On doit bien l’admettre après la découverte sur le web de deux EP, on est plutôt mordus des Wolves & Moons à la rédaction d’à l’écoute. Cela tombe bien car le groupe d’Amiens était de passage au Sentier des Halles le 24 mai dernier. Idéal pour voir si tout le bien que l’on pense de ce jeune groupe se confirme sur scène.

NiLem, en solo, se charge de la première partie. Le guitariste nous propose un set folk relativement court pour présenter son EP autoproduit Planter le Décor. Déception lorsque l’on se rend compte que la majorité des paroles sont en français. Sur Les fauves, le chant n’est d’ailleurs pas forcément de notre goût (Ben Harper en VF et en 2013, ça le fait moins) même si on apprécie grandement le talent du musicien. Son dernier morceau sera le meilleur : NiLem aura réussi à étoffer son jeu pour défendre un univers bien à lui.

Place au clan Wolves & Moons emmené par le franco-britannique Richard Allen. D’emblée, on reconnaît que la comparaison (physique) avec le défunt Kurt Cobain n’est pas fortuite. Dans la famille des loups, on pourrait ajouter la nonchalance d’un certain « Jon Snow », mais je sens que l’on s’égare. Les premiers arpèges introduisent Brother, on sait à ce moment que le picking tiendra une place prépondérante durant tout le concert. Cependant, il n’est pas question pour eux de se regarder jouer en offrant un tribut à Marcel Dadi. Non, la meute souhaite nous encercler avec un univers bien plus vaste : clavier, basse et percussions pour Louis Morati, batterie pour Jocelyn Soler, guitare électrique pour Maxime Picquart.

Un court instant, on les a sentis timorés, comme si le confinement du lieu les empêchait de se lâcher et les forçait à avancer « à pas de loups ». Mais très rapidement, les chaînes se sont brisées. C’est finalement sur les mélodies d’At The Time que l’équilibre peut se développer totalement. La complicité est bien présente pour un jeune groupe (la formation finale date de juin 2012). Les percussions font écho à la batterie, le clavier répond avec doigté aux deux guitares.

Les arrangements légèrement jazz de Laïdidaï ouvrent de nouveaux horizons et sortent des sentiers battus du folk. Sur le poignant et mélancoliqueWilder Lands, les choeurs, remplissent désormais les grands espaces et le chant semble trouver dans la nature un havre de paix. Une même émotion se retrouve sur Different Vision qui fait la part belle aux sonorités cristallines des guitares. À l’écoute de Time is All qui clôt le concert, ressurgissent alors nos premiers émois ressentis avec les Fleet Foxes. Un rappel aurait été le bienvenu après cette dizaine de titres qui nous laissent forcément sur notre faim (de loup) mais on ne rigole pas avec l’horaire ici. Pour nous consoler, les jeunes Picards seront de retour au Trois Baudets en septembre, puis en tournée à partir du mois de novembre.

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Crédit photos : ©2013 Benoît Barnéoud

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