dans le cérébrale ni le précieux. Si les 10 titres s’apprécient tout d’abord par la beauté des mélodies et des arrangements, c’est par les subtilités de la création musicale et l’intensité de la narration qu’ils accèdent au statut de véritables classiques. Will Stratton parle aussi bien au coeur qu’à la tête, lorgne vers le jazz ou le contemporain, mais garde toujours comme fil directeur l’émotion. Comment ne pas y avoir là l’influence de la reine Joni Mitchell !
Avec ce Post-Empire, Will Stratton délivre un disque intense, charnel et complexe. 10 morceaux comme autant de tableaux à découvrir petit à petit, en prenant le temps de se laisser saisir par toutes les subtilités que recèle une musique d’ores et déjà intemporelle.
Vous avez aimé ?
Je vous propose d’écouter en intégralité et (je l’espère) d’acheter ce merveilleux Post Empire via bandcamp. Vous pourrez également vous replonger dans la discographie déjà impressionnante du jeune homme.










