Je ne sais si c’est l’âge ou une « trop » grande quantité de concerts vus ces dernières années… mais j’ai le sentiment d’être de plus en plus sensible aux perturbations extérieures lorsque j’assiste à un live. Nana jouant avec sa tablette, myriades de téléphones pointés en l’air pour capter de mauvaises vidéos ou fan réalisant un duo avec son chanteur préféré, quand ce ne sont pas des conversations qui couvrent tout simplement la musique… je finis régulièrement ces derniers temps par décrocher du spectacle que j’étais pourtant venu voir avec envie. Et il me faut un effort démesuré pour m’y replonger, quand c’est seulement possible.

C’est ce qui m’est malheureusement arrivé lors de ce qui s’annonçait pourtant comme une belle soirée au Café de la Danse. Après une prestation appliquée des Wave Machines, peut être légèrement surjouée, mais empreinte d’une louable intention de faire vibrer une salle encore relativement amorphe, j’attendais beaucoup de l’entrée en scène des jeunes Belges de BRNS (prononcer « Brains »). Mais il s’avère que le concert fait l’objet d’une captation vidéo et un caméraman décide se planter entre moi et les 3/4 du groupe, à savoir le percussionniste, le clavier et surtout le batteur chanteur, véritable attraction du quatuor. Reste à ma disposition le guitariste qui même s’il y met résolument du sien, n’est pas exactement le charisme incarné. Les mouvements incessants du technicien pour varier ses cadrages sont autant de raisons de décrocher de ce qui se passe sur scène.

Et comme souvent dans ce genre de situation, mon attention ne se fixe rapidement plus que sur les seuls aspects négatifs de ce qui se déroule devant mes yeux : balance calamiteuse, justesse vocale approximative quand le chant n’est pas tout simplement remplacé par des rales rauques… Mais je crois que ce qui met le plus ma patience à l’épreuve, c’est de constater que le reste de la salle passe un excellent moment. « Aigri ! » me direz-vous ? Oui, d’une certaine manière, bien sûr ! C’est qu’ayant payé ma place, j’aimerais aussi en avoir pour mon argent. Réaction un peu ridicule en tout cas qui ne s’explique que par cette fameuse surdose de live j’imagine.

Me reste de cette soirée quelques photos, et l’envie surtout de retrouver à nouveau les Belges sur scène pour ne pas rester sur cette impression mitigée, loin de cadrer avec la haute opinion que j’ai de leur album Wounded qui vient tout juste de sortir (enfin) en France chez Naïve.

Wave Machines

BRNS

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