Flip Grater

Ce qui est sympa au Café de la Danse, c’est que comme le lieu est un peu intimiste, certains artistes se sentent à l’aise et en plus de s’exprimer par leur musique, se confient un peu au public entre deux chansons. La néo-zélandaise Flip Grater est de ceux-là. Arrivée à Paris depuis cinq mois, elle semble se plaire dans la capitale. Sa chance est en train de tourner nous explique-t-elle enthousiaste. Après avoir perdu trois guitares et deux téléphones depuis son arrivée sur le sol français, elle a retrouvé le jour même de son passage à l’Eldorado Festival, à dix-sept heures précises, la guitare qu’elle avait perdu douze heures plus tôt et avec laquelle elle a pu nous gratifier ce vendredi de quelques ballades indie-folk apaisantes après une semaine bien chargée.

Elle, sa robe rouge et sa guitare étaient ce soir-là accompagnées d’un violoniste discret et d’un deuxième guitariste. While I’m Awake I’m At War, qui est sorti le 3 septembre dernier, est déjà le troisième album de Flip : elle n’a donc rien d’une débutante. Ses arrangements sont précis et bien exécutés. Comme ont pu le dire d’autres, sa voix et la mélancolie de ses chansons font penser parfois à Cat Power. Elle chante un peu comme l’Américaine des moments de vie avec émotion et sensibilité. En somme, c’est une belle découverte que cette Flip Grater. On espère bien qu’elle ne quittera pas Paris cold turkey comme dans sa chanson de fin, ne nous laissant ainsi pas l’opportunité de la revoir jouer sur scène.

Site : www.flip-grater.com

Oh! Tiger mountain

« Ce soir on est ACDC ! » décrète Matthieu Poulain, leader de Oh ! Tiger Mountain, après nous avoir expliqué que, selon les soirs, lui et ses deux compagnons de scène pouvaient véhiculer des énergies tout à fait différentes (parfois ils peuvent être « Belle et Sebastien » ! dit-il). Il raconte pas mal de bêtises sur scène, Matthieu Poulain, parce que sa musique folk dépouillée, elle n’a rien à voir avec ACDC, si ce n’est peut-être quelque chose dans l’intensité. Ce qui impressionne dès les premières secondes chez ce dandy à bottines, c’est sa voix grave, dense et qu’il nuance. Il chante au micro vintage et s’accompagne avec sa guitare souvent très rythmique. Certains morceaux m’ont fait pensé au dernier album de Devendra Banhart. Chacun se fera son opinion.

Si c’est tout seul que Matthieu Poulain a démarré son projet musical en 2008, ils sont en fait trois à se produire ce soir-là au Café de la Danse : le grand Matthieu (guitare/chant), paillettes sur les joues et vêtu intégralement de noir sauf pour les éclairs dessinés sur la sangle de sa guitare, Kid Francescoli, un autre marseillais rencontré dans le milieu pop de la cité phocéenne qui a rejoint Matthieu en 2010 (percussions/clavier), et un dénommé Pedro Alfredo qui s’affaire avec brio sur un clavier et parfois une guitare. Oh ! Tiger mountain tiendrait son nom d’un album de Brian Eno de 1974 intitulé Taking tiger mountain (by strategy) que Matthieu Poulain chérie particulièrement.

La performance scénique tient beaucoup à Matthieu qui se donne à fond quand il joue et chante mais aussi quand il raconte des histoires qui ont plus ou moins de sens au public entre deux morceaux, se moquant parfois lui-même se ses bides. (« C’est Kid qui écrit mes répliques »). En attendant, moi je suis sortie du Café emballée, j’ai acheté son album et je me le suis même fait dédicacé (avec faute d’orthographe et ça c’est collector) ! Connu, je n’en doute pas, il le deviendra.

Site : ohtigermountain.blogspot.fr

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Texte : Emilie
Crédit photos : ©2012 Rory O’Connor

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