Saint Motel

En ce début d’été, les concerts se font rares dans nos salles parisiennes, pour celles et ceux qui ne sont pas forcément à courir les festivals estivaux. Toutefois, quelques dates restent suffisamment alléchantes, comme la venue de San Fermin au Point Ephémère cette semaine, ou le passage des Américains Saint Motel vendredi dernier à La Maroquinerie. Récit d’une chaude soirée, malgré une salle à moitié vide et un temps quasi automnale…

Air Bag One

Les premiers à monter sur scène sont les jeunes Français d’Air Bag One. Le groupe est accompagné d’un public composé de proches (familles et amis), ce qui permet à la salle de se remplir partiellement. Le trio produit une musique entre électro pop des 80’s et rock alternatif façon White Lies (époque To Loose My Life). Le tout est bien calé (les mauvaises langues diront formaté) et sacrément efficace. On sent que ces trois là se connaissent bien, et je ne suis pas vraiment surpris d’apprendre en discutant avec Loris, le chanteur, que le groupe se consacre exclusivement à la musique depuis quatre ans déjà.

Air Bag One

Une audience évidemment acquise à sa cause, un petit côté familiale assumé, en particulier lorsque deux amis du groupe montent faire les choeurs sur scène, et un hymne (déjà !) intitulé 1992, suffisent à laisser penser qu’Air Bag One à un joli avenir devant eux. Leur passage en première partie d’Indochine en fin d’année dernière semble confirmer que je ne suis pas le seul à le penser. Une belle découverte qui doit autant à son énergie sur scène qu’à des chansons, sinon révolutionnaires, tout du moins réjouissantes. Il n’y a plus qu’à attendre la confirmation avec l’album à venir début 2015.

Saint Motel

C’est au tour de Saint Motel de prendre place sur scène. Grosse inquiétude pendant le changement de plateau puisqu’assez logiquement une bonne partie du public a quitté la salle en même temps qu’ABO. Heureusement, il reste une grosse poignée de fans venus pour la musique énergisante du quatuor californien. Malgré un manque évident de promo de leur date parisienne, le groupe se réjouit de ce premier concert français. De mon côté, je suis ravi de découvrir sur scène un groupe dont l’album Voyeur avait été l’une des très belles surprises de l’été 2012.

Saint Motel

Le concert débute tambour battant : les quatre de Los Angeles, accompagnés pour l’occasion d’un saxophoniste, entament leur set par Feed Me Now et Benny Goodman, les deux premiers titres de leur unique album. La température, naturellement élevée, grimpe immédiatement de plusieurs degrés et la fosse se remplit peu à peu. Quelques supporters d’Air Bag One redescendus par curiosité décident de poursuivre leur soirée, irrémédiablement happés par le dynamisme de la section rythmique formée du batteur Greg Erwin et du bassiste Chondrak « Dak » Lerdamornpong.

Saint Motel

Le groupe enchaîne ensuite avec Cold Cold Man, titre inédit présent sur l’EP My Type à venir en août prochain, puis par Butch tiré de son premier EP ForPlay, et surtout Puzzle Pieces, morceau au piano sur ressort auquel il est impossible de résister. C’est à la façon des guitaristes de hard, les jambes écartées, qu’Aaron Sharp en assure le solo de guitare, assurant à lui seul le show !

 Saint Motel

En quelques morceaux, Saint Motel transforme ainsi la salle de la rue Boyer en véritable dance floor. Entre surf musique, power pop et rythmes caribéens, les Américains enchainent les tubes comme autant de machines à remuer (Ace In The Hole, Honest Feedback). Difficile de croire que derrières une musique aussi jubilatoire se cachent des paroles sombres, comme nous le relevions sur notre critique de Voyeur. Cependant, nous ne sommes pas là ce soir pour faire dans l’explication de texte, mais bien pour absorber toute l’énergie positive que le groupe transmet en live.

Saint Motel

Le climax du concert viendra sur le single / tube / morceau de bravoure My Type, durant lequel A/J Jackson, leader / chanteur / guitariste rythmique du groupe, montera sur la grosse caisse pour ensuite descendre de scène et faire un passage dans la fosse : petit gabarit mais vraie pile électrique face au public !

Le concert se termine après un unique et court rappel et une reprise du A Quick One While He’s Away des Who (présente sur l’excellente compile hommage à Wes Anderson) : la salle est en nage, le groupe également, et tous auront finalement oublié que le public français reste encore à conquérir pour ce quatuor qu’une signature chez Parlophone devrait définitivement permettre de lancer.

Crédit photos : ©2014 B. Barnéoud. Toutes les photos de la soirée sont disponibles ici
 

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