Sharon Van Etten by Rory O'Connor

Depuis son précédent passage à Paris en octobre 2012, on s’impatientait de revoir la divine Sharon Van Etten sur scène. L’attente a pris fin le 28 mai dernier puisqu’elle était de retour au Café de la Danse pour présenter son nouvel album, Are We There, que Lolo From Paris chroniquait pour nous il y a quelques semaines de cela. Mais la soirée a débuté par le set de l’Anglaise Lyla Foy, sympathique mais un peu trop calibré pour emporter le public.

Lyla Foy

Les deux premiers titres du set fonctionnent sur la répétition d’une phrase. « Don’t go back till you’re ready to » sur Left To Wonder et « Can’t look back, it’s impossible » sur The Impossible. On se laisse gagner par ces motifs entêtants et par la voix fluette de Lyla, rafraichissante comme un ruisseau de montagne.

Lyla Foy by Rory O'Connor

Après cette belle entame, la rigidité des morceaux passe moins bien que sur l’album où les arrangements flattent un peu plus l’oreille. On retiendra quand même sa voix et Left to wonder pour les jours où on a besoin d’une pop douce et lumineuse contre la grisaille ou le mal de crâne.

Sharon Van Etten

Dès qu’elle pose sa voix sur Afraid of Nothing, on se souvient pourquoi on est là ce soir, si on l’avait oublié : Sharon van Etten est l’une des plus belles voix de la folk actuelle. Pour le 2e titre, elle quitte sa guitare pour passer au clavier. C’est la grande nouveauté de son dernier album. Malheureusement, le résultat sur scène est moins probant que sur disque. Elle avoue que ce n’est que la 2e date de la tournée et qu’elle ne se sent pas à l’aise. Espérons qu’elle s’approprie les nouveaux titres et son nouvel instrument au cours de sa tournée.

Sharon Van Etten by Rory O'Connor

Après 4 titres de Are We There, Sharon s’excuse de revenir à un morceau plus ancien. Ce sera Give out, une chanson taillée pour donner des frissons dans le dos à tout être humain normalement constitué. Chez Sharon van Etten, ce sont les titres les plus sombres qui sont les plus addictifs. La tessiture et la puissance stupéfiante de la voix de cette frêle jeune femme démultiplie l’émotion portée par les paroles, comme sur I Love You But I’m Lost ou Your Love Is Killing Me et son refrain “Break my leg so I won’t walk to you / Cut my tongue so I can’t talk to you…”, un sommet de masochisme.

Sharon Van Etten by Rory O'Connor

Sur scène, Sharon van Etten est souriante, drôle même. À un jeune homme perché au bar du 1er étage qui lui crie “Marry me!”, elle répond I’m a mess” et plaisante “You just want me to write an album about you”.

Le concert se termine sur Every time the sun comes up, “only happy song I’ve ever written”, confie Sharon. Le choix de finir l’album et le concert par ce titre semble confirmer que certaines blessures sont refermées et qu’elle regarde désormais vers l’avant. C’est l’image qu’on emportera de ce concert. Celui d’une artiste plus apaisée qui aborde de nouvelles aventures musicales.

Sharon Van Etten by Rory O'Connor

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Crédits photos : ©2014 Rory O’Connor

 

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