Timber Timbre - Hot Dreams

Dès les premières notes, l’ambiance est jetée, Beat The Drum Slowly, l’entame de ce 5e album, c’est comme une impression de quasi bien être et assurément l’envie de se poser au milieu du désert pour prendre son temps et apprécier la suite.

On se retrouve immédiatement projeté dans l’univers de Timber Timbre qu’on avait déjà pu apprécier, il y a quasiment 3 ans, lorsqu’on avait élu son précédent album éponyme meilleur groupe du monde !

Après la « balade » folk, enchaînement sans transition avec l’intime et personnel Hot Dreams. Moins sombre, le morceau est presque chaleureux avec sa soul envoutante.

Et c’est comme une ouverture ou une confidence déposée dans l’oreille d’un ami, peut être celle du saxophoniste Colin Stetson, dont le final n’en finit pas de finir.

Et plus on avance, plus on s’enfonce dans un doux rêve au gout de plus en plus amer pour arriver au summum de l’angoisse avec l’instrumental, Resurrection Drive Part II, digne de la bande son de je ne sais quel chef d’oeuvre de l’angoisse cinématographique. Puis, comme une pause, on repart dans la plaine avec Grand Canyon, on respire à nouveau. Avant de se retrouver à nouveau perdu avec The Low Commotion. Pour une fois, j’ai l’impression de saisir comme un jeu de mot, une preuve que Taylor Kirk pourrait être presque drôle et léger ?

Tout l’album est emmené par la voix de crooner du Canadien, impeccable, accompagnée d’une orchestration de rêve : clavier posé et saxophone lancinant, autour des guitares parfaitement ajustées et basses lourdes à souhait. Les choeurs, les cordes participent à mettre au point avec perfection les images qui défilent dans nos tête à l’écoute des 10 titres.

Difficile de décrire réellement l’ambiance de ce Hot Dreams, à la fois pesant, plein de mélancolie et pourtant plus léger que ses prédécesseurs. Mais on peut quand même retenir qu’il est toujours très cinématographique. Logique, me direz vous, pour un ancien étudiant en art et auteur de quelques films expérimentaux. Ce nouvel opus approche l’accord parfait entre l’univers « visuel » et sonore du groupe. Il résonne comme la maturité pour Kirk, son compère de Montréal, Simon Trottier et la violoniste Mika Posen.

Le final, Run From Me, basse et choeur, est un réel hymne de cowboy solitaire au pays des fantômes, avant de conclure sur The Three Sisters, un genre de A Reflection, saxo et cuivre en plus. On se perd une dernière fois dans on ne sait quelle errance nauséabonde. Et on reste là, à chercher à comprendre, collé à nos écouteurs, encore et encore. Le mystère des Canadiens reste intact, entier et impénétrable…

—–

Un titre : Hot Dreams
Le site : timbertimbre.com
Pour écouter l’album : rendez-vous sur Deezer par exemple.

Bonus

L’étrange vidéo psychédélique de Beat The Drum Slowly :

En tournée

Si vous avez raté le passage du groupe à la Flèche d’Or, il vous reste le festival Days Off (le 2 juillet à la Cité de la Musique, Paris) et les  Nuits de Fourvières à Lyon pour vous rattraper. Autant vous dire que j’ai hâte d’être le 6 juillet, sous les étoiles dans l’enceinte hantée du théâtre antique !

 

Tags :

VOS COMMENTAIRES
Les commentaires sont fermés pour ce billet