Blind Digital Citizen

La fin du mois d’août et des langueurs estivales est toujours un problème. Faut-il rester cloîtré chez soi pour ne pas voir le temps passer et attendre la grande ruée des premiers jours de septembre ? Ou au contraire se doter d’un emploi du temps plus rempli que le périph’ un Vendredi soir ? Le magazine Tsugi a décidé de répondre à la normande par un entre-deux électrisant en conviant à l’occasion de son 6e anniversaire les agitateurs de Blind Digital Citizen.

Dispensant un tourbillon sonore brûlant et froid à la fois, et des textes chantés-parlés dans la langue de Molière,  le quartet est sans aucun doute l’une des grandes révélations labellisées France de ces dernières années. Après avoir assuré quelques premières parties, comme celle de Poliça en mars dernier dans ces mêmes lieux, et une tête d’affiche au Point FMR en juin, les Blind Digital Citizen peuvent s’attendre à voir leur cote monter sereinement.

Dès les premières notes de leur hymne Reykjavik 402, le public s’est rapidement massé dans la fosse pour se faire submerger par les coups sourds de la batterie. Le groupe fait rapidement apparaître ses deux visages : des titres abrasifs qui tirent le meilleur des tout premiers temps de la new wave avec basse slappée, claviers glaçants et batterie cinglante (War, Enfant Flamme) – et des paysages sonores incroyables bâtis sur des nappes fantômatiques aux synthés (Valhalla, Tropicalism, Strauss). Avec des paroles énigmatiques (« Le meilleur est à venir / L’avenir est ici »), à la limite du spoken word, les Blind Digital Citizen se construisent sous la haute hérédité d’un Bashung mâtiné d’électro sauvage.

Peu disert sur scène, le groupe privilégie la dimension collective aux dépens des individualités qui le composent, s’effaçant derrière des lumières vives, et accompagnant ses fulgurances sonores d’images tout aussi étranges, alternant dinosaures, fleurs et papillons. On aurait cependant tort de limiter les Blind Digital Citizen à une vague de groupes construits sur des effets visuels, l’énergie primale déployée sur scène les fait entrer directement dans la catégorie de ceux qui compteront demain. On est encore loin des emballements médiatiques de Fauve, mais on tient peut-être enfin un vrai successeur au grand duo Diabologum.

L’avenir est à eux et on a hâte de les voir partir vers d’autres horizons.

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La setlist :

Reykjavik 402
Gift
Enfant Flamme
Mother
Ravi
Tropicalism
Dvek
Valhalla
War

 

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