Shaggy Dogs

Le Café de la Danse n’est pas loin d’être plein ce soir-là. L’ambiance est joyeuse, voire presque familiale. Oubliés les concerts de rock indé au public de hipsters coincés. Ici tout le monde semble se connaître et se parle comme ils interpellent le groupe. C’est comme si les Shaggy Dogs qui jouent en première partie de cette soirée Soul & Rock étaient venus avec tous leurs potes. Il y a dans le public tous les âges.

Red, le chanteur qui n’a pas la langue dans sa poche, nous raconte mi-mécontent, mi-moqueur qu’une chronique les ait qualifié de groupe de quinquagénaires. Tous quinquas qu’ils sont, ils ne manquent pas d’énergie. A seulement quatre en scène, ils enflamment vite la scène du Café au son de leur fiesta blues’n’roll comme ils aiment à appeler leur style de musique, se moquant surtout des catégorisations qui sont légion dans le monde de la musique.

Dotés d’une section rythmique irréprochable, les Franciliens enchaînent avec professionnalisme leurs titres revanchards. Passant de morceaux super blues comme leave my heart alone à  d’autres plus heavy rock comme Voodoo King, ils assurent le set sans stresse. Leur leader, harmoniciste chevronné, réussit à maintenir un contact permanent avec le public. Un joli moment du concert aura été son solo d’harmonica déjanté à travers les escaliers de la salle, au milieu du public. Des chemises à jabot rouges sous complets noirs aux cinglants solos de guitare, ce fiesta blues’n’roll fonctionne bien. Qu’on se le dise bien, la renegade party est loin d’être finie.

The Excitements

On reste dans une ambiance à la Blues Brothers pour cette deuxième partie du concert. The Excitements, débarqués tout droit de Barcelone, démarrent leur set par une introduction instrumentale des six musiciens en costume cravate. Arrive très vite, en robe à longues franges, leur jolie chanteuse Koko-Jean Davis. Originaire du Mozambique, ce petit bout de femme dont le physique contraste avec sa voix si puissante, a passé une partie de sa vie aux Etats-Unis où elle s’est essayée à différents genre, du gospel à la bossa nova. Sa rencontre en 2010 à Barcelone avec des bluesmen confirmés sera le début de l’aventure des The Excitments.

Plus « soul » que le groupe précédent, les Catalans sont pourvus d’une section de cuivres qui complète bien l’ensemble, donnant un petit côté Otis Redding à certains morceaux plus lents, comme notamment, l’émouvant Ive bet and Ive lost again. La voix et l’énergie scénique de la chanteuse tiennent le public en haleine. Montée sur ressorts, elle danse, elle coure, elle tourne sur elle-même, elle se met à genoux, elle veut savoir si «everyone is having a good time ».

Les musiciens se donnent aussi un peu en spectacle, faisant quelques chorégraphies en balançant leurs guitares en rythme pendant qu’ils jouent. Si The excitments est un bon groupe de reprises, leurs compositions sont aussi dans la musique comme dans les textes bien des produits souls. La chanteuse introduit souvent les morceaux avec des interludes aux airs féministes, prenant l’attitude de la bad girl, bien déterminée à ne pas se laisser marcher sur les pieds par les hommes, mais finit toujours par scander au micro comme le veut la tradition des I need you so bad ou des youve been gone so long, and I am begging you to pleaaaaaase come on home. C’est ce que raconte la soul.

Rappelés par les ovations du public, le groupe fera un rappel, avec elle dans une autre robe à franges courtes cette fois, sortant ses tripes jusqu’à la fin. « Merci Paris ! ». Merci The Excitements !

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Crédits photo : ©2013 Anne Lacaud

 

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