A l’heure où leur premier album Entropology sort enfin en France, nous vous proposons de découvrir les jeunes et brillants School is Cool originaires d’Anvers. Nous les avons rencontrés il y a de cela un mois dans un hôtel parisien et nous en sommes repartis avec une interview fleuve dans laquelle ils nous parlent de la genèse du groupe, de leur nom, des Kodos, des Dodos, de la scène rock belge, de leurs paroles plutôt sombres et de la situation entre Wallons et Flamands…

Voici la première partie de cette belle rencontre avec Joannes et Andrew

Bonjour Joannes, bonjour Andrew,

Est-ce vous pourriez commencer par nous raconter la naissance du groupe ?

Joannes : Andrew et moi jouons de la musique ensemble depuis près de 10 ans. J’apprenais la guitare quand lui s’essayait à la batterie. A cette époque, nous avions déjà un groupe : nous faisions des reprises de Nirvana, des Pixies, et quelques compos aussi.  Mais il ne s’agissait pas encore de School is Cool, qui est un projet beaucoup plus récent puisque le groupe vient de fêter ses 3 ans.

A un certain point, j’ai eu envie d’écrire mes propres chansons et d’avoir un groupe pour les jouer. Andrew s’est naturellement joint à moi. On s’est inscrit à un tremplin musical local et on a été sélectionné. J’avais écrit des chansons extrêmement ambitieuses qui nécessitaient beaucoup d’instruments et après 2 concerts préparatoires à 2, on s’est vite rendu compte qu’il nous fallait plus de musiciens. On a donc fait appel à des personnes dont on connaissait le talent et nous n’avons eu ensuite que 2 jours pour répéter avant le concours !

Et comment s’est terminé le tremplin ?

J : Nous avons fini 3e mais avec le prix du jury ! Et surtout le groupe était né. Nous avons ensuite gagné un autre tremplin organisé par Humo, le magazine musical de référence en Belgique flamande. Quasiment tous les groupes belges célèbres sont passés un jour ou l’autre par ce concours (NDLR : dEUS, The Black Box Revelation, Goose… font partis des anciens lauréats). Et tout d’un coup, ce qui n’était qu’un side project a véritablement explosé, alors que nous n’avions que 9 concerts derrières nous. C’était assez effrayant, même si c’était ce que nous recherchions… Nous avons fait énormément de concerts par la suite, puis finalement enregistré l’album.

Question incontournable au sujet de votre nom… Vous trouvez vraiment que l’école, c’est cool !?

J : Non pas vraiment… Bien que l’école soit un « mal » nécessaire, ce nom est ironique. Initialement, je cherchais comment appeler mon MySpace et j’ai imaginé ce nom un peu comme un mauvais slogan pour l’Education Nationale. Comme si les gens du ministère se disait : » – Comment faire pour que les enfants restent à l’école ? – Oh, créons une pub avec un jeune faisant du skate et ajoutons le slogan School is Cool !!!« . Cela sonne bien, mais c’est également assez pathétique…

Andrew : Et puis lorsque nous avons commencé à faire des concerts et à gagner tous ces prix, nous ne pouvions plus changer.

J : Ce qui est marrant, c’est qu’en Angleterre, personne ne nous demande pourquoi on s’appelle comme ça. Ils ne voient pas la dimension ironique. À l’inverse, en Belgique, chaque interview commence par : « Mais pourquoi SIC ??? » Au fond, c’est juste un nom de groupe un peu bête, comme il en existe tant d’autres ! (Sourires)

Est-ce que vous pourriez nous raconter comment vous créer votre musique ?

A : Joannes compose une base à l’aide de Garage Band, le logiciel d’enregistrement sur Mac. Il nous fait écouter cette ébauche et ensuite on se demande comment jouer cela à 5 (bientôt 6 car nous allons bientôt accueillir un nouveau membre). C’est une façon très saine et simple de fonctionner car elle évite toute bataille d’égos. Quand tu essaies de composer un morceau à plusieurs, chacun veut mettre son grain de sel, avoir son solo guitare… C’est trop compliqué. Dans notre cas, il s’agit plutôt de se concerter pour donner vie à une vision artistique unique.

Et comment décririez-vous votre style ?

J : Je crois que je qualifierais notre musique de pop baroque, ou plus simplement d’indie pop… même si ce terme « indie » est aujourd’hui galvaudé. Disons que nos influences sont à chercher du côté d’Arcade Fire, The Dodos, Why?, Menomena…

A : Kate Bush, Tom Waits, Bruce Springsteen…

J : Toutes ces influences sont présentes dans notre musique mais je ne saurais pas te donner une définition précise de notre son…

Les percussions ont une place centrale dans votre musique, on pourrait même qualifier votre son de tribal à certains moments. Quelle part prend la batterie dans votre processus de création ?

J : La batterie est la premier chose que je pose lorsque je compose une musique, avant même de réfléchir à une mélodie ou une progression d’accords. J’ai  besoin d’un rythme original pour structurer ma musique (Il mime un rythme à la voix)

Quelque chose de groovie ?

J : Non pas forcément groovie, mais spécial, original…

A : Il aime plutôt les rythmiques robotiques (Il mime à son tour un rythme à la voix).

J : Comme si la batterie était jouée par des machines. Nous avons d’ailleurs la chance d’avoir un batteur, Mathias, qui est le musicien le plus régulier du monde. Ce qui complète parfaitement le jeu un plus plus « loose » d’Andrew. Il y a une vraie alchimie entre les 2.

Vous dites que les percussions pourraient être jouées par des machines, pourtant on est loin de la boîte à rythmes : je dirais même que votre son est très organique.

J : Tu as raison. En fait, notre référence pour les percus pourraient être les Kodos, les tambours traditionnels japonais. Nous aimons cet aspect tribal, ce sentiment de puissance qui est dégagé par ce type de jeu. Plutôt que robotique d’ailleurs, j’aurais dû parler de puissance…

A : Une autre de nos influences majeures est le groupe Américain The Dodos. Lorsque Joannes m’a demandé de ce joindre à lui, je n’ai pas eu envie de me retrouver derrières une batterie complète, comme je le faisais d’habitude. J’ai eu envie de voir ce que je pouvais faire avec un tom basse unique (NdLR : c’est le tom le plus grave, il repose par terre et de plus en plus de musiciens, dont Merci Long, chanteur de The Dodo, en jouent debout). Cet instrument est devenu le point de départ et le symbole du « son » School is Cool.

J : Notre premier single, In Want For Something, est littéralement calqué sur le style de The Dodos. C’en est presque embarrassant (rires).

School is Cool – In Want Of Something (vidéo)

—–

La suite demain…

Tags :

VOS COMMENTAIRES
Les commentaires sont fermés pour ce billet