Lost Lander, l’interview (2/2) 

Publié par le 21 février 2014

Lost Lander - Interview - 06/02/14

Suite de l’interview de Lost Lander où l’on apprend entre autres que le second album est bien entamé et quelles sont les différences entre les publics russe, allemand et français…

Que pensez-vous justement de votre tournée européenne ? Est-ce très différent des Etats-Unis ?

Sarah : C’est évidemment très différent des Etats-Unis : la barrière de la langue, les différences culturelles, les distances à parcourir qui sont un peu moins longues… Tu dois savoir que lorsque tu es en tournée, tu te recentres sur tes besoins les plus primaires, ce sont eux qui font la différence : combien de temps jusqu’à la prochaine étape ? Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Où est-ce qu’on dort ?

Mais pour moi qui n’avais jamais été en Europe auparavant, il y a malgré tout l’attrait de la nouveauté : à chaque que l’on arrive dans une nouvelle ville, je passe mon temps à dire « wouah ! wouah ! WOUAH ! »

Et du point de vue du public ?

Matt : On ressent vraiment les différences culturelles lorsqu’on passe d’un public à l’autre.

En Allemagne par exemple, les gens sont très respectueux, très attentifs. Ce n’est qu’après le concert que j’ai vraiment su ce que les gens pensaient, lorsque notre première partie qui est allemande est venue nous dire que tout le monde avait adoré ! Mais si on compare aux Etats-Unis, la salle était vraiment silencieuse…

En Russie, c’était l’inverse : le public guettait la moindre opportunité de chanter et de taper dans les mains. Les Russes adorent participer et pour un groupe, c’est vraiment excitant !

Et hier, à l’International ?

Matt : [Il marque une légère hésitation] Hier ? C’était génial ! J’avais un peu peur que le public parisien soit difficile à convaincre… mais ils ont été fantastiques.

Sarah : Il y avait ce couple au premier rang… ils n’ont pas arrêté de s’embrasser pendant tout le concert ! Lorsque le garçon me regardait, sa copine lui tournait la tête vers Matt. Pendant 5 minutes, ils se sont bagarrés, poussant mon retour, puis se sont mis à s’embrasser à nouveau. C’était tellement passionné, tellement « français » !

Je crois que ce qui m’a le plus surpris, que cela soit en Allemagne, en Russie ou en France, ce sont tous ces gens qui se sont déplacés spécialement pour nous voir à chaque fois. Je pensais qu’il n’y aurait pas plus de quinze personnes par concert. C’était incroyable.

Vous avez joué beaucoup de nouvelles chansons hier soir. Est-ce que vous composez en tournée et comment se passe la création des nouveaux morceaux, maintenant que vous êtes un « vrai » groupe ?

Matt : Non, il aurait été impossible de composer pendant cette tournée. Les morceaux étaient déjà prêts avant de partir en Europe. Cela nous a d’ailleurs permis de faire un break, ce qui est une bonne chose.

Et pour ce qui est de la création des nouveaux morceaux, nous utilisons une méthode proposée par Brent. Généralement, j’enregistre la trame d’un nouveau titre que je partage via dropbox. Les autres membres du groupe peuvent ensuite réagir dessus. Patrick est souvent, à ce stade, le plus actif : il propose des parties de batterie ou de synthé, toujours via dropbox. L’étape d’après consiste à enregistrer les voix avec Sarah. Et lorsqu’on a suffisamment de morceaux aboutis, le groupe se réunit à la campagne pour des sessions de travail. Nous jouons chaque titre, les retravaillons jusqu’à en finaliser la structure.

Cela nous a permis d’avoir 16 chansons prêtes il y a 2 mois de cela. Quelques jours avant de partir en tournée, nous sommes entrés en studio où nous avons repris la méthode du premier album : les musiciens se sont succédé pendant 5 jours pour improviser sur les structures existantes et nous avons récupéré l’ensemble des séquences enregistrées qui permettront de finaliser les arrangements. Il reste à faire maintenant le plus compliqué : faire le tri entre toutes les directions qui ont été ébauchées pour finalement n’en choisir qu’une…

N’est-ce pas là justement le rôle du producteur ?

Matt : Effectivement. Mais pour notre second album, je joue également le rôle de coproducteur. Nous avons tellement de matériel issu des sessions d’enregistrements et Brent doit se concentrer sur le nouvel album de Ramona Falls… L’objectif est donc de faire appel à lui lorsque sa contribution est la plus utile, car nous avons tous envie d’entendre un nouvel album de Ramona Falls ! [sourires]

Sarah : A la différence du premier album où Matt et Brent étaient les têtes pensantes du projet, Lost Lander est aujourd’hui un vrai groupe. Chaque membre peut donc exprimer son avis sur les directions artistiques à prendre.

Matt : Et puis le cerveau de Brent va tellement vite qu’il faut être capable de faire le tri entre toutes ses idées. Vous lui faites écouter un morceau, il se met au piano, et sans même en connaître la tonalité il va vous jouer un truc incroyable ! Et il est capable de faire cela dix fois d’affilée. Cela signifie qu’il faut être capable de rejeter 90% de ses propositions pour n’en garder que 10%…

Avez-vous envisagé la façon dont vous souhaitez sortir votre prochain album ? Avec ou sans maison de disque ?

Sarah : Nous n’avons rien décidé encore. Aujourd’hui, un label peut faire beaucoup pour toi, mais tu peux également faire beaucoup sans label. Il est probable que si nous souhaitons tourner plus souvent en Europe à l’avenir, il nous faudra avoir un label de ce côté de l’Atlantique. Mais aux Etats-Unis, cela ne semble pas être une nécessité absolue. Probablement parce que nous avons l’expérience et les relations qui vont bien. Signer sur un label demande d’avoir confiance, car en plus de prendre de l’argent, ils prennent également une partie de tes droits. C’est un peu comme si tu leur donnais la garde de tes enfants : tu ne vas pas les confier à n’importe qui…

Matt : Nous ne sommes pas contre signer sur un label. Nous serions ravis qu’une maison de disques américaine souhaite faire un gros investissement sur notre second album. Mais nous ne sommes pas obnubilés par ça. Nous devons avant tout finir l’album !

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Merci une fois encore au groupe pour sa disponibilité, à John d’avoir rendu cette interview possible et à Xavier Bousquet de l’excellent restaurant Le Cette qui nous a accueilli avec une infinie gentillesse chez lui.

 

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