The War On Drugs

Pour sa programmation, sa taille, son ambiance et ses galettes saucisses, la Route du Rock est, entre tous, le festival préféré d’à l’écoute. BeB et Magic, les fondateurs du blog, l’on fréquenté quasiment à ses débuts et, désormais, l’équipe élargie reprend le flambeau. Mais la tradition a bon dos : avec une telle programmation, nous n’avions pas besoin d’excuses pour faire le déplacement jusqu’à Saint-Malo. Et ce n’est ni la pluie des premiers jours ni la gadoue omniprésente qui nous ont empêché d’en profiter.

Avant de vous livrer le détail de nos impressions, j’ai demandé à chacun des rédacteurs présents son top 3 & son coup de coeur ou sa plus belle découverte. Et vous ? Quels concerts vous ont le plus impressionnés ?

JuD (notre photographe de choc !) : 1. Thee Oh Sees 2. Mac DeMarco 3. Cheveu. Coup de cœur : Slowdive / Découverte : The Fat White Family
Emilie : 1. Portishead 2. Temples 3. Baxter Dury. Coup de coeur : MacDe Marco / Découverte : Protomartyr
Boris : 1. Portishead 2. Temples 3. Liars Coup de coeur : Temples
Lolo from Paris : 1. Portishead 2. Slowdive 3. The War On Drugs. Coup de coeur : Angel Olsen & les 2 morceaux joués par mes chouchous Adam Granduciel & Kurt Vile réunis pour l’occasion (cf. report d’Emilie) Découverte : Cheatahs
Diotime : 1. Portishead 2. Liars 3. Slowdive. Coup de coeur : Todd Terje

Johnny Hawaii à Plage Bon Secours (JuD)

– Alors c’était comment Johnny Hawaii sur la plage ?
– Ben ça a été annulé, non ?

Il paraît que Johnny Hawaii a réussi à surfer entre les gouttes. Étant donné les milliers de mètres cubes d’eau tombés sur la scène en début d’après midi, il s’agit d’un bel exploit du Marseillais qu’aura raté l’ensemble de l’équipe d’à l’écoute.

Angel Olsen (Lolo from Paris)

Angel Olsen

In the mud for love. De la pluie, beaucoup de pluie, et de la boue, oui énormément de boue, pour accompagner le début des festivités au Fort de Saint-Père. Qu’importe, solidement chaussée et recouverte d’un poncho dernier cri, je suis prête à affronter les pires éléments pour écouter la musique de la belle Angel Olsen découverte il y a maintenant 2 ans et demi. Le bonjour et le sourire que la demoiselle m’accorde en passant à côté de moi avant de rejoindre la Scène des Remparts me font d’ailleurs immédiatement oublier la furie du ciel.

La jeune américaine s’amuse d’emblée de la situation et gratifie le public de mots tendres (les « bisous, bisous » – en français dans le texte s’il vous plaît – pleuvent) afin de lui montrer sa reconnaissance, sincère, d’être là pour l’accueillir, et lui donner le courage d’affronter des conditions météos catastrophiques. Piochant dans l’ensemble de sa discographie (3 albums au compteur déjà), l’artiste nous livre un set musclé, solidement accompagnée de ses musiciens. Certains regrettent cet aspect plus rêche des prestations live par rapport à la douceur des albums. Je le trouve personnellement réussi et totalement complémentaire du rendu studio.

Angel Olsen

L’interprétation des titres Forgiven/Forgotten ou Hi-Five  mettent parfaitement en lumière le feu qui habite les compositions de l’américaine, sans pour autant nuire au rendu unique de la voix de la chanteuse, si belle, si touchante. La jeune femme gagne en confiance de concerts en concerts, c’est indéniable. Et échange désormais constamment avec son public, pour le plus grand plaisir de ce dernier. Lorsqu’une coupure d’électricité impromptue vient perturber le déroulé des événements, la demoiselle le prend à la rigolade, finissant a cappella dans un éclat de rire général, avant de se coiffer d’une serviette de toilette façon «rien de tel qu’une bonne douche ». Coïncidence ou pas, le soleil finira d’ailleurs par revenir, discrètement certes, mais quand même.

Au final, Angel Olsen, artiste décidément bien talentueuse, nous aura livré un set de qualité, spontané et rempli de bonne humeur. Une parenthèse enchantée dans un climat de fin du monde. Rien que pour ça, chapeau, l’artiste !

> Voir l’intégralité des photos du concert d’Angel Olsen par JuD.

 

The War On Drugs (JuD)

The War On Drugs

La pluie faiblit mais ne cesse pas lorsque les Philadelphiens entament leur set. Soyons clair : Lost in a Dream fera très probablement partie de nos trois albums de l’année. On espérait donc que le groupe emmené par Adam Granduciel allait nous transporter au dessus des nuages, jusqu’aux cieux. À l’image d’un Diésel un peu poussif car refroidit par l’humidité, il nous restera qu’une impression mitigée de ce concert qui n’atteindra pas les sommets du dernier passage parisien. Malgré tout – et cela a pourtant été entendu – comparer la prestation du groupe à du Dire Straits (mon péché de jeunesse totalement assumé) édulcoré à la sauce Dylan période 78 serait bien trop réducteur. On y trouvera notamment plusieurs moments de grâce et de jubilation (quel fabuleux Red Eyes !) qui justifient de braver les éléments dans la tranchée en première ligne, les pieds crottés et la tête sous l’eau.

> Voir l’intégralité des photos du concert de The War On Drugs par JuD.

 

Kurt Vile & The Violators  (Emilie)

Kurt Vile & The Violators

Un « Bonsoir !!! » hurlé dans le micro en arrivant sur scène : ce sera à peu près le seul mot qu’on aura entendu de la part de Kurt Vile lors de cette édition 2014 de la Route du Rock. Il faut dire que lui et sa bande d’amis chevelus ne sont pas venus pour bavarder avec le public. Définitivement grunges, et pas que dans leurs coupes de cheveux, ils enchainent, tête baissée, cinq à six morceaux, dont plusieurs de l’album de 2013 Walking on a pretty Daze. Malgré quelques chouettes mélodies folks ou de jolis morceaux en picking sur guitare acoustique amplifiée comme Girl called Alex, le set peine à décoller.

Heureusement, il reprend un peu de vigueur lorsque Kurt et les trois violators sont rejoints sur scène par le chanteur-guitariste de The War On Drugs, groupe qu’il avait fondé avec Kurt Vile avant que ce dernier ne quitte la formation en 2008 pour démarrer son projet solo. A trois guitares, on sent cette fois que les musiciens se font plaisir. Ils font durer les chansons et se répondent à coup de solos bien placés. Néanmoins même si on apprécie la performance, on se sent clairement exclu en étant dans le public.

Si ce n’est à l’oreille, on n’aura à peine remarqué l’arrivée d’Adam Granduciel tant Kurt Vile en fait peu de cas (quelques accolades entre musicien tout au plus). Bien que l’écoute de son dernier album soit plus que recommandable, le live en festival n’est pas le fort de Kurt Vile. Quand il ne pourra plus se cacher derrière ses cheveux, peut-être finira-t-il, qui sait, par jouer dos au public comme l’une de ses influences majeures, le génial Bob Dylan ?

> Voir l’intégralité des photos du concert de Kurt Vile par JuD.
> Revoir le concert sur Arte Concert.

Real Estate (JuD)

Real Estate

Première galette saucisse avalée en 26 secondes chrono avant de filer voir Real Estate et leurs airs de premiers de la classe. Il s’agit désormais d’un groupe majeur. Pour preuve, April’s Song (pas leur plus gros tube pourtant) passe même en musique de fond dans « L’Amour Est Dans Le Pré ». Ça tombe bien, vous l’avez compris, on a aussi les pieds dans la boue ce soir (bon sang, ces parisiens qui découvrent la campagne !). Leur musique est particulièrement adaptée aux couchers de soleils des jours estivaux. On prend tout de même cette fois un grand plaisir à écouter la setlist extraite en grande partie de Days et d’Atlas. Après Talking Backwards, on attendra logiquement It’s Real tout le concert. Il ne viendra pas (un imprévu ?) Cependant la pop de cristal ne perd pas son éclat. Toute en nuance et à la précision millimétrique (Matthew Mondanile toujours aussi brillant) la musique des New-Yorkais parviendra à nous remplir de plénitude en attendant les fous Thee Oh Sees.

> Voir l’intégralité des photos du concert de Real Estate par JuD.

 

Thee Oh Sees (Émilie)

Thee Oh Sees

A l’approche de 23h, d’aucuns auraient pu commencer à s’endormir après un début de soirée certes mélodique avec Real Estate, et même parfois lyrique avec les envolées BruceSpringsteenienne de The War on Drugs,  mais pas très rebelle. C’était sans compter sur John Dwyer et ses comparses de Thee Oh Sees. Les trois de San Francisco montent sur scène gonflés à bloc déclenchant une explosion dès le début du set. Si tu veux jouer avec eux, tu as intérêt à multiplier le tempo de ton métronome par deux minimum par rapport à Kurt Vile. Ça déménage direct avec I come from the mountain, le premier titre de Floating Coffin, leur album de 2013, ponctué des « ouhou » surexcités du chanteur tatoué.

S’en suivront à peine 10 morceaux pendant un set d’un peu plus de quarante minutes avec quasiment aucune interruption. Dans la foule à quelques mètres de la scène on voit les premiers pogos du festival. Le punk-rock est de retour. Le groupe qui avait annoncé une pause dans ses concerts en décembre dernier revient au final en grande forme pour une tournée en formation minimale qui leur permet d’aller à l’essentiel. A l’inverse des tournées de 2013, qui intégraient une claviériste, leur permettant d’aborder une partie de leur répertoire plus pop ou psychédélique en jouant notamment Minotaur, la perle qui conclue leur album Floating Coffin, le format 2014 part sur une base rock dépouillée. John Dwyer peut s’en donne à cœur joie côté voix utilisant le micro comme un défouloir. C’est simple, c’est très rapide et c’est décoiffant.

> Voir l’intégralité des photos du concert de Thee Oh Sees par JuD.
> Revoir le concert sur Arte Concert.

Caribou (Boris)

Caribou

Une foule compacte (il faut bien se réchauffer un peu) attend l’un des groupes phares de la soirée, Caribou. L’installation scénique, très resserrée, marque visuellement l’osmose entre les membres du groupe, impression renforcée par leurs costumes de scènes, tous blancs. Maîtrisant les rythmes, le groupe joue d’effets d’accélération et de ralentis pour chauffer le public qui tremble un peu dans ses bottes, pas assez réchauffé par les litres de bière et les kilos de galettes saucisse. Après quelques morceaux, les beats s’accélèrent pour ne plus retomber et les tubes s’enchaînent : le public s’anime et rentre petit à petit en transe. Quand le set s’arrête, tout le monde est essoufflé mais les sourires en disent long : c’était bien, caribou !

> Voir l’intégralité des photos du concert de Caribou par JuD.

 

Darkside (Diotime)

Si nous avions su qu’ils annonceraient leur séparation deux jours après, les trombes d’eau qui s’abattaient de nouveau sur le fort ne nous auraient pas découragées… Ils nous avaient subjugués au dernier Pitchfork Festival de Paris et fait danser sans pouvoir s’arrêter. Leur électro hypnotique et leurs visuels sobres et captivant se prettent parfaitement à l’espace d’un festival. Hélas, fatigués, nous avons choisi de rejoindre la navette et notre lit douillet.

 

Angel Olsen

Angel Olsen

Angel Olsen

Angel Olsen

Angel Olsen

Angel Olsen

The War On Drugs

The War On Drugs

The War On Drugs

The War On Drugs

The War On Drugs

Kurt Vile & The Violators

Kurt Vile & The Violators

Kurt Vile & The Violators

Kurt Vile & The Violators

Kurt Vile & The Violators

Real Estate

Real Estate

Real Estate

Real Estate

Real Estate

Thee Oh Sees

Thee Oh Sees

Thee Oh Sees

Thee Oh Sees

The Fat White Family

The Fat White Family

The Fat White Family

The Fat White Family

The Fat White Family

The Fat White Family

Ambiance

Caribou

Caribou

Caribou

Caribou

Caribou

——

Crédit photos : ©2014 Julien Duclos
 

Tags :

VOS COMMENTAIRES
Les commentaires sont fermés pour ce billet