Trabendo - 20/11/13

Broken Twin

C’est devant un Trabendo plein à craquer et impatient d’accueillir Daughter de passage à Paris que Broken Twin s’est chargé d’ouvrir la soirée. N’ayant pourtant sorti qu’un EP (Hold on To Nothing), Majke Voss Romme et son acolyte Nils Gröndahl nous ont conquis dès les premières notes. Il faut dire que malgré la simplicité de la formation les compositions délivrées ce soir se sont révélées diablement efficaces.

Avec ce petit quelque chose dans la voix de Majke qui nous obsède en ravivant le spectre de la très regrettée Trish Keenan. Et pourtant tout les sépare de la pop futuriste de Broadcast. Sauf peut être ces sonorités enneigées qui parviennent à nous glacer jusqu’aux os.

Sensation largement renforcée par un violon fou, omniprésent jusqu’à la sursaturation. Au regard des nouveaux titres présentés ce soir, Broken Twin nous prépare un très beau premier disque pour 2014.

Daugther

Daughter

Malgré les précédents articles parus sur à l’écoute, je confesse être passé complètement à côté du phénomène Daughter. Non par désintérêt… mais parfois on a juste l’impression que le flot des nouveautés nous submerge. Alors on fait des choix. Et on cherche à se rassurer. Ainsi plutôt que de risquer de perdre un précieux temps d’écoute avec un artiste inconnu, on préfère se tourner vers un deuxième album de The XX ou un quatrième Beach House. Et c’est comme cela que l’on rate les premiers EP (His Young Heart, The Wild Love). Idem pour le premier LP de Daughter sorti en mars (If You Leave).

Malgré donc une méconnaissance totalement assumée du groupe, il n’a fallu qu’une vingtaine de secondes pour adhérer à la sensibilité et à la fragilité du quatuor. Les sentiments que cherchent à nous transmettre les londoniens sont perceptibles dans le regard de verre d’Elena Tonra et le son cristallin du groupe. Daughter sur scène, ce sont aussi des mélodies déprimantes entrecoupées de fous-rires, voire même de rires francs au milieu des titres, qui traduisent une joie affichée de se retrouver face à un public tout acquis à sa cause. Un paradoxe simplement résumé dans les textes de Landfill « ’cause I want you so much but I hate your guts ».

Daughter

Lors de la seconde partie du set, le soufflé retombe légèrement, passée la première excitation. La faute aux mélodies moins accrocheuses des morceaux les plus récents peut être ? Un second souffle accompagnera toutefois la fin du concert grâce aux 2 derniers titres du set principal Youth et Home, et surtout à Get Lucky interprété lors du rappel, reprise que nous avions déjà repérée dans nos colonnes.

Au final, malgré une légère baisse de régime sur la fin, ces quelques heures au Trabendo se sont révélées intenses et particulièrement émouvantes. Désormais, lorsque l’on ferme les yeux, c’est cette curieuse image d’un sourire triste qui reste imprimée et continuera de nous hanter longtemps, très longtemps après la dernière note du groupe…

Daughter

—–

Setlist :

Still / Amsterdam / Love / Landfill / Winter / Candles / Shallows / Human / Smother / Tomorrow / Youth / Home / Rappel : Get Lucky

——

Crédits photos : ©2013 Benoît Barnéoud
 

Tags :

VOS COMMENTAIRES
Les commentaires sont fermés pour ce billet