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L’affiche des 3 baudets est ce soir éclectique (rock à la française, suave folk 100% US, prodige de la cora) mais cohérente : les trois artistes, Singe chromés, Will Stratton et Stranded horse ont tous une personnalité bien trempée.

Singe Chromés

Voyage dans le temps avec cet artiste polymorphe (Denis Scheubel est aussi plasticien, entre autres) qui nous ramène vers Bashung pour le phrasé, Noir désir pour les mélodies et Bérurier noir pour la fougue. L’univers est sombre. Chansons d’amour surtout, mais d’amour déçues, forcément. Le titre Poisons a des airs de La nuit je mens. Le rythme lent d’On roule dans la nuit prend en live une ampleur quasi hypnotique.  Sur les titres plus bruts, la batterie et la basse s’unissent à la guitare de Scheubel pour des déflagrations de rage. Effet cathartique garanti.

Will Stratton

Changement radical d’ambiance. Will Stratton s’installe  modestement sur une chaise avec sa guitare et c’est parti pour une petite demi-heure (beaucoup trop courte) en apesanteur.

Le concert s’ouvre sur Fate song, le dernier titre du nouvel album, et sur ces paroles « I must thank some guy that I’m still alive ». Pour évacuer peut-être l’éventuel pathos de ce titre qui évoque le combat que Will Stratton a mené contre le cancer, il est joué un peu plus vite que sur l’album. Il faut dire que les doigts de Will Stratton galopent sur sa guitare. Admirer cette dextérité est déjà un grand bonheur.

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Le plaisir de yeux n’a d’égal que celui des oreilles : le rythme et les mélodies primesautiers forment un équilibre parfait avec la mélancolie de certains textes, comme sur le très beau Yeah I’ll requite your love, sorte debalade à dos de nuage où Will Stratton utilise les aigus et les graves de sa voix de façon bluffante.

Les titres plus légers font filer le nuage vers les hautes couches de la stratosphère des Trois baudet s: Do you love where you live ou Long live the Hudson River, véritable feel good song. Ce savoureux mélange de gaieté et de mélancolie, de regard lucide d’un rescapé qui apprécie la valeur du sel de la vie, de talent conjugué à la technique façonne un artiste beau, généreux et enthousiasmant.

Stranded Horse

Rencontre insolite de la folk US, de la Kora et du chant breton, la musique de Yann Tambour est captivante. Sa dextérité rappelle celle de Will Stratton mais elle semble le prix d’efforts de concentration extrêmement éprouvants pour l’artiste dont l’état de tension transparaît lors de ses échanges avec le public. Tour à tour chantée ou instrumentale, alternant guitare et kora, sa musique nous entraîne dans de longs voyages, véritables expéditions en terre musicale inconnue.

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Crédit photos :
– Will Stratton @ Le Motel : ©2012 B. Barnéoud
– Stranded Horse @ Café de la Danse : ©2012 Rory O’Connor

 

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