Pias Nite @ La Flèche d'Or -  2014.04.04

Comme souvent, la [Pias]Nites affiche complet. Dès 19 h, la file d’attente s’allonge devant la Flèche d’Or. Il faut dire que le line-up est plutôt alléchant : la folk ouateuse des Smoke Fairies, la country ravageuse des Lucius et les cinématiques Timber Timbre.

Smoke Fairies

Malgré des collaborations qui forcent le respect (Jack White, Bryan Ferry), les Smoke Fairies entrent sur scène avec la fraîcheur des premières fois, impression appuyée par leurs costumes blancs d’adolescentes lolycéennes faisant le mur pour aller chanter dans les bars. Quelques morceaux suffisent à apprécier leur maîtrise. Les musicien(ne)s passent d’un instrument à l’autre au gré des titres blues, folk et mêmes quelques envolées de rock psychédélique.

Pias Nite @ La Flèche d'Or -  2014.04.04

Mais alors que le côté intime de la Flèche d’Or devrait être le cadre idéal pour que s’épanouissent leurs douces mélodies, le son a du mal à occuper l’espace et à vous envelopper comme à l’écoute de leurs albums. On gardera malgré tout un beau souvenir du titre Eclipse them all. Pour son rythme langoureux, pour la voix caressante de Jessica Davies.

Lucius

D’abord, les garçons en costumes 3 pièces impeccables viennent installer les instruments. On comprend vite que les percussions vont être à l’honneur. La disposition des instruments forme un V ou une flèche (d’or ?), pointée vers le public.

Pias Nite @ La Flèche d'Or -  2014.04.04

Dès les 1eres notes, la flèche part droit dans le public et incendie la foule. Toutes de sequins vêtues, perruques peroxydées et chaussures en vinyle transparent, les filles commencent avec Tempest et bluffent d’emblée par leur harmonie et leur puissance vocale. Le groupe déploie une énergie énorme et communicative. Jess Wolfe en tête. On a plaisir à voir leur plaisir de jouer et de chanter ensemble. Leur son country et 60’s ( le groupe cite Sam Cooke, Ottis Redding comme influences) est dépaysant et rafraichissant comme une bataille d’eau un jour d’été étouffant.

Pias Nite @ La Flèche d'Or -  2014.04.04

La setlist, recentrée sur les morceaux les plus pêchus de l’album, est une véritable déflagration. Ce qui n’empêche pas quelques titres plus lents comme Go Home de trouver leur place au milieu de ce débordement de vocalises et de percussions. Tout est bon pour créer un rythme enivrant : batteries, cloches, tambourins, mains…

À la fin d’un set qu’on trouve bien sûr trop court, encore sous le choc de ce tsunami musical, on se dit qu’on n’a pas fini d’entendre parler de Lucius, et c’est tant mieux !

Timber Timbre

Chauffé à blanc par les Lucius, le public aura juste le temps de se désaltérer avant d’être aspiré par l’univers de Timber Timbre. Plongée dans le noir complet, la salle retrouve lentement quelques bribes de lumières rougeoyantes grâce à quelques ampoules vacillantes, à mesure que l’orgue imitant le battement d’un cœur annonce un concert organique.

Les premiers titres, Grand Canyon et Beat the Drum Slowly, installent d’emblée l’ambiance Timber Timbre, cette sensation de survol des grandes plaines de l’Ouest américain.

Pias Nite @ La Flèche d'Or -  2014.04.04

À mesure que le concert progresse, les guitares se font plus rêches, les réverbérations ralentissent le mouvement, les chansons s’enlisent dans une sorte de sur-place lynchéen inquiétant. Après les grands espaces, c’est la moiteur d’un saloon perdu aux fins fonds du Midwest que nous proposent Taylor Kirk et sa bande. Entre deux titres, impeccable dans son rôle de crooner impassible, ce dernier marmonne quelques mots destinés à la gent féminine : « You and me », « Mon petit cornichon » qui ne laissent pas insensible quelques jeunes filles dans les premiers rangs.

Pias Nite @ La Flèche d'Or -  2014.04.04

Le public est acquis au groupe et salue chaque nouveau titre par des holàs appuyés, l’euphorie culminant sur des titres comme Hot Dreams ou Black Water. Sur la fin, l’attention se relâche un peu car même si le groupe assure musicalement, même si l’univers est captivant, la lenteur et les silences s’éternisant entre deux titres finissent par avoir raison de la patience d’une partie du public.

Les effets secondaires d’un concert de Timber Timbre mettant un certain temps à se dissiper, on sort de la Flèche d’Or encore un peu groggy, la tête ailleurs, dans ces paysages obsédants d’une Amérique fantasmée qu’on n’a pas vraiment envie de quitter.

Pias Nite @ La Flèche d'Or -  2014.04.04

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Crédit photos : ©2014 Julien Duclos. Toutes les photos de la soirée sont disponibles ici.
 

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