Fanfarlo @ La Maroquinerie - 24/02/14

Qu’attendre de Fanfarlo pour ce nouveau passage à Paris suite à la sortie de leur troisième album Let’s Go Extinct ?

Plus grand chose de plus, tant leur premier album Reservoir sorti en 2009 nous avait profondément enthousiasmés. Le buzz inattendu qu’a connu la formation anglaise formée par le suédois Simon Balthazar aurait pu violemment retomber et le groupe sombrer dans l’oubli. Et pourtant nous voilà ici ce soir, fidèles et présents au premier rang.

Lilies on Mars

La salle à moitié pleine accueille la première partie. Lilies on Mars est de ces groupes qui doivent partager les foules. Surtout ceux qui sont venus à La Maroquinerie pour écouter Fanfarlo et qui les découvrent pour la première fois sur scène. Le choix est particulièrement audacieux lorsque l’on compare a posteriori avec le set délivré par Fanfarlo. Le duo anglo-italien qui s’auto-étiquette « alternative dream pop experimental indie psychedelic pop shoegaze » (rien que ça !) aura très vite réussi à nous étonner.

Lilies on Mars @ La Maroquinerie - 24/02/14

Avec leurs synthés et orgues électroniques aux teintes rétro futuristes et leurs mélodies pour extra-terrestres, une angoisse me saisit : dans quelle secte me suis-je retrouvé ? Et pourtant la matière noire bruitée se désintègre peu à peu laissant place à une lumière blanche et harmonique. Et mes premiers émois avec Prince Rama resurgissent : il me suffit simplement de me laisser porter par cette musique pas comme les autres. Pour le dernier morceau, accompagnées par Cathy à la basse et Valentina à la batterie (la part féminine de Fanfarlo), les Lilies on Mars nous divulgueront un rock plus accrocheur qui mettra enfin tout le monde d’accord.

Fanfarlo

Pour emmener son public en terrain connu, Fanfarlo sait prendre par les sentiments en entamant un Ghosts. Les premières mesures annoncent un concert printanier avant l’heure aux cuivres luxuriants (qui a dit pompier ?) et aux arrangements (violons, pianos) lumineux. Alternant entre les trois albums mais en piochant allègrement dans le répertoire de Reservoir, les cinq musiciens sur scène démontreront un engagement sans faille et une sincère ferveur entièrement dévouée à leur public.

Fanfarlo @ La Maroquinerie - 24/02/14

Il en ressort une musique rafraîchissante, toujours candide, parfois naïve mais profondément honnête comme le prouve cette complicité entre Simon et Leon sur les duos de saxo et de trompette. Accompagné de sa bouteille de blanc bien vidée, Simon tentera de démarrer I’m A Pilot en version acoustique. Une version tellement acoustique qu’aucun son ne ressortira de la guitare. Tant pis, mais le morceau sera repris à la fin du concert. Pour se rattraper nous aurons droit à un somptueux Vostok I Know You Are Waiting exécuté au piano solo.

 Fanfarlo @ La Maroquinerie - 24/02/14

En rappel, on retiendra d’abord le fabuleux Let’s Go Extinct qui clôt l’album du même nom. Alors que le reste des compositions de Fanfarlo sont fortement teintées de Beirut et d’Arcade Fire, celle-ci trouve une nouvelle muse avec le Beach House de Take Care. Certainement le moment le plus émouvant de la soirée. L’exécution du tube The Walls Are Coming Down sera juste pour notre plaisir ; la petite cerise sur le gâteau remplit de crème anglaise.

Au final, aucune surprise (mais ça on le savait déjà), cependant un très beau concert, avec plus de saveur qu’il n’y paraît, et la découverte de nouveaux morceaux de Let’s Go Extinct qui nous laisseront rêveurs.

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Crédit photos : ©2014 Julien Duclos

 

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