Brendan Benson, c’est le chic type. Un gars qui a résolument le cœur (rock) sur la main (folk) du gratteur de sons éclatants. Et surtout c’était le premier. Là où tout le monde se pâme sur les Shins (han mais c’est la musique de toute ma vie-euh), le Brendan était là dès 1996, à une époque où les grands noms du rock d’aujourd’hui sortaient à peine de leurs langes gallagheriennes. Après ce One Mississipi (un titre déjà évocateur) de très belle facture, Brendan Benson a préféré creuser son sillon à part. Sorti 6 ans plus tard, Lapalco était un vrai petit bijou pop lo-fi avec claviers analogiques, accords fulgurants et mélodies ravageuses (Metarie, Tiny Spark, You’re Quiet, Good To Me…). Une merveille héritée tout droit des meilleures livraisons de Paul McCartney et de l’immense pianiste des 60’s Nicky Hopkins.


Accélérant légèrement la cadence, Brendan Benson livre en 2005 une 3e perle, Alternative To Love. C’est la belle année pour lui puisqu’il fonde un bon petit supergroupe à l’ancienne, The Raconteurs. Car il se trouve que parmi ses potes figure un certain Jack White. Deux petits albums, une mise en sommeil avec un Jack White concentré  sur ses autres projets (Alisson Mosshart entre autre… on le comprend), mais notre chouchou continue heureusement de son côté. My Old ,Familiar Friend reprenait les choses là où on l’avait laissé, en digne successeur des grands songwriters des années 60-70 : du rock, du rock… et un peu de pop. Plus abrasif, Brendan Benson se détache peu à peu du côté bricolo des débuts pour mieux se rapprocher de l’époque dorée de la British Invasion, quelque part entre les Who, les Monkees et bien sûr les Beatles.

Sur What Kind Of World, son nouvel album paru sur son propre label, rien de vraiment nouveau sous le soleil bensonien, toujours cette fidélité à ce son old-school et à ces chansons très marquées à la première personne du singulier. Le premier single, Bad For Me, donne bien le ton rock d’un classicisme absolu, On The Fence et Light Of Day enfoncent le clou à coup de Gibson bien affûtée. S’acoquinant avec le jeune sorcier Young Hines, Benson va quand même déployer ici ou là une mélodie plus éthérée aux claviers ou une rythmique plus appuyée (Pretty Baby). Le charme opère toujours autant et notre Brendan demeure le 2e secret le mieux gardé du rock US (après nos amours de Pinback, bien sûr).

 Nouveau Casino, 16 mai 2012

On ne saurait trouver plus bel héritier des grands noms du rock des années 60-70. Pour son passage à Paris après un long silence, Brendan Benson, héraut de la chanson à 3 (ou 4 maximum) accords, balance sans chichis ses petites perles façonnées depuis plus de 15 ans maintenant. Que demander de plus ? Le songwriter impressionne par sa capacité sidérante à composer des mélodies brillantes comme seuls Lennon et McCartney savaient le faire. Metarie et Tiny Spark devraient figurer au rang de classiques à apprendre dans les écoles, Good To Me devrait être prescrit comme anti-dépresseur.

Puisant dans le nouvel album (What Kind Of World, Light Of Day, On The Fence, Pretty Baby en duo avec son ami et producteur Young Hines), et les anciens (A Whole Lot Better, Garbage Day, Sittin’ Pretty…), le power-rock de Brendan Benson fait aussitôt mouche. Rigolard et heureux de partager ce moment avec son public, Benson livre le concert typique qu’on aimerait ne jamais voir finir.

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Texte : PO

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