Nous achevons avec ce dernier post le récit communautaire de cette édition 2012 de La Route du Rock. Vous constaterez que pour ce dernier jour, point de photos pour accompagner nos comptes-rendus respectifs. C’est que dès la veille, votre serviteur a été privé de pit, malgré ce qui ressemblait bien à un pass photo. Si vous vous demandez ce qu’est le pit, disons que c’est un peu la cours des grands des photographes, cette zone entre scène et public où s’agglutinnent les objectifs pro le temps de 3 petites titres. Problème, il semblerait que notre « partenariat » avec la RdR ne nous permette d’accéder à ce Lieu Saint de la photo de concert. Ce qui signifie qu’il m’aurait fallu 1/ rester rivé au premier rang toute la soirée 2/ bataillé avec les fans (logiquement) présents devant pour voir leurs artistes préférés. Des conditions habituelles dans nos salles de ville mais qui se révèlent être difficiles lorsqu’il s’agit de tenir de 18h à 3h du matin…

J’ai donc pris la décision, et j’espère que vous voudrez bien m’en excuser, de laisser mes quelques 3 kg de matériel à la maison pour profiter pleinement de cette dernière soirée !

Cloud Nothings par BeB

Cette soirée dominicale du festival malouin débute avec les Américains de Cloud Nothings. Le groupe, mené par le sosie éructant de Wally (de Where’s Wally?), propose une power-pop lo-fi à tendance expérimental. En gros. Dis autrement : ça a la voix rauque, ça fait du bruit, ça peut même être relativement jouissif pour peu que l’on ait 16 ans ou que l’on soit de bonne composition. C’est mon cas en ce 3e jour… (pour la bonne composition, mes 16 ans étant malheureusement bien loin). Libéré du poids d’un objectif pesant (à tout point de vue), je décide de profiter pleinement du spectacle. Sans réellement prendre mon pied, j’apprécie cependant lorsque le chant laisse place à de longues phases instrumentales et bruitistes qui rappellent (de loin) Sonic Youth. Au final, une bonne entame pour ce dernier acte de l’édition d’été 2012 de La Route du Rock.

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Stephen Malkmus & The Jicks par Sophiequiconnaitrienenmusique

Fraichement débarquée dans le monde de la musique dite « indé », me voilà entrainée dans un jeu :
« Porter mes oreilles attentives à l’écoute de Stephen Malkmus & The Jicks pour en faire le récit ensuite ». Nous sommes le 12 aout 2012 à St Malo pour La Route du Rock.

En fait, c’est surtout d’un type dont on me parle (avant que ça démarre) et dont je devrai parler donc, et pas vraiment d’un groupe. Je ne connais pas son histoire (donc aucunes références) mais m’a-t-on dit il s’est déjà illustré avec d’autres groupes que les Jicks, bref il est connu…(ah ?!) Ca commence… c’est rock, c’est très rock, (dès fois blues… si si) et c’est même pop très souvent. Stephen joue et chante, jolie voix, bien rayée mais pas que… Dès fois, sur certaines intonations, ça me rappelle la voix du chanteur de Cake (« je like » ). Ils sont 4 sur scène dont une fille, elle joue de la guitare mais sans rien me communiquer (elle a ses règles ou quoi ?)… Les autres, ils chantent, ils dansent, bref ça à l’air d’être super pour eux tant mieux, moi je craque.

J’entends des morceaux s’enchainer sans jamais accrocher et pourtant j’essaie mais mes oreilles restent insensibles , ça ne me surprend pas, c’est vu et revu, je n’entends pas ce qui fait que tout le monde me disait avant le début du concert « Tu vas voir c’est bien !!! »

PS de la rédaction morte de rire : T’inquiète Sophie, nous aussi on a toujours trouvé ça chiant Pavement !!!

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Chromatics par Alain

Disposition scénique serrée pour les membres de Chromatics. Le groupe chercherait t’il à se rassurer face à la foule de cette Grande Scène du Fort St Père ? L’écoute furtive de leur second LP me faisait anticiper un set lo-fi électro-rock quelconque. Contre toute attente, ce sera le set qui m’aura le plus parlé : enfants des premiers New Order ou EBTH, le groupe enchaîne les titres en instaurant un son propre, des compos percutantes, exigeantes mais surtout immédiatement accessibles. Preuve du talent de cette formation, sa facilité déconcertante à terminer sa prestation par deux reprises : l’une clairement affichée avec le Running up that hill de Kate Bushe et l’autre faussement maquillée via la digestion du Hey Hey My My de Neil Young en Into the Black. Christophe Brault a du être tout émoustillé de cet hommage à la thématique de sa conference annuelle.

Mazzy Star par Julien

Mazzy Star est arrivé dans une obscurité presque totale. Seul un écran derrière les six musiciens projetait des images aux tons sépia. Tous les projecteurs de la scène et les caméras étaient restés éteints. Une volonté de Hope Sandoval pour ne pas se dévoiler ou pour pouvoir mieux observer un ciel déjà bien étoilé ? Eclairé par la diva à la voix de velours, le groupe a présenté de nouveaux morceaux aux teintes plutôt country (Lay Myself Down) portés par une slide guitare particulièrement remarquée. Emmenés par le duo originel, les titres phares des anciens albums (Fade Into You, She Hangs Brightly) ne sont pas restés dans l’ombre. Une atmosphère féérique et hypnotique s’est alors emparée d’une partie de la foule jusqu’au départ du groupe en toute discrétion. « Tiens, une étoile filante vient de traverser le ciel ! » s’est exclamé un festivalier ébloui.

The Walkmen par Rory

There was a distinct shift in the wind the moment the opening jangling notes of Line by Line, from The Walkmen’s latest record, cascaded down upon us.  The guitar seemed to soar across the grounds with more emphasis than any other band could muster throughout the day.  Subtle but distinct, each note resounding like fallen glass in a restaurant.  By most standards it was an odd choice of opener, but by those same standards The Walkmen are an odd band.  Going on 10+ years, The Walkmen have managed to sustain longer than most of the contemporaries of their day. Still largely recognized stateside for their biggest hit to date, The Rat, from 2004’s Bows + Arrows, they have managed to piece together an impressive discography, one that gets more impressive with each new release.  Simply put, they are getting better with age.

A bit of the rage has left from the days of The Rat, when they howled, « Can’t you hear me, pounding on your wall? » and it’s been replaced with a bit more of a plea for understanding, « Remember, remember, all we fight for » ,  from the band’s newest record and self-titled single, Heaven.  Heartache and break still drive the passion behind these songs, only with a more evolved understanding.  A poignant, well timed remark will always strike harder than a directionless scream no matter how loud it be.  Age is always worn best with a touch of confidence and the right amount of indifference and they wear their age well.

The live show has evolved with the band’s music and what appeared on stage was a band in full position of their powers.  It’s a quieter confidence but a confidence all the same.  At a certain point we all stop pounding on walls and instead choose to let cards fall as they may, and if luck should favor us, they fall in our favor.  One only needed to watch The Walkmen pound through tracks like Angela Surf City and In the New Year to know the cards are still falling in their favor.  Before taking their leave, as if they wanted to remind us that the fire of youth is still ablaze, they treated us to a final thundering rendition of Thinking Of a Dream I Had.  It served as one last reminder that no matter how much quiet wisdom can be collected with age, sometimes you just need to pound on some fucking walls.

Hanni El Khatib par Emilie

Il était un peu plus de deux heures du matin quand Hanni El Khatib a débarqué sur la Grande Scène du Fort St Père. Même si l’heure tardive de son set dans la programmation en avait découragé certains, on était encore assez nombreux dans la poussière à l’attendre. Il claque deux-trois accords cordes à vide, il règle un peu son ampli et il attaque directement avec Garbage City. Cette belle entrée en matière promettait un set électrisant et personne n’a été déçu. « Ah ! enfin du rock ! » diront certains dans la foule, parce que c’est vrai, la programmation 2012 de La Route du Rock n’était justement pas très rock’n’roll cette année, alors quand le Californien aux cheveux gominés balance du gros son garage dès les premières minutes, il transporte forcément son auditoire (oui, il y a même eu des pogos!). D’habitude accompagné d’un seul batteur (apparemment son ami de lycée Nicky Fleming-Yaryan) et de sa guitare, il est cette fois flanqué de deux nouveaux acolytes : un grand chevelu guitariste-clavieriste-percussionniste et une batteuse à jupe rouge, pêchue et enthousiaste.

Le résultat est épatant. Ils enchaînent les morceaux pendant une heure environ avec très peu de pauses. De You rascal you en passant par son single retro sixties Dead Wrong, la performance s’achève en apothéose sur Fuck it you win. Hanni El Khatib termine lui suant (il a parcouru la scène de long en large pendant tout le set) mais toujours sexy. Il remercie rapidement le public et quitte la scène. La grande classe.

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Merci encore à toutes celles et tous ceux qui ont bien voulu nous offrir leur plume pour ce report collectif : Susanne, Alain, Tiphaine, Sophiequiconnaitrienenmusique, Julien, Rory et enfin Emilie 🙂

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