Calme, sérénité, cette sensation particulière à chaque écoute de ce&nbsp,disque de The Eastern Sea, ce calme étrange qui roule sur moi comme une vague et qui laisse à la dérive… Une dérive due à des chansons superbes qui se déploient lentement, organiquement. Un disque surement enfanté dans une douleur relative, commencé comme un disque solo du chanteur, guitariste et compositeur Matt Hines, Plague est devenu le résultat de l’effort d’un véritable groupe de sept personnes et de deux années de travail reclus en studio au fin fond du Texas. Un accouchement au forceps, mais un résultat qui en vaut largement la chandelle !

The Eastern Sea a confectionné une œuvre dense, aux textures somptueuses et méditatives, où voix et instruments vont et viennent en une dynamique de tension/détente avec un sens de la mélodie raffinée et complexe. Pensé et composé en strates successives, chaque titre prend le temps de se déployer, à l’instar du premier titre, Plague, long récitatif plaintif juste ponctué d’accords d’orgue et de cuivre, à la beauté crue : « I used to hear the birch leaves rattle through my spine » ou « Across this frozen lake, I heard a pack of feral dogs howling at the moon » .

The Eastern Sea – A Lie (vidéo)

Un album poétique, aux paroles profondes, terribles. Dans Wasn’t for love, un train quitte la gare de Berlin et devient le symbole de l’amour éphémère. Dans The Match, ce sont des souvenirs douloureux qui posent des questions sur l’amitié. Hines tisse des chroniques autobiographiques hantées par le voyage, la transition, les fantômes de la mémoire et sur l’existence et son ressenti même. Des natures mortes, mélange hybride entre portrait et paysage, pensées à la manière d’un Sufjan Stevens ou du Tangled Up In Blue de Dylan sur l’album Blood On The Tracks. On se sent alors comme un spectateur médusé, comme témoin d’un spectacle bouleversant, intensément personnel. Sublime.

Vous avez aimé ?

The Eastern Sea vous propose de découvrir en intégralité leur second album Plague via le désormais incontournable Bandcamp.

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Texte : Le Noise ( Jérôme Gillet)

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