Nick Mulvey

Ce soir, le Café de la Danse est placé sous le signe de la folk britannique. Nick Mulvey vient présenter son très bel album First Mind, sorti en mai 2014. Luke Sital-Singh, originaire de Londres et présenté par la BBC comme l’un des sons de 2014, assure la première partie.

Luke Sital-Singh

Seul sur scène avec sa guitare électrique qu’il utilise plus souvent comme une acoustique, Luke Sital-Singh possède une voix à la tessiture hallucinante dont il a parfois tendance à abuser un peu, comme sur le 1er titre joué ce soir, I have Been a Fire.

Luke Sital-Singh

Malgré cette petite tendance à l’emphase, sa voix est son plus bel instrument et elle porte ses balades mélancoliques dans lesquelles il est souvent question de feu et d’eau. Nothing Stays The Same, dans sa version scénique, épurée de ses arrangements pop, est complètement réinventée. La voix se fait profonde, le rythme plus lent mais ce qu’elle perd en légèreté, elle le gagne en puissance. Une voix à suivre.

Nick Mulvey

Les gradins du Café de la Danse se sont peu à peu remplis mais la fosse reste vide. Mis à part les quelques titres tubesques de l’album, il faut dire que la douce folk du beau Nick Mulvey s’écoute plutôt assis. Le concert commence par April, tout en finesse, avec une intro instrumentale. Délicat, l’ancien joueur de hang du groupe Portico Quartet semble caresser les cordes de sa guitare plus que les gratter. Puis il pose sa voix dont il joue aussi bien que de la guitare, c’est-à-dire avec une sorte de modestie, une sorte de perfectionnisme discret.

Nick Mulvey

Même si depuis qu’il poursuit une carrière solo il a délaissé les percussions pour se concentrer sur sa guitare, l’Anglais garde un sens du rythme appuyé. La plupart des morceaux sont joués un peu plus vite ou plus lentement que sur l’album, déjouant ainsi les attentes d’un public fervent qui écoute religieusement chaque accord de guitare. Il faut dire que la concentration de Nick lui-même appelle au recueillement.

Ainsi Fever to the form est jouée un peu plus doucement que sur l’album, et dans une version qui semble plus courte, ce qui met en avant l’explosion de la voix et des instruments au milieu du morceau mais la rend un peu moins forte, moins captivante que sur album. Au contraire, Venus est étirée en longueur, ménageant de beaux moments de percussion hispanisantes jusqu’à un final chuchoté caressant.

Nick Mulvey

Après un moment seul sur scène où sa guitare et sa voix créent un rapport intime avec le public, le groupe revient. Dans cette dernière ligne droite, après une première partie de concert ayant fait la part belle aux balades plus lentes, le groupe laisse éclater les influences world de la musique de Nick Mulvey. Nitrous déchaîne les fans les plus ultras, le phrasé et la batterie les mettent sur pied. Sur Juramidam, que le public introduit par une séquence de battements de main, on s’approche de la transe. Cucurucu achève de réveiller le Café de la Danse qui s’enfièvre sur ce tube absolu.

Pour calmer les ardeurs d’un public désormais muy caliente,  deux titres plus doux, dont le très beau First Mind, clôturent le rappel de ce concert très prometteur.

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Crédit photos :
– Luke Sital-Singh @ La Maroquinerie : ©2013 Benoît Barnéoud
– Nick Mulvey @ Café de la Danse : ©2013 Julien Duclos
 

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