Lost Lander, l’interview (1/2) 

Publié par le 19 février 2014

Lost Lander - Interview - 06/02/14

Nous avions découvert Lost Lander au détour d’une newsletter de Ramona Falls. Celle-ci vantait le nouveau projet solo du guitariste du groupe, Matt Sheehy. C’était en juin 2011. Depuis, le projet s’est transformé en groupe, et le groupe a produit un album DRRT qui a marqué notre année 2012.

C’est donc avec un immense plaisir que nous sommes allés les applaudir lors de leur passage à Paris à l’International et le lendemain lors d’un concert à la maison d’anthologie organisé par notre ami Oliver. Et c’est entre ces deux très belles soirées que les quatre musiciens originaires de Portland m’ont consacré une heure de leur temps pour une interview aussi riche qu’agréable. Tellement riche que vous la découvrirez en 2 parties !

Comment a débuté Lost Lander ?

Matt : Initialement, j’ai débuté Lost Lander comme un projet solo. J’ai ensuite demandé à Brent Knopf [ex-Menomena et leader de Ramona Falls] de me rejoindre en tant que producteur. Son aura et son talent sont tels que le projet a rapidement évolué et attiré de nouvelles personnes, elles-mêmes extrêmement talentueuses. Et ce qui avait commencé comme un « simple » projet solo s’est transformé en ce que j’aime appeler un collectif.

Et comment s’est faite la rencontre avec Brent Knopf ?

Matt : Je connais Brent depuis 8 ans. On s’est rencontré sur le tournage du tout premier clip de Menomena…

Sarah : Il jouait un monstre fait de détritus. [rires]

Matt : Après le tournage, on est resté en contact et on a fini par devenir amis. Il m’a ensuite donné un petit coup de main pour mon premier album solo [Tigerphobia]. Et lorsqu’il a créé Ramona Falls, il m’a proposé de jouer la guitare en concert. J’ai accepté et je me suis retrouvé à tourner avec le groupe pendant trois ans. Dave, qui fait également partie de Ramona Falls, s’est joint au groupe un an après mon arrivée.

Comment s’est déroulé l’enregistrement de DRRT ?

Matt : L’architecture de la plupart des morceaux était prête avant d’entrer en studio. J’avais préparé des démos où l’on pouvait entendre le chant et la guitare. Une fois en studio, on demandait aux musiciens d’improviser sur ces trames et on rassemblait ensuite les impros sur un ordinateur. Cela nous permettait ensuite de « triturer » toutes ces séquences pour construire les arrangements de chaque titre.

Un peu comme un patchwork ?

Matt : Oui, exactement. Ce qui est génial avec cette méthode, c’est qu’elle laisse libre court à la spontanéité des musiciens. Par contre, cette méthode demande énormément de travail devant l’ordinateur ensuite pour finaliser les morceaux.

Suite à l’enregistrement, vous avez lancé un « crowdfunding » pour lever des fonds pour l’artwork et la promotion de l’album et le financement d’une tournée. Etait-ce volontaire de votre part de se passer d’une maison de disque ?

Matt : Pas vraiment. Après le passage en studio, le groupe n’avait toujours pas de nom et nous avions à peine commencé à répéter ensemble. Nous n’avions fait à ce moment aucune scène, et les labels sont un peu frileux lorsqu’il s’agit de signer un groupe aussi inexpérimenté…

Même avec le soutien et la participation de quelqu’un comme Brent Knopf ?

Matt : Une petite maison de disque était bien intéressée, mais lorsque le responsable des financements nous a suggéré de lancer un crowdfunding, nous avons repris l’idée à notre compte. Ce que l’on nous proposait, nous pouvions le faire nous-même avec un peu d’initiative et l’argent de la collecte. Pourquoi partager avec quelqu’un d’autre ?

Parlons un peu de votre musique : quelles sont vos influences ?

Matt : Peter Gabriel et Genesis, The National… Nous avons pas mal écouté Robyn dans le van, ainsi qu’un groupe canadien qui s’appelle Royal Canoe. J’aime en général les chansons pop bien catchy, mais elles doivent raconter une histoire.

Patrick : Nous partageons pas mal de références communes, principalement des groupes des années 90, mais nous avons évidemment chacun nos propres influences. Personnellement, j’aime écouter des choses un peu plus rock, mais cela ne va pas forcément s’entendre dans ma façon de jouer… ou en tout cas pas directement.

David : Stone Temple Pilots !

Patrick : Ah oui, j’adore Stone Temple Pilots !!!

Sarah : Tu peux écrire ça : ça sonne exactement comme Stone Temple Pilots [rires]

Votre son est malgré tout assez unique, alors que les revivals se succèdent depuis les années 2000 : synthé-pop des 80’s, psyché-rock des 70’s, et plus récemment grunge des 90’s…

Sarah : Nous sommes la synthèse de tout ça en fait. Notre objectif est d’avoir une musique qui semble familière sans pour autant avoir l’air datée.

Matt : Il faut savoir faire confiance à son instinct. Nous n’entrons pas en studio pour enregistrer un album « à la Depeche Mode » par exemple… Travaillons notre son et voyons où cela nous mène. Nous n’avons aucune idée du produit fini lorsqu’on débute un enregistrement.

Depuis quelques années, Portland a vu émerger des artistes aussi fascinants que Portugal. The Man, M. Ward, Loch Lomond, Menomena ou Ramona Falls bien sûr… Portland serait-il le nouveau Brooklyn ?

Sarah : Complètement ! Portland possède une scène artistique, et en particulier musicale, incroyable. La vie y est à la fois agréable et suffisamment abordable pour attirer continuellement de nouveaux artistes. Mais comme de plus en plus de monde s’y intéresse, du coup les prix grimpent !

Matt : Je n’ai jamais vécu à Brooklyn, mais à Portland, il existe une véritable communauté au sein de laquelle tous les groupes se connaissent et s’entraident. Il y a une émulation entre les musiciens, tout le monde s’échange ses plans de concerts, de tournées… Les Loch Lomond nous ont par exemple donné des indications pour organiser notre propre tournée en Europe !

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Suite de l’interview demain !

 

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