Courtney Barnett @ Divan du Monde - 14/02/14

Chaque année depuis 17 ans, le festival Les femmes s’en mêlent braque ses projecteurs sur la jeune scène indépendante féminine. Séance d’ouverture du festival,  la soirée En attendant les femmes s’en mêlent avait convié cette année Mariam The Believer et Courtney Barnett en tête d’affiche.

Mariam The Believer

Avec cette programmation, le festival a montré d’entrée de jeu son éclectisme. Appartenance à la gente féminine mise à part, peu de points communs entre les deux artistes de ce soir. Mariam The Believer, au contraire de Courtney Barnett, semble peu à l’aise dans son époque et tout, de la voix à la tenue de scène, semble évoquer l’âge d’or perdu des 70’. A priori, pourquoi pas… Foxygen, et plus récemment Temples, nous ont prouvé qu’en 2014, ce son peut encore faire frémir et danser.

Mariam The Believer @ Divan du Monde - 14/02/14

Cependant, de la part de Mariam, je n’ai personnellement pas réussi à y croire. Malgré un fort potentiel vocal et de très bons musiciens, son manque de modestie et de naturel ont gâché la fête. Ses vocalises envoûtées et ses séries de cris stridents ont constitué autant de barrière entre la scène et le public. A un seul moment, lors du troisième morceau, The String of Everything, la jeune Suédoise a réussi à nous toucher en baissant les armes. Preuve que l’art était là mais qu’il a manqué la manière.

Courtney Barnett

En voyant Courtney Barnett entrer sur scène, je me suis demandé si la première partie n’avait pas eu pour seule fonction de souligner, par la négative, le naturel, la candeur, l’insolence et la fraîcheur de cette jeune Australienne et de ses deux musiciens que l’on attendait avec d’autant plus d’impatience.

Courtney Barnett @ Divan du Monde - 14/02/14

Courtney ne cherche pas à impressionner, c’est à prendre ou à laisser.

Pas mieux coiffée que d’habitude, vêtue d’un jean et d’un t-shirt noir froissé, Courtney Barnett se présente à son public avec la même sincérité qui anime ses textes et sa façon de chanter, toujours très juste mais jamais forcée. Courtney ne cherche pas à impressionner, c’est à prendre ou à laisser.

Cet esprit grunge était déjà palpable à l’écoute de l’album : qualifié de folk, il en a la nonchalance mais pas le côté léché et un peu sage de nombreux chefs d’œuvre du genre. De même, point de balades acoustiques mais un son toujours très électrique qui s’affirme davantage sur scène. Sa guitare se fait plus saturée encore, la basse et la batterie redoublent d’énergie. Certains morceaux comme le tube Avant Gardener sont accélérés, de même qu’Anonymous Club, le plus calme de l’album. L’ensemble était donc résolument rock et énergique, sans concession mais tout en douceur.

Courtney Barnett @ Divan du Monde - 14/02/14

Moins prévisible était la complicité clairement affichée entre les différents membres de ce trio, que l’on aurait désormais envie de qualifier de groupe. Très timides au début, ils ont enchaîné les différents morceaux sans vraiment parler au public et le regard au loin mais, petit à petit, l’ambiance fut plus intime, les langues se délièrent, les regards se firent de plus en plus tendres et les sourires communicatifs. Ils étaient très heureux, nous ont-ils dit, de passer ce 14 février, jour de St Glinglin, dans la capitale de l’Amour.

Actuellement en tournée, ils participeront à de nombreux festivals cet été et, au vu du nombre conséquent de morceaux inédits qu’ils ont joués, ils ne devraient pas tarder à remonter sur scène pour un deuxième album. On y sera !

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Crédit photos : ©2014 Julien Duclos
 
 

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