Sigur Rós @ Nuits de Fourvières

Comme souvent pendant le festival, ce soir encore, le théâtre est plein. J’arrive un peu en retard sur mon programme et je me retrouve placé assez haut au milieu d’une foule de spectateurs divers dont de jeunes enfants qui commentent à peu près tout ce qu’ils voient. Ça s’annonce amusant. Et ils ont de quoi s’extasier, les gones, tellement le plateau est complexe. C’est pas vraiment étonnant, mais comme ça, de loin, j’ai du mal à distinguer tout ce qu’on va entendre !

Dès les premières notes, je me dis que je suis toujours aussi impressionné par ce chant si spécial. J’ai toujours écouté leurs disques d’une oreille distraite souvent vite lassé tout en me disant à chaque fois que la musique de Sigur Rós est fascinante et merveilleuse. Et on m’a déjà répété que sur scène, les concerts du groupe sont terribles. J’ai aussi déjà vu Jón Þór Birgisson, alias Jónsi, seul sur scène à Rock en Seine en 2010. J’ai une toute petite idée préconçue de la suite. Mais je suis rapidement remis à ma place.

Sigur Rós, c’est une dizaine de personnes sur scène, 11 pour être exact, 2 batteries , un bassiste, notre chanteur guitariste et 1 autre guitariste à l’arrière , 3 violons et une section cuivre formée de 3 musiciens, là aussi. Et après une entrée remarquable, dès le 2ème titre, on arrête de rigoler. Ca envoie la purée : stroboscopes, projecteurs et les grosses basses qui balancent ! J’ai même l’impression que ça fait vibrer la scène. Et puis, je commence à me dire que l’hyper production scénique bien que très impressionnante, ça ne fait pas tout. Les musiciens sont quand même un poil figés sur scène même s’ils bougent tout le temps pour changer d’instrument, y compris sur un même morceau. Le décor, le show lumière et les projections, c’est chouette. Mais bon, faudrait voir à nous faire décoller !

On va mettre cette vilaine première impression sur le dos de la fatigue, de la petite chaleur du jour. Car par la suite, alors que j’ai parfois l’habitude de prendre des petites notes, je n’ai plus rien noté. Je me suis fait totalement happer et prendre par la douce rêverie. J’ai flotté dans l’air avec le groupe et tout le public subjugué par les coups d’archers de Jonsi sur sa guitare, quasiment sa technique exclusive… à moins que ça ne soit le chant éthéré de l’ange qui se permet de tenir des notes avec une longueur provocante. Tout ça, c’est autour des mélodies qui commencent souvent raisonnablement pour terminer en apothéose vrombissante quasiment à chaque titre. Mes oreilles sont saouls et mon esprit est ailleurs, dans une autre dimension. C’est peut être les projections à l’arrière de la scène qui me prennent aussi. Tout le spectacle est d’une grande densité. L’intensité est telle que c’est comme si vous n’aviez pas le choix. Vous êtes là, vous êtes pris. Captifs et captivés.

Puis, sans savoir vraiment si c’est la fin, il y a eu la pluie de coussins. Elle est traditionnelle. Mais cette fois, elle commence avant la fin. Le public est conquis, se lève pour chaque titre et jette de-ci de-là les fameux amortisseurs fessiers. Le groupe en termine. Tous les coussins ne sont pas encore arrivés en bas. Le rappel est comme le reste du concert. Dingue ! Puis le groupe sort, revient nous saluer, ressort encore et revient une nouvelle fois saluer, tout plein de l’émotion du dernier concert de la tournée, le public qui en veut encore…

Je retrouverai seulement à la fin de mes notes ce petit mot : « C’est vraiment magique » … et désormais, jamais plus je écouterai Kveikur ou un autre album des Islandais de la même manière !

Sigur Rós @ Nuits de Fourvières

Sigur Rós @ Nuits de Fourvières

Sigur Rós @ Nuits de Fourvières

Sigur Rós @ Nuits de Fourvières

Sigur Rós @ Nuits de Fourvières

Sigur Rós @ Nuits de Fourvières

Sigur Rós @ Nuits de Fourvières

Sigur Rós @ Nuits de Fourvières

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Crédit photos : ©2013 Patrick Monin

 

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VOS COMMENTAIRES
JU
LE 07/08/2013 À 16H24

Jón Jósep Snæbjörnsson n’est pas le Jónsi chanteur de Sigur Rós. Le Jónsi en question ici est Jón Þór Birgisson!

BEB
LE 07/08/2013 À 17H40

C’est corrigé. Merci 🙂