Ambiance

S’il ne fallait retenir qu’un jour de festival, ce serait bien sûr ce vendredi 15 août. C’est d’ailleurs ce que beaucoup ont fait et le Fort de Saint-Père affiche une fréquentation record : plus de 14 000 entrées, complet dès le matin. Evidemment, les bouchons pour accéder au site sont inévitables et on se dit que l’on aurait été plus vite à pied. La gadoue est toujours présente malgré les bottes de paille éparpillées mais le soleil est de la partie et réchauffe nos os encore rouillés par l’humidité ambiante.

Aquaserge (Emilie)

Aquaserge

Est-ce du jazz-rock expérimental que nous sert Aquaserge sur la plage du Bon Secours? En tout cas, c’est très bien.

Ndlr (Diotime ) : Ayant croisé leur producteur quelques temps après, j’apprends qu’il est tout à fait d’accord avec ce qualificatif donné par Emilie et que le groupe est ravi d’avoir joué sous le soleil malouin. Qui sait peut-être auront-ils leur place au Fort de Saint-Père d’ici quelques années ?

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Cheatahs (Diotime)

Cheatahs

Entre les embouteillages monstres et un petit souci logistique au niveau de l’ouverture des portes, seuls quelques happy few ont eu le plaisir d’assister à ce premier concert de la journée. Hélas, à part JuD, déjà occupé à prendre des photos, ce ne fut pas le cas des autres rédacteurs d’à l’écoute. C’est fort dommage car, au vu des quelques extraits vidéo disponibles, les jeunes anglais balancent un shoegaze propre et énergique. Espérons qu’ils repasseront bientôt près de chez nous.

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Anna Calvi (Diotime)

Anna Calvi

Dieu sait que je l’aime Anne Calvi. Mais de là à prendre le risque de déraper dans une flaque gadoueuse dès le début de la soirée, il y a des limites. C’est donc en chemin que les premières notes de son concert me parviennent. Je regrette qu’une telle pointure ait été programmée si tôt dans la soirée mais pour cette artiste qui préfère jouer en salle qu’en festival, c’est sans doute plus agréable. Il est vrai que les premiers concerts sur la Scène du Fort ont toujours quelque chose de magique et donnent rapidement l’impression de vivre un moment privilégié : la circulation est aisée, la lumière très douce…

L’ambiance parfaite pour la si gracieuse Anna Calvi qui semble plus à l’aise et libérée que jamais, à l’image de sa chevelure qu’elle a exceptionnellement détachée. Elle, à qui l’on a si souvent reproché sa froideur, est souriante et sa joie est communicative. Sans rien perdre de sa virtuosité ni de sa profondeur évidemment, comme le prouve la magistrale interprétation de Carry me over, l’un des meilleurs morceaux de son dernier album, poignant et impressionnant, jouant avec les silences comme avec nos coeurs, suspendus à ses riffs. (Pardonnez-moi cette dernière envolée lyrique mais qui peut résister à son charme ?)

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Protomartyr (Diotime)

Protomartyr

Quelle belle surprise que le post-punk de ces Américains de Protomartyr ! A cette heure-ci, la Scène des Remparts est encore facilement accessible et le public en grande forme leur réserve un accueil bienveillant. Pour beaucoup de festivaliers qui les découvrent ce soir, ce sera un véritable coup de coeur. Ce qui frappe en premier lieu est le mélange de flegme et d’énergie brute qu’ils dégagent. Joe Cassey, le chanteur, arrive sur scène lunettes de soleil sur les yeux, une bière dans la main droite, la main gauche dans la poche et contemple le public d’un air satisfait et décontracté avant de faire entendre sa voix posée et grave contrastant avec la force de ses acolytes à la basse, guitare et batterie. Efficace et vivifiant comme la brise malouine.

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Slowdive (Diotime)

Slowdive

Si Cheatahs puis Protomartyr et la chemise bucheron de son guitariste annonçaient déjà la couleur, le revival 90’s peut désormais battre son plein avec Slowdive, deuxième tête d’affiche de ces trois jours. Il est vrai que le public de la Route du Rock est relativement plus âgé que celui des autres festivals européens donc cela est loin de déplaire à l’assistance qui mise beaucoup sur leur retour. Pari gagné ! Rachel Goswell et sa bande enchante le public de leur shoegaze onirique et léché. Ils ont tout pour plaire en effet : des mélodies planantes,  un chant suave, juste et enveloppant, des riffs de guitares soignés tirant vers le post rock… difficile de ne pas y trouver son compte. Le groupe semble très heureux d’être sur scène et n’est pas avare en sourire. Nous ne souhaitons plus qu’une chose : qu’ils finissent leur tournée pour préparer leur prochain album comme ils l’ont annoncé au Mouv’ quelques heures avant leur concert.

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Portishead (Diotime)

Portishead

Ce n’est pas le moment de faiblir ou d’aller chercher une galette saucisse. Sitôt le concert de Slowdive terminé, nous nous approchons au plus près de la scène pour attendre fébrilement LA tête d’affiche du festival : Portishead. La crainte d’être bousculés s’est vite estompée, l’ambiance est au recueillement et à la concentration. Une fois l’écran géant installé au fond de la scène, le groupe choisi d’ouvrir le concert par Silence. S’ils avaient commencé par Glory Box, nombreux festivaliers se seraient sans doute évanouis. C’est donc crescendo qu’ils mèneront les 14 000 spectateurs présents ce soir là vers l’extase, entremêlant aux morceaux de Third, largement représenté, certains de leurs tubes issus des deux premiers albums.

Un des grands moments du concert fut au moment de Machine Gun où fut diffusé sur l’écran géant, à la place des images déformées et pixellisées des membres du groupe, des images éparses de la situation géopolitique actuelle, de la crise économique à la guerre en Syrie. Renforçant encore la cohésion du public, cela nous rappelait cette époque où les groupes n’avaient pas peur de s’engager, où loin du cynisme ambiant, ceux qui le faisaient n’étaient pas raillés mais applaudis.

Grand moment d’émotion également avec Wandering StarBeth Gibbons quitte sa posture habituelle et reconnaissable entre mille, les deux mains accrochées au micro, pour venir s’assoir en face de Geoff Barrow à la basse. Il finira à ses genoux et nous l’aurions bien suivi si la boue ne nous en avait empêché.

De toute part fusent des « oh my god », des « wahoo » et des « t’es encore vivant ? » tant chacun frissonne de ce moment exceptionnel.

Peu de temps avant la fin du concert, Adrian Utley vient remercier le public et rappeler avec émotion que le groupe était déjà présent à la Route du Rock 16 ans auparavant. Pour savourer l’instant, Beth contemple alors la scène, et marque une pause, clope et bière à la main, avant de descendre saluer les premiers rangs de la foule.

A n’en pas douter, nous nous en souviendrons encore dans seize ans. Tout comme Nick Cave l’année dernière, un concert d’une telle intensité laisse une trace indélébile dans nos vies.

> Voir l’intégralité des photos du concert de Portishead par JuD.

Metz (Diotime)

Metz

Direction Scène des Remparts désormais pour se remettre de nos émotions au son du rock énergique de Metz. En théorie en fait. Car en pratique, le temps de passer chercher une galette et une coupe de champagne, l’accès à la scène est devenu très difficile. Tant pis, grâce aux écrans qui diffuse le concert nous nous trémousserons néanmoins en tachant de ne pas renverser nos verres.

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Liars (Diotime)

Liars

Retour sur la Scène du Fort avec les petits génies déjantés de Liars. Ce n’est pas le genre de groupe qui suscite l’unanimité, loin de là. Il faut dire qu’en sept albums et plus de dix ans d’existence, le groupe n’a jamais cherché la facilité. Parti d’un post-punk bruitiste, ils nous servent désormais, depuis leur avant dernier album WIXIW, un rock électro punk tirant fortement vers le côté hardcore de la force. J’admets qu’à la première écoute, cela a de quoi dérouter. Pour ma part, écoutant Mess en boucle depuis sa sortie au mois de mars, je les attendais avec presque autant d’impatience que Portishead. Et je ne fus pas déçue. Mess fut joué dans sa quasi intégralité pour mon plus grand bonheur.

Après une courte introduction, ce sont les premières notes d’un des tubes de l’album qui retentissent, Pro Anti Anti, enchainé directement avec le subversif et jouissif Mask Maker. Un tel départ en fanfare met directement dans le rythme et cela faisait très longtemps que je n’avais pas autant danser et de « jumper » en concert. Continuant mon revival 90’s personnel, je me serais crue de retour dans l’une des free parties organisées à l’époque. Le climax arrive avec Mess On A Mission pour ne plus retomber et le public est en transe. Angus Andrew, au chant et la guitare, après avoir retiré le bonnet de laines multicolores qui rappelle le visuel de Mess, ne cesse de gesticuler sur la scène, de la parcourir de long en large et se montre très communicatif et drôle. Le seul mot qu’ils aiment dire quand ils sont en France ? « Yeaaaaah » nous disent-ils. Celui que j’ai envie de leur répondre ? « Encoooooooore ! »

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Moderat (Diotime)

Chauffée à blanc par les Liars, la foule est toujours compacte quand Moderat montent sur scène avec près de 20 minutes de retard, donc à plus de trois heures du matin. Hélas, la tension a eu le temps de retomber et il est difficile d’être réceptif au set subtil et nuancé du duo électro pourtant brillantissime. Je ne reste pas insensible à leurs tubes comme Bad Kingdom par exemple mais j’en viens à me poser une question : « Pourquoi l’électro est-elle toujours programmée en fin de soirée des festivals et jamais au début en guise de warm up ? » Après une telle journée, cette question existentielle ne m’empêchera cependant pas de dormir.

 


Aquaserge

Aquaserge

Ambiance

Cheatahs

Cheatahs

Cheatahs

Anna Calvi

Anna Calvi

Anna Calvi

Anna Calvi

Protomartyr

Protomartyr

Protomartyr

Protomartyr

Protomartyr

Ambiance

Slowdive

Slowdive

Slowdive

Slowdive

Portishead

Portishead

Portishead

Portishead

Portishead

Metz

Metz

Liars

Liars

Liars

Liars

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Crédit photos : ©2014 Julien Duclos
 

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