Petite Noir

Lors des dernières CMJ, l’un des groupes en vogue se nommait Autre Ne Veut. J’avoue avoir trouvé à la fois ce nom ridicule et intriguant. Ridicule car il ne voulait rien dire dans la langue de Molière (enfin, c’est ce que je croyais).

Intriguant car il s’ajoutait à une liste déjà longue de formations étrangères ayant choisi un nom français. S’agissait-il d’une nouvelle mode, le Français paraissant particulièrement romantique pour nos amis Anglo-Saxons par exemple ?

J’ai donc décidé de creuser la question, et j’ai mis à contribution la rédaction d’à l’écoute pour opérer un petit recensement (non exhaustif) des groupes qui ont adopté un patronyme francophones. Voici une petite revue d’effectif en 15 groupes, les premiers remontant aux années 80/90, les derniers étant bien plus contemporains.

Cabaret Voltaire

Cabarets Voltaires est un groupe de Sheffield ayant sévi à la fin des années 70 et au début des années 80. Ils ont emprunté leur nom à un café zurichois où est né le mouvement dada. A l’époque du punk, eux choisiront la cold wave et participeront à créer le son qui fera par la suite le succès du label électro Warp.

Cabaret Voltaire – Just Fascination (vidéo)

Tom Verlaine

Thomas Miller, aka Tom Verlaine, est surtout connu pour avoir été le leader du groupe Television jusqu’en 1978. Après le split du groupe, il entame une carrière solo qu’il poursuit jusque dans les années 2000. Son patronyme, emprunté au poète français Paul Verlaine, aurait été choisi sous l’influence de Bob Dylan. En effet, ce dernier avait lui même décidé d’utiliser comme pseudo le nom d’un autre poète célèbre : Dylan Thomas.

Tom Verlaine – Ancient Egypt acoustic (vidéo)

Saint-Etienne

Saint-Etienne, groupe londonien d’électro-dance formé en 1990, doit son nom, non à la ville française, mais à son club de foot l’AS Saint-Etienne. Parmi les multiples succès des Anglais, on peut retenir par exemple la reprise du Week-end à Rome de Daho devenu He’s on the phone.

Saint Etienne – Pale Movie (vidéo)

Louis XIV

On plonge maintenant dans les années 2000 avec Louis XIV, groupe originaire de San Diego mais formé en 2003 à Paris par Jason Hill, Brian Karscig et Mark Maigaard. Selon wikipedia, leur premier album éponyme a été enregistré dans un sous-sol du « Spanish district » de la Ville Lumière… Je cherche encore où peut bien se trouver ce quartier espagnol parisien. Une idée ? 🙂

Louis XIV – Find Out True Love Is Blind (vidéo)

Eux Autres

Les Américains de Eux Autres, dont on avait fait la connaissance lors d’un concert en appartement organisé par notre ami Oliver, joue une musique à mi-chemin entre garage rock et pop française des années 60, Françoise Hardy en tête. Et si leur patronyme parait quelque peu disgracieux, c’est qu’il s’agit en réalité d’une expression québécoise désignant « les autres »…

Eux Autres – Right Again (vidéo)

Au Revoir Simone

On ne présente plus ce trio new-yorkais composée des 3 « électro-nymphettes » Erika, Annie et Heather. Le nom du groupe provient d’une réplique de Pee-wee’s Big Adventure, tout premier film en tant que réalisateur de Tim Burton. Durant l’une des scènes du film, une certaine Simone s’en va pour Paris et est saluée par le personnage principal, Pee-wee, d’un vigoureux et francophile « Au revoir, Simone ! » . Qui aurait imaginé que cette réplique fasse un aussi bon nom de groupe !

Au Revoir Simone – Somebody Who (vidéo)

Art Brut

Art Brut est un groupe créé par l’Anglais Eddie Argos en 2003. Le nom du groupe reprend le terme inventé par Jean Dubuffet pour désigner l’art créé par des personnes sans aucune culture artistique (et qui bien souvent sont des marginaux)… Peut-être une façon pour lui de prendre dès le départ une certaine distance avec son propre travail, qu’il aborde généralement avec humour et détachement (il créera d’ailleurs une « franchise Art Brut » qui permettra à d’autres groupes d’emprunter ce même nom et d’interpréter leurs chansons sur scène !).

Art Brut – Arizona Bay (vidéo)

Benoît Pioulard

Le premier conseil que l’on donnerait à un artiste français qui souhaite se lancer et qui s’appelle Benoît Pioulard, c’est très certainement de choisir un pseudonyme. Et bien c’est le chemin inverse qu’a réalisé le songwriter Américain Thomas Meluch en choisissant délibérément comme alter égo musical Benoît Pioulard… Un choix qui laisse songeur de ce côté-ci de l’Atlantique mais qui ne doit pas masquer le grand talent de ce prolifique musicien qui a sorti cette année son 4e album officiel : Hymnal.

Benoît Pioulard – Margin (vidéo)

Mariee Sioux

Petite soeur musicale d’Alela Diane, inspirée aussi bien par Joni Mitchell que par les chants sioux, cette « native américaine » a choisi un patronyme qui l’inscrit dans la droite ligne de son héritage amérindien. L’utilisation du mot « mariée » est peut être une référence aux premiers contacts entre le peuple sioux et les colons occidentaux, des marchands français débarqués sur le Nouveau Monde à la fin du XVIIe siècle.

Mariee Sioux – Swimming Through Stone (vidéo)

Bonaparte

Basé en Espagne et fondé par son leader suisse Tobias Jundt à la personnalité étrange, Bonaparte est un groupe punk allemand aux prestations live particulièrement déjantées. J’avoue ne pas en savoir beaucoup plus, y compris sur le choix de leur patronyme, dont je soupçonne tout de même qu’il définit assez bien la personnalité omnipotente de Jundt…

Bonaparte – Mañana Forever (vidéo)

Tristesse Contemporaine

Tristesse Contemporaine est un trio hétéroclite fondé à Paris et composé d’une Japonaise, d’un Suédois et d’un Anglais d’origine jamaïcaine. C’est après avoir composé leurs premiers morceaux et lorsqu’il fallut envisager de passer à la scène que ces 3 étrangers à Paris se sont penchés sur le choix d’un nom. C’est un livre datant du XIXe siècle traitant de morale qui le leur offrira. Choix parfait s’il en est, puisque le classicisme romantique de ce nom semble désigner un groupe connu de tous et depuis fort longtemps, alors que le trio a été créé en 2009 et reste tout à fait confidentiel !

Tristesse Contemporaine – Waiting (vidéo)

BRETON

BRETON fait partie des fers de lance de l’indie anglais, et ce depuis le début des années 2010. Adeptes des prestations live d’anthologie, ils avaient retourné la Route du Rock l’an dernier. Un festival qui pourrait leur aller comme un gant si « breton » désignait la région du même nom. Mais c’est à l’auteur français surréaliste André Breton que le groupe a emprunté son nom. Mais quelqu’en soit l’origine, BRETON reste le plus francophile des groupes Anglais et l’hexagone attend avec impatience leur 2nd album à venir dans les mois qui viennent.

BRETON – Interference (vidéo)

Autre Ne Veut

Autre Ne Veut, quel nom improbable pour un groupe et qui semble ne pas signifier grand chose pour nous Français ! Pourtant, Arthur Ashin, aka Autre Ne Veut donc, n’a pas choisi son pseudo via le traducteur automatique de google, mais en se rendant au MET (Metropolitan Museum of Art) de New-York. Il s’agit en effet d’une inscription présente sur l’ornement d’une robe bretonne du 15e siècle (sic). Cela dit, il y a peu de rapport entre cette devise médiévale et le style RnB de ce songwriter Américain dont on parle de plus en plus de l’autre côté de l’Atlantique.

Autre Ne Veut – Play By Play (vidéo)

METZ

METZ, c’est pour nous le nom d’une ville de l’est de la France, mais pour les Américains c’est au mieux le nom d’une équipe de baseball new-yorkaise (tout du moins phonétiquement), au pire un mot qui exprime à merveille la violence et l’efficacité de ce groupe de hardcore provenant de Toronto. Ces Canadiens renouvellent le genre et surtout prennent leurs distances avec les cohortes de folkeux que nous a offert le pays à la feuille d’érable ces dernières années. Pour les amateurs de gros son uniquement…!

METZ – Get Off (vidéo)

Petite Noir

Yannick Ilunga, alias Petite Noir, est né en Belgique mais a grandi en Afrique du Sud, où il a absorbé des influences aussi diverses que variées : Britney Spears, Morrissey, A$AP Rocky, Fela Kuti, Donovan ou encore Neon Indian… Il en a tiré un nom, Petite Noir, et un style musical, la « noirwave », qu’il décrit lui-même comme un mélange de New Wave et d’African music. Son très attendu 1er album devrait sortir en septembre ; il viendra le présenter lors du prochain Festival des Inrocks dont il devrait être l’une des principales attractions !

Petite Noir – Noirse (vidéo)

 

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